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Le 7-Octobre aurait pu être évité

Depuis ce Chabbat-là, chaque Israélien se pose la même question : aurait-on pu l’éviter ?

L’information selon laquelle le président des Émirats arabes unis aurait personnellement averti Netanyahu avant l’attaque a remis cette question sur la table. Netanyahu nie que cet appel ait jamais eu lieu, mais pour ce débat, cela n’a guère d’importance. L’avertissement qui devrait le plus nous troubler n’est pas venu d’Abou Dhabi. Il est venu de l’intérieur du gouvernement, en hébreu, près de sept ans plus tôt.

En décembre 2016, le ministre de la Défense Avigdor Liberman l’a mis par écrit et l’a remis au Premier ministre. Le Hamas, écrivait-il, se préparait à envoyer ses forces « pour tenter de capturer une communauté israélienne… à la frontière de Gaza et prendre des otages. » Il demandait une frappe préventive pendant qu’il en était encore temps.

Le mémorandum ne nommait pas les communautés. Nous connaissons leurs noms maintenant. Be’eri. Kfar Aza. Nir Oz.

Son avertissement a été ignoré. On pensait à l’époque que le Hamas était dissuadé et n’avait aucun intérêt à l’escalade. « J’étais seul », a déclaré Liberman plus tard.

Cette phrase me reste en tête. Avoir raison au sujet du 7 octobre aujourd’hui est facile. Ce qui est difficile, c’est d’avoir raison quand toute la pièce n’est pas d’accord, et de continuer à le dire quand cela vous coûte cher.

Liberman a continué à le dire.

En tant que ministre de la Défense, il a soutenu un plan du Shabak visant à éliminer les dirigeants du Hamas, une opération appelée Chaises Musicales. Netanyahu ne lui a pas donné le feu vert, et il a également rejeté l’appel de Liberman en faveur d’une frappe préventive.

Ceux qui se moquent encore de Liberman pour son ultimatum non concrétisé de 48 heures à Haniyeh devraient également se demander qui a refusé d’autoriser les opérations contre le Hamas que Liberman réclamait.

En novembre 2018, le gouvernement a autorisé l’entrée d’argent qatari à Gaza et, quelques jours plus tard, a accepté un cessez-le-feu avec le Hamas. Liberman a qualifié ce cessez-le-feu de reddition face à la terreur et a quitté le ministère de la Défense plutôt que d’y apposer sa signature. Ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait seul. Ariel Sharon l’a renvoyé pour s’être opposé au retrait de Gaza. Il a voté contre l’accord Shalit, qui a renvoyé Yahya Sinwar chez lui. À chaque fois, le consensus allait dans l’autre sens. À chaque fois, il avait raison.

Très peu de personnes dans la politique israélienne peuvent affirmer que si elles avaient été Premier ministre, le 7 octobre ne se serait pas produit. Liberman le peut, et pas seulement à cause d’un seul mémorandum. À chaque carrefour depuis le désengagement, la route qui a mené au 7 octobre était un chemin qu’il a refusé d’emprunter.

Le 7 octobre a été un échec des services de renseignement, mais par-dessus tout, ce fut un échec de courage. L’avertissement était là. Ce qui manquait, c’était la volonté d’agir face à une réalité que nos dirigeants ne voulaient tout simplement pas croire.

J’ai rejoint le Likoud le jour où j’ai reçu ma Teoudat Zéhout, avant même d’avoir signé un bail, parce qu’il défendait une victoire décisive sur nos ennemis. Je l’ai quitté cette année parce que le Likoud d’aujourd’hui s’est contenté de l’endiguement. Liberman ne l’a jamais fait.

Le 27 octobre, Israël choisira à nouveau. Nous pouvons renvoyer les mêmes personnes au même bureau, ou nous pouvons élire l’homme qui a écrit l’avertissement des années avant que quiconque ne soit prêt à le lire.

à propos de l'auteur
Dan Illouz est ancien député à la Knesset et dixième sur la liste d'Israël Beiteinou.
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