Parmi les antisionistes, donc antisémites, les plus affirmés et avec lesquels j’ai pour seul point commun la couleur de peau, il est une interpellation qui m’est, sans cesse, renvoyée au visage ces derniers temps.

L’actualité internationale, désinformante, aidant, tous m’interpellent vigoureusement sur le sort des noirs africains en Israël, mais aussi sur des propos qu’ils jugent racistes, relevés dans certaines vidéos de manifestions contre « l’immigration clandestine » ayant eu lieu en Israël.

Sur ces vidéos, on entend, effectivement, des propos assez crus qui, mis entre de mauvaises mains, peuvent faire l’effet d’une poudrière (voir une vidéo). Cependant, je sais pertinemment que ces interpellations, dont je suis la cible, sont la partie émergée de l’iceberg de la non-acception de voir un noir de banlieue, au 21ème siècle, choisir d’épouser le judaïsme orthodoxe en lieu et place d’un l’Islam toujours plus accueillant avec la jeunesse des quartiers.

Essayer de répondre, avec intelligence, à ces questions rime, automatiquement, avec le fait de  marcher sur des œufs. Mais tentons de déconstruire, ensemble, cette relation passionnée entre les juifs et les noirs, Israël et l’Afrique, pour comprendre les enjeux, mais aussi à qui profiterait le crime?

La mainmise iranienne sur l’Afrique

Au lendemain de sa création, Israël octroyait déjà 1% de son budget national pour le développement de l’Afrique, quand aujoud’hui, par exemple, la France n’accorde de 0,2%.

L’opération Mashav était donc l’incarnation d’une volonté de transférer connaissances et savoir-faire à un continent au potentiel inouï, mais également, la réalisation d’une vision hertzelienne de donner une envergure internationale et multiculturelle au sionisme.

De plus, quand les indicateurs sociaux et économiques affirment, qu’à l’horizon 2030, l’Afrique sera le continent le plus peuplé avec plus de 50% de sa population qui aura moins de 20 ans, tout en gardant à l’esprit que ses ressources naturelles sont colossales, toutes les grandes puissances mondiales ont bien compris que ce continent sera le territoire clé de la géopolitique de demain.

Il n’est donc pas étonnant de voir qu’en 2007, le ministre des affaires étrangères israélien, M. Lieberman, entame une tournée africaine pour raviver cette passion israélo-africaine. Mais face à lui, un adversaire de taille sévissait déjà, avec beaucoup de réussite, à coup de pétrodollars pour s’assurer l’assentiment d’une majorité de dirigeants africains; ce grand filou n’était nul autre qu’Ahmadinejad (vidéo: tout comprendre en 2 minutes).

Résultat, en 2013 le JerusalemPost nous apprend qu’un israélien d’origine éthiopienne a réussi sa mission, à savoir, infiltrer les réseaux d’immigration clandestine depuis l’Érythrée, et réussir à regagner Israël via les systèmes de « passeurs » qui s’offriraient à lui.

Son récit est éloquent, en résumé, après plusieurs mois de voyage, il explique comment des milices iraniennes orchestrent et financent le départ de ces érythréens, via le Soudan, puis vers Israël, avec une consigne précise une fois arrivés: Troubler l’ordre public dans le but d’accroître le ressentiment entre israéliens et africains.

A qui profite le crime? La réponse commence à prendre forme.

L’africain de naissance que je suis, ayant été plusieurs fois immigré dans ma vie, était resté bouche bée à l’annonce, qu’en plein cœur de Tel Aviv, une israélienne avait été violée et violentée par des immigrés africains.

D’abord parce que la liberté des femmes est un bien plus que précieux en Israël et j’y accorde un grand respect, mais aussi parce qu’il me semblait, plus que contre nature, qu’un immigré africain agisse de la sorte.

En effet, le pacifisme africain mais aussi le réflexe naturel de l’immigré de se faire petit, discret, d’éviter tout esclandre pour ne pas à avoir à retourner vers le lieu qu’il a fuit, rendaient cet événement incompréhensible à mes yeux.

Cette article du JPost a résolu, en partie seulement, ce schmilblick qui, d’ailleurs, fut à l’origine de ces manifestations contre l’immigration clandestine.

Mes interpellateurs ont ici leur réponse. L’effet domino voudra que l’opinion publique israélienne se révolte avec à cette tragédie, que les communautés noires africaines israéliennes et internationales rejettent toutes formes de généralisation et campent sur ses positions, et qu’en fin de compte, les relations diplomatiques subissent de plein fouet les effets de la vindicte populaire.

Mission presque réussie pour le régime de Téhéran mais il y a un mais.

Et Moshé épousa Tsipora la noire   

Sans rentrer dans l’allégorie, cette épisode de la Torah d’Israël traduit cette réalité, essentielle, entre les juifs et les africains.

Je ne m’attarderai pas sur les interprétations extraordinaires que le Zohar en fait, mais je relèverai seulement une dépendance fusionnelle réciproque. Quand elle fut mal saisie, cette dépendance a failli envoyé le peuple juif en Ouganda mais quand elle est bien maîtrisée, cette relation peut faire d’Israël, le partenaire que l’Afrique attendait depuis longtemps.

Après les déceptions européennes, américaines, asiatiques, toutes venues avec condescendance et domination, Israël paraît plus que séduisant, dans sa volonté « d’apprendre à pêcher plutôt que d’apporter du poisson », voici donc le partenaire idéal, au regard des compétences multipolaires israéliennes, pour la capricieuse Afrique.

De l’autre côté, l’Afrique avec ses dizaines de tribus (Liste non-exhaustive) revendiquant leur judaïsme et recherchant une reconnaissance religieuse et étatique, offre une réserve de millions de personnes à l’état d’Israël.

Merci pour le cadeau me diriez-vous ironiquement! Mais j’oriente vos yeux vers une problématique qui préoccupe sérieusement l’Etat hébreu, celle de démographie palestinienne qui assombrit considérablement le regard des analystes israéliens (en savoir plus).

Ce qui signifie que les « juifs d’Afrique » seront certainement l’une des solutions pour infléchir une courbe au combien importante politiquement.

Alors mariage de raison ou mariage d’amour, quoi de mieux que se souvenir qu’en ce jour de Yom Yeroushalaim, les seules vérités sont que la Torah de Moshé est vrai et son mariage aussi, et que les rabbins en kittel et djelaba ne seraient que plus beaux aux côtés de leurs homologues en boubou.