Les Nations Unies voudraient voir dans la création d’un état palestinien la fin du conflit israélo-palestinien faisant de Benyamin Netanyahu le principal obstacle au processus de paix. C’est oublier qu’Israël est une démocratie et que Netanyahu a été élu par le peuple israélien. L’injonction à la paix de l’ONU est donc un déni de démocratie.

Pour autant, bon nombre d’Israéliens sont prêts à accepter la création d’un état palestinien. En France, l’intellectuel Alain Finkielkraut et le journaliste Frédéric Haziza se sont faits les chantres de cette solution à deux états. Mais si les Israéliens doivent céder une partie de leur territoire historique – la Judée-Samarie faisant partie des territoires disputés, ils veulent être sûrs que ce sacrifice leur permettra d’avoir enfin la paix.

La sécurité des israéliens

Or à ce jour tout indique qu’un état palestinien ne résoudra rien au conflit. Au contraire, il pourrait conduire à une guerre civile entre Palestiniens. En effet : que fera le Hamas ? Pourquoi renoncerait-il à sa charte appelant à la destruction d’Israël ? Quelle garantie donne-t-on aux Israéliens que le Hamas ne prendra pas le pouvoir par la force ou tout simplement par les urnes comme il l’a fait à Gaza ?

Israël ne doit sa sécurité actuelle qu’au mur qui traverse la Cisjordanie. Ce mur, aussi décrié qu’il soit, a sauvé des centaines de vies.  Si les frontières de 67 sont imposées aux Israéliens, qui empêchera les terroristes de s’infiltrer en territoire israélien ? Si Jérusalem est coupée en deux, qu’est-ce qui empêchera des roquettes tirées à partir de Jérusalem-Est d’atteindre leur cible ? Le système de défense « Dôme de fer » sera inopérant à une distance aussi courte.

Tsahal serait alors condamné à intervenir en territoire voisin. Les autorités israéliennes ne prendront pas le risque de voir s’installer à leur porte, sur des frontières incontrôlables, une armée aussi féroce.

Une telle situation entraînerait immédiatement une nouvelle guerre israélo-palestinienne. Tant que ces questions de sécurité ne seront pas résolues, les Israéliens se montreront réticents à tout nouvel effort de paix. Ce sont ces doutes qui permettent à la droite de Netanyahu de se maintenir au pouvoir.

L’attitude troublante de Mahmoud Abbas

Mais il y a bien d’autres questions qui handicapent le processus de paix à commencer par l’attitude troublante de Mahmoud Abbas. Mahmoud Abbas soutient les attentats terroristes contre des innocents israéliens en rémunérant les familles des kamikazes.

Ses propos de 2015, « chaque goutte de sang versée pour Jérusalem est du sang pur » sont un encouragement au martyr de l’intifada des couteaux.
Il proclame également « les Juifs souillent Al-Aqsa avec leurs pieds sales ». L’expression « pieds sales » est une référence à la condition du juif dans le monde musulman contraint à la soumission et à la pauvreté jusqu’au XIXème siècle. L’insulte raciste ne suscita aucune réaction de la communauté internationnale.

Par ailleurs, son rejet de reconnaître Israël comme état juif est une provocation.

Autre problématique, le rôle politique joué par l’UNESCO. Pourquoi cette organisation cède-t-elle à toutes les revendications palestiniennes ? Al Aqsa est certes le troisième lieu saint de l’islam. Mais le caveau des patriarches et le tombeau de Rachel sont les deuxièmes et troisièmes lieux saints du Judaïsme.

Or à la demande d’Abbas, l’UNESCO a accepté de reconnaitre ces bâtiments du patrimoine sacré du judaïsme comme faisant partis de sites musulmans. Le fait de nier l’héritage historique du judaïsme et d’encourager les demandes absurdes d’Abbas met en abime nos institutions de régulation.

