Ce fut un Chabat sombre dans le sud d’Israël, alors que 200 roquettes et obus de mortier ont été tirés depuis la bande de Gaza, que les sirènes d’alerte ont retenti 173 fois et que le dôme de fer a effectué 30 interceptions.

Tout autre pays réagirait immédiatement et avec agressivité, comme il est écrit « si quelqu’un vient te tuer, lève-toi de bonne heure et tue-le d’abord ». Mais pas ici. L’État d’Israël se trouve entre le marteau et l’enclume. Les cerfs-volants incendiaires pénètrent le sud d’Israël sur des dizaines de kilomètres, tandis que la communauté internationale et les médias du monde lancent des flèches enflammées d’hostilité vers l’État d’Israël.

Bien entendu, la trêve n’est qu’une chimère. Et d’un round à l’autre, nous sommes pressés vers un point crucial : nous faisons tout ce qui est nécessaire pour mettre fin à la terreur et nous vivons avec les sanctions que cela peut entraîner, ou bien nous cherchons une façon de changer radicalement la vision que le monde a d’Israël.

La seule façon d’y parvenir est de comprendre la cause fondamentale de l’attitude du monde vis-à-vis d’Israël. Nous devons voir les forces qui travaillent au sein de ce réseau humain et, surtout, le rôle que nous y jouons.

Selon le Livre du Zohar, qui décrit la structure fondamentale de la nature, toutes les nations du monde sont interconnectées et interdépendantes, par le biais d’un réseau de connexions complexes. Et Israël est une plaque tournante centrale.

Ce n’est pas sans raison que les nations du monde traitent Israël différemment. Inconsciemment, elles ressentent que la nation d’Israël est tenue de jouer un rôle capital au sein de l’humanité. « Israël parmi les nations est comme le cœur parmi les organes », écrit le Livre du Zohar, « Et comme les organes du corps ne peuvent survivre sans le cœur ne serait-ce qu’un instant, de la même manière les nations ne peuvent survivre dans le monde sans Israël ».

Le rôle d’Israël au sein de l’humanité consiste à promouvoir l’unité de tous les peuples et de toutes les nations, comme éléments d’un système unique et intégré. Et ils le font en réalisant l’unité entre eux, au-delà des conflits et des différences, en étant ainsi « une lumière pour les nations ».

Mais tant qu’Israël tarde à diffuser cette force unificatrice, les conflits qui gravitent autour d’elle atteignent de nouveaux sommets. Les militants du Hamas se positionnent au sein d’organisations internationales et universitaires pour promouvoir sa délégitimation. Au fil des ans, nos ennemis sont de plus en plus convaincus que la communauté internationale justifiera leurs actes et condamnera les nôtres.

En définitive, la situation va dégénérer à un point tel qu’Israël sera relégué au ban de la société humaine, comme un ghetto au cœur du monde. Plutôt que d’attendre passivement ce moment critique, nous devons dès maintenant ouvrir les yeux et faire face aux évènements. Pour inverser ce courant d’hostilité dirigé contre nous, il nous faut uniquement jouer notre rôle au sein de l’humanité.

Il est bon de voir les Israéliens de tous les coins du pays qui, pour faire preuve de solidarité, téléchargent des applications les avertissant des alertes, et cela nous fait chaud au cœur d’ouvrir nos maisons aux habitants du Sud. Cependant, l’unité dans les périodes difficiles ne dure que le temps des périodes difficiles, tout comme l’unité contre un ennemi commun ne dure que durant la vie de l’ennemi.

La nation d’Israël doit être unifiée de l’intérieur, reliée « comme un seul homme dans un seul cœur ». La force d’unité que nous créons aujourd’hui sera un exemple pour le monde de demain. Même un petit pas vers une véritable unité des cœurs dans la société israélienne, divisée en de nombreuses ethnies et factions, éveillera une force de guérison qui vient du tréfonds de la nature. Et cela permettra de réparer les brèches au sein du réseau de l’humanité.

Voilà ce que le monde attend de nous, et si nous ne le faisons pas, nous nous retrouverons dans une position de plus en plus intenable. Nous vivons ici sur la terre d’Israël, mais nous ne mériterons vraiment le droit d’y vivre que si nous commençons à remplir notre rôle spirituel.