Cette semaine, le Canada a adopté une motion du Parti Conservateur Canadien contre le mouvement BDS. Malgré une majorité libérale, la motion a été très largement adoptée à la Chambre des Communes.

Deux partis ce sont opposés à cette motion. Le Nouveau Parti Démocratique (NPD) de Thomas Mulcair et le Bloc (Parti indépendantiste québécois) arguant au droit à la liberté d’expression.

Un reflux international du mouvement BDS?

Ce mouvement contre BDS n’est pas nouveau. En début d’année, les États-Unis ont renforcé leur coopération économique avec Israël; un certain nombre de dispositions juridiques ont été prises contre les groupes prônant le boycott économique d’Israël.

La semaine dernière, en France et en Allemagne, les filiales de BNP Paribas ont emboîté le pas aux dispositions juridiques des États-Unis contre BDS. Par le passé, cette banque a été condamnée pour le financement d’une vente d’armes entre la Russie et l’Angola. Elle sait ce qu’il ne coûte de ne pas respecter les dispositions juridiques, la banque BNP Paribas agit avec célérité.

Aujourd’hui, le Canada s’engage contre le mouvement BDS. Demain, fort probablement le Royaume-Uni et l’Australie.

BDS et liberté d’expression

Anthony Housefather, député de Mont-Royal, a été l’un des fers de lance de cette motion. Dans un discours enflammé à la Chambre des Communes, il a parlé de son expérience de juif québécois.

« Lorsque je fréquentais l’école dans les années 1990, je n’ai jamais ressenti d’antisémitisme. Pendant les quatre années que j’ai passées à la faculté de droit de McGill, pas une fois je ne me suis senti visé ou mal à l’aise en raison de ma foi ou de mes origines », avait-il relaté.

« Aujourd’hui, malheureusement, à cause du mouvement BDS et de la Semaine contre l’apartheid israélien, ce n’est plus le cas pour les étudiants juifs et tous ceux qui appuient Israël dans les campus canadiens. C’est une honte, car tous les étudiants de notre pays devraient se sentir en sécurité dans les écoles et les campus », avait-il tonné.

BDS au lieu de contribuer à la paix n’a eu de cesse de blâmer la communauté juive canadienne et québécoise avec un style proprement scabreux. À l’Université du Québec à Montréal, le professeur Julien Bauer a été victime d’une véritable campagne d’harcèlement pour ses opinions pro-Israël quand ceux du camp pro-palestinien ne sont nullement menacés.

BDS à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) Crédit : Eric Debroise

BDS à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Crédit : Eric Debroise

Ou encore l’appel à la haine et aux meurtres des Juifs en plein centre-ville de Montréal lors d’une manifestation « en solidarité » avec Gaza en 2009. Tous les acteurs et promoteurs de BDS au Québec étaient présents.

BDS n’est pas une organisation de promotion de la paix, elle est devenue un catalyseur des individus haineux envers Israël et par extension, les Juifs.