Les palestiniens revendiquent l’héritage d’une mosquée construite sur un Temple sacré. C’est quand même eux à la base les colonisateurs. Il serait temps de responsabiliser les autorités palestiniennes au lieu de les conforter dans leur déni. Le sionisme est un principe de droit universel et inaliénable pour un peuple de recouvrer sa terre d’origine, il serait temps de le rappeler.

Au lieu de se préparer aux futurs conflits territoriaux (kurdes, Kabyles assyriens) consécutifs aux conquêtes arabes, on se soumet aux lois de la charia.

Comment expliquer enfin l’aveuglement de l’ONU ? L’ancien secrétaire général de l’organisation, Ban Ki-Moon, disait lui-même que « des décennies de manœuvres politiques ont créé un volume disproportionné de résolutions, rapports et conférences critiquant Israël ». L’ONU a multiplié les résolutions à l’encontre d’Israël sans qu’aucune ne vise les agissements et l’idéologie ouvertement antisémite du Hamas.
Le Hamas ne disparaitra pas par enchantement. L’ONU doit donc condamner le Hamas et le contraindre, par la force si besoin, à déposer les armes. C’est un préalable à la paix. La solution préconisée par l’ONU fait abstraction de la réalité du terrain. Abstractions de la réalité qui en Irak et en Lybie ont eu des conséquences désastreuses.

La dimension religieuse du conflit

Les Britanniques ont tout essayé pour arriver à la paix.

Durant des siècles sur leur propre terre, les juifs sont soumis au statut de dhimmi. Ils sont réduits aux tâches inférieures et livrés à la pauvreté comme le confirme Karl Marx en 1854 dans le New York Tribune : « Rien n’égale la misère et les souffrances des juifs à Jérusalem, habitant le quartier le plus sale de la ville, où se trouvent les synagogues. »

Les Britanniques souhaitent rétablir la souveraineté du peuple juif sur leur terre d’origine dans le respect des communautés installées en Palestine. Ce projet s’inscrit dans une redistribution complète de la Mésopotamie avec la création de plusieurs états arabes : l’Arabie Saoudite, l’Irak, la Syrie.

Le projet est validé en 1919 entre le négociateur arabe, le prince Fayçal, et Chaim Weizmann, membre du mouvement sioniste. Mais une partie de la population arabe se soulève. Les Britanniques pensent alors à un partage avant-goût du projet à grande échelle entre l’Inde et le Pakistan.

Si les arabes veulent absolument vivre dans un état musulman, pourquoi n’iraient-ils pas à l’est du Jourdain situé à quelques kilomètres de Jérusalem ? La Transjordanie est créée. Ce projet suppose un déplacement de populations dans les deux sens. Le déplacement des juifs du monde arabe est déjà en cours. Mais les arabes se maintiennent en Palestine.

La Société des nations prend alors la direction des opérations et propose un nouveau partage cette fois de la Palestine. La futur Israël est réduite à un micro-état. Malgré cela la Ligue arabe composée de l’Egypte et des pays créés par les britanniques (Irak, Syrie, Transjordanie) s’y oppose. C’est la première guerre israélo-palestinienne.

Mais le jihad, c’est défensif !

L’échec des Britanniques et des Nations Unies trouve son explication dans la dimension religieuse du conflit.  Pour comprendre il faut rappeler ce qu’est le jihad :

Le jihad est l’idée qu’un territoire musulman ne peut se réduire. Dès lors qu’une terre musulmane est menacée, tous: hommes, femmes, enfants ont le devoir d’aller combattre pour la défendre sans même qu’une autorité (Imam) en ait fait la demande.

Ainsi le jihad explique le départ de tous ces jeunes (filles et garçons) vers la Syrie. Le jihad justifie l’emploi des enfants comme boucliers humains à Gaza, le jihad justifie que des parents envoient leurs enfants se faire exploser à Damas, le jihad justifie que la violence soit inculquée dès le plus jeune âge.

C’est la seule religion qui permet cela. Le jihad est un martyre. Rien n’est plus beau pour un musulman que de mourir pour le jihad. Les islamo-béats vous diront : « Mais le jihad c’est défensif ! », et bien le « Jihad défensif » c’est cela.

Une terre qui a été musulmane reste musulmane

Un territoire musulman qui se retrouve menacé par les populations autochtones désireuses de reprendre possession de leur terre se verra défendu par ce jihad. Le conflit israélo-palestinien relève de ce schéma mental dans l’inconscient musulman.

C’est ce qui explique la capacité de propagation du conflit à l’international et la violence des manifestations qu’il génère partout dans le monde. Dès lors on comprend mieux pourquoi le conflit dure depuis si longtemps et qu’il ne résiste à aucun discours rationnel.

Si la France s’était inspirée du jihad, elle serait toujours en Algérie. Elle n’aurait fait aucun acte de repentance à l’égard de son passé colonial ni même pour sa participation à l’horreur de l’esclavage.

Il existe également un « jihad offensif » formé de combattants plus conventionnels. Bien moins astreignant que le jihad défensif, il est pourtant à l’origine des conquêtes arabes au Maghreb et jusqu’en Espagne. Dans certaines vidéos de l’Etat Islamique, les jihadistes revendiquent leur souhait de reprendre « Al Andalous » : la péninsule ibérique.

Les Espagnols y sont qualifiés d’envahisseurs. Une terre qui a été musulmane reste musulmane à leurs yeux. C’est sans doute pour cela que Mahmoud Abbas s’oppose à la qualification d’Etat juif pour Israël. Il ne peut, au nom du jihad, accepter le transfert sémantique d’une terre musulmane à juive.

C’est une interdiction divine et l’accepter le rendrait coupable aux yeux de ses coreligionnaires.

Alors quand les médias parlent de « colonies » concernant les Israéliens installés en Judée, ils font le jeu des islamistes puisqu’ils reprennent le vocable et l’idéologie du jihad. Dès lors le conflit israélo-palestinien prend une tout autre dimension.

Charles Enderlin, sollicité dans les émissions sur le conflit israélien, rejette la responsabilité de l’échec des négociations sur Netanyahu et les « extrémistes juifs » qui veulent prier sur le mont du Temple. C’est une vision simpliste et caricaturale du conflit.

L’ONU, où siègent pays musulmans et pays ayant des intérêts économiques avec les pays musulmans

Cette dimension religieuse de l’islam dans le conflit est totalement occultée, elle est pourtant l’épicentre du problème. En 1944, après sa rencontre avec Hitler, le mufti Husseini appelle au jihad pour tuer les juifs. Jamais l’ONU n’y fait allusion. Cette organisation, où siègent pays musulmans et pays ayant des intérêts économiques avec les pays musulmans, n’abordera jamais le conflit sous cette thématique.

La France est restée préserver de cette interprétation violente de l’islam car jusqu’à présent l’islam malékite venu du Magreb dominait les mosquées. Mais avec l’arrivée du salafisme et surtout des frères musulmans dès les années 80, le jihad est redevenu une notion fondamentale de la foi islamique.

Le mot d’ordre de l’organisation est sans ambiguïté : « Allah est notre objectif, Mahomet notre chef, le Coran notre loi et le jihad notre voie. »

Aujourd’hui, l’idéologie de conquête du jihad, théorisée sous le nom de Rabia, se développe partout en Europe.

La Rabia est polymorphe, c’est un véritable manuel de colonisation de l’occident. Elle prépare l’avenir en exaltant la natalité. En pleine crise de surpopulation mondiale, Erdogan dit ceci : « On nous parle de contraception, de planning familiale. Aucune famille musulmane ne peut avoir une telle mentalité… Ce que dit mon Dieu, ce que dit mon cher prophète, nous irons dans cette voie. » Erdogan est un adepte de la Rabia, la voie dont il parle c’est celle de la doctrine des frères musulmans : le jihad.

L’Europe fait face à un jihad offensif qui s’adapte, infiltre les partis politiques, les institutions pour préparer l’accès au pouvoir par les urnes puis imposer la charia.