Sal Gringlas se rappelle son arrivée à Auschwitz, il y a plus de sept décennies, lorsque, jeune Juif de 20 ans, il y fut envoyé avec sa famille par les Nazis.

« Des montagnes de chaussures d’enfant, de vêtements entassés ! » se souvient Gringlas, âgé maintenant de 92 ans, se rappelant la première fois où il a vu le camp où sa famille allait périr.

« Le ciel, dit-il, était rouge. »

Gringlas, qui habite à West Bloomfield dans l’état de Michigan aux États Unis, se trouvait parmi les centaines de personnes réunies au Holocaust Memorial Center à Farmington Hills dimanche 19 avril pour la célébration annuelle de Yom HaShoa, qui commémore les 6 millions de Juifs qui périrent durant l’Holocauste, et honore le courage et la persévérance des survivants.

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Sur son bras, Gringlas porte le tatouage du numéro qui l’identifiait en tant que Juif. Il porte une discrète épingle à cravate gravée des mots « n’oublie pas » en hébreu. « C’est pour cela que je suis venu » dit Gringlas, tailleur à la retraite. « Car nous ne devons jamais oublier ce qui s’est passé, afin que cela n’arrive plus ! »

Gringlas doit sa survie en partie à sa jeunesse. Il était depuis huit jours à Auschwitz lorsque les Allemands vinrent à la recherche de jeunes hommes pour effectuer des travaux forcés dans les camps allemands. « Nous étions couchés par terre, ils nous ont sélectionnés. » dit-il. Il se trouvait dans un camp de travail lorsque les Américains sont arrivés, et il put rentrer chez lui en Pologne, mais « tout le monde était parti. » C’est ainsi qu’en 1949 il partit pour les Etats Unis.

Pendant la commémoration de dimanche dernier, qui marquait également le 70ème anniversaire de la fin de l’Holocauste, les familles et des amis ont solennellement allumé neuf bougies, dont chacune symbolisait non seulement le deuil mais aussi l’espoir et le courage.

Sous la conduite du Rabbin Aaron Bergman, une première bougie honorait les enfants dont un million et demi moururent : « les innocents, les irréprochables, dont la vie fut fauchée. »

Une deuxième honorait « les justes non-juifs qui ont tout risqué afin de sauver un enfant, une famille, un étranger, en dépit du danger. »

Une troisième bougie brillait à la mémoire « des rabbins, des enseignants, des savants assassinés dans les chambres à gaz ou par balle, brûlés dans les fours crématoires ou enterrés dans des charniers. »

Parmi ceux qui allumaient des bougies était Michael Weiss, âgé de 90 ans, enlevé de son domicile en Hongrie à l’âge de 17 ans et envoyé d’abord à Auschwitz, ensuite à Buchenwald en Allemagne, où jusqu’à 50 000 prisonniers étaient enfermés. Il en a vu mourir beaucoup, dont les corps furent incinérés ou enterrés dans des fosses communes.

« Nous allons tous mourir un jour », dit Weiss, qui vit à Oak Park avec son épouse Lilly, 88 ans, également survivante de l’Holocauste. « Mais lorque nous mourons notre famille nous enterre ; il y a un lieu où on peut aller, pour le souvenir. Mais pour eux il n’y a aucun lieu ; c’est pourquoi nous avons ce centre, et cette journée ; c’est pourquoi c’est si important. »

Pour certains survivants il est trop douloureux de partager les souvenirs.

« Ma grand-mère est une survivante, » raconte Carly Sanfield, 27 ans, ancienne habitante de West Bloomfield qui habite maintenant dans l’état de Miami ; elle était venue rendre visite à sa famille dans son ancienne demeure lorsqu’elle a entendu parler de la commémoration.

Sa grand-mère avait été placée dans un camp de travail par les Nazis.

« Elle n’aime pas en parler. » dit Sanfield, qui ne sait pas si sa grand-mère, née en Hongrie et âgée actuellement de 92 ans, est déjà venue au Holocaust Center. « Nous l’avons persuadée de venir aujourd’hui. »

Le Holocaust Memorial Center, fondé en 1984 par des survivants de l’Holocauste, est le seul centre de mémoire de l’Holocauste dans l’état de Michigan ; il est situé à Orchard Lake Road, Farmington Hills, Michigan (Etats Unis)

Pour tout renseignement téléphoner au (00-1) 248-553-2400 ou visiter le site internet : www.holocaustcenter.org.

Remerciement à Elizabeth Anne Muller pour la traduction