C’est à se demander à quoi joue-t-on encore concernant l’issue de la négociation entre israéliens et palestiniens.

Alors que l’échec est chose faite, une réunion “privée et non officielle“ selon une source israélienne – entre Tzipi Livni, chef de la délégation israélienne aux négociations, et Abou Mazen, chef de l’Autorité palestinienne (AP) a eu lieu cette semaine a Londres…

Privée ou officielle – reste-il de quoi débattre ?

En effet, comme prévu, la négociation Israélo-Palestinienne est términée avec un grand Zéro.

Juste à un pas de la ligne d’arrivée, fixée au départ pour le 29 avril, les trois participants à la course se sont effondrés au bout de neuf mois exténuants mais infructueux.

Ceci dit, pas totalement inutiles, puisque Jérusalem a gagné un répit diplomatique tant que les négociations étaient en cours, alors que l’Autorité palestinienne a obtenu une aubaine significative : la libération des prisons israéliennes de centaines de terroristes, ayant assassiné des centaines de civils israéliens.

On savait tout le temps, surtout en Israël, que la négociation se terminerait par un échec.

Mais sous la pression de Washington et l’obstination du Secrétaire d’Etat américain John Kerry, l’on continuait à jouer la comédie par acquis de conscience.

Les parties, et notamment les Palestiniens, n’ayant rien concédé sur leur exigences initiales, “finita la Comedia“ et le rideau vient de tomber.

Certes, le président Obama vient d’attribuer à Israël la responsabilité pour l’échec de la négociation, mais là non plus rien de nouveau. Alors que Jérusalem accuse le médiateur Martin Indyck d’avoir réduit par sa partialité anti-israélienne les chances de succès.

Inutile de revenir sur l’évolution du processus, ni même sur les ultimes tentatives américaines, mais plutôt expliquer pourquoi et comment le dernier mot négatif est prononcé, reconnaissant l’échec.

Est-ce partie remise ? Peu probable, bien que dans la réalité du Moyen Orient tout reste possible.

Mais le président Obama lui-même vient de déclarer qu’il fermait la porte sur cette illusion. Lui, pourtant accoutumé à ignorer ou tourner le dos à la réalité.

Il semble que les historiens dans un avenir lointain auront du mal à expliquer les décisions et les actes de Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne, ayant précipité l’échec de l’accord “historique“.

D’abord il a fait appel à l’ONU, en violation de ses engagements, afin d’être admis aux différentes chartes internationales, bien que l’AP n’est pas un Etat.

Ensuite il a menacé d’annuler purement et simplement l