Dans un entretien diffusé sur RMC et sur BFMTV, l’avocat et ancien ministre Roland Dumas regrette au micro de Jean Jacques Bourdin la politique israélienne de la France, l’attribue au Premier Ministre français Manuel Valls à l’ « influence juive » qu’il subirait de sa femme !

Au-delà du caractère fantaisiste de tels propos, plusieurs questions viennent immédiatement à l’esprit.

1 – De quels éléments Dumas dispose-t-il pour une telle assertion ?

2 – Dumas est un ancien ministre des affaires étrangères. Quels instruments de Droit international public, de Droit des relations internationales et de diplomatie générale lui permettent de regretter la politique israélienne de la France ?

3 – Quels sont les arguments éthiques, politiques, économiques, commerciaux, stratégiques qui l’incitent à émettre tel regret ?

4 – Qu’entend Dumas par « influence juive »? S’agit-il de « »l’influence » qui appartenait à la logorrhée antisémite du régime de fait et de collaboration avec l’ennemi dit « régime de Vichy » entre 1940 et 1944 et aux mesures anti-juives y afférentes ? 

5 – A supposer ladite « influence juive » qui lui reste à démontrer, quels sont les caractères  négatifs supposés y adhérer !

6 – Quels éléments Dumas dispose-t-il pour retirer au Premier Ministre Manuel Valls les capacités d’autonomie de pensée et de décision ?

7 – En ces temps d’antisémitisme ordinaire, et au lendemain d’un attentat meurtrier antisémite à Copenhague, les propos de Dumas, non motivés et non démontrés, s’agrègent avec une acuité particulièrement pénible à la vie en société et à l’intelligence élémentaire des auditeurs de RMC et des spectateurs de BFMTV.

8 – Ni l’hostilité publique et réitérée de Dumas à l’égard de l’Etat d’Israël, ni son contentieux personnel avec Manuel Valls qu’il a relaté lors de l’entretien ne l’exonèrent de la démonstration de ses opinions. Pas plus qu’ils ne sauraient justifier de ses regrets à l’égard de « l’influence juive » que subirait Manuel Valls de la part de son épouse !

9 – Il est étonnant que le journaliste Jean-Jacques Bourdin a laissé se développer ces offenses qui stigmatisent les communautés juives, la famille et la personne du Premier Ministre sans exiger quelques démonstrations ou contradictions que ce soient.

C’est sans doute que la démonstration ou la contestation auraient été difficiles ou impossible à exécuter par Dumas.

Ce triste et nouvel incident démocratique et déontologique intervient dans un contexte de violences racistes et antisémites que connaît la France et l’Europe.

S’il est désolant d’écouter Dumas évoquer l‘ « influence juive » , il est aisé de démontrer dans un prétoire comme dans une tribune de presse l’influence antisémite et négative que subit Dumas et qui apparait dans l’entretien de ce 16 février.

Pierre Saba

16 février 2015