Naturellement, la survivance du yiddish, sa capacité d’adaptation à des lieux et des environnements sans cesse nouveaux, de même que sa créativité phénoménale, doivent être finalement portées au crédit de ses portes-parole, les Ashkenazes.

Toutefois, son histoire est inextricablement liée aux vicissitudes de celles de l’Europe et illustre la parfaite imbrication du destin des peuples européens.

Pour commencer, la langue elle-même témoigne de l’intéraction constante entre les Ashkenazes et les nations voisines, sans laquelle la quasi-totalité de la grammaire et du vocabulaire yiddish n’aurait sans doute pas pu dériver des dialectes urbains de l’Allemagne médiévale.

Ce fut possible parce qu’en dépit de leur strict respect de l’autonomie culturelle, les Ashkenazes n’ont jamais été isolés de leurs voisins non-juifs.

La structure du yiddish est la meilleure preuve de cette osmose permanente.

Si le yiddish était resté ancré à sa terre d’origine allemande, sa survivance n’aurait certainement pas été assurée et cette langue se serait encore moins taillée la place qu’elle occupe dans l’arène culturelle européenne.

Son expansion géographique reflète à la fois le pire et le meilleur de l’histoire européenne.