Une polémique fait rage depuis quelques jours autour du refus belge de signer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, le CETA.


Nombreux sont ceux qui avancent une série d’arguments en faveur de cet accord. Ceux qui s’y opposent sont moins nombreux et invoquent avant tout des raisons sociales.
 En quoi ceci concerne-t-il les Juifs ? Cela les concerne en effet de très près, mais d’une façon tout à fait indirecte.


Le CETA n’est en fait qu’un épisode de plus dans la marche forcée vers une mondialisation de plus en plus poussée, avec une relégation des Etats au second plan et l’effacement progressif des frontières.
 Cette évolution peut certes nous paraître séduisante en tant que Juifs et, de ce fait, plus enclins à nous sentir citoyens du monde plutôt que descendants des Gaulois ou d’autres peuples de la vieille Europe. 


Il ne faut pas oublier que le rejet de la mondialisation et même de l’unification européenne représente une part importante du fonds de commerce de l’extrême-droite.

Chaque pas en direction de ce que les gens vivent comme une nouvelle perte de leur identité nationale les pousse un peu plus dans les bras de l’extrême droite.
 Même si Marine Le Pen offre un visage moins inquiétant que son père et se garde bien de toute remarque antisémite, on trouve autour d’elle des personnages issus d’un fascisme plus classique.


Les intégristes catholiques notamment, fervents soutiens du Front National n’ont, eux, jamais caché leur haine de peuple Juif, ce peuple « maudit » qui reste à leurs yeux, celui qui sera à jamais responsable de la mort du Christ.


Le Front National est d’ailleurs loin d’être le seul à illustrer cette dérive vers l’extrême droite. Les hérauts du Brexit, Victor Orban en Hongrie, le Vlaamse Blok en Belgique, plusieurs mouvements dans les pays de l’Est, tous témoignent de l’irrésistible poussée de la droite extrême en Europe.
 Chaque étape vers une mondialisation accrue renforce, au même titre que les attentats islamistes, ces mouvements aux relents nauséabonds.

Il faudra bien un jour ou l’autre que l’on trouve un bouc émissaire désigné comme agent de cette mondialisation. Il y a fort à parier que ce bouc émissaire sera, comme très souvent dans l’Histoire, le Juif, même si on utilisera plutôt le terme de sioniste.


Le sens d’un effacement des identités nationales représente une nouvelle perte des repères pour nos concitoyens européens. Tout comme l’Union européenne elle-même commence à être de plus en plus rejetée pour ces mêmes raisons.


Certes, la peur de l’islamisme et par extension de l’islam radical, constitue un atout majeur pour une extrême-droite en embuscade, mais l’opposition à la mondialisation l’est au moins autant.


Il est donc paradoxal de voir les partis de gauche, à l’exception du PS wallon, accepter aussi facilement et sans le moindre état d’âme, les accords de libre-échange successifs soutenus par l’Union européenne.


Tout ceci vaut bien une réflexion sérieuse plutôt qu’une ferme volonté de signer ces accord au plus vite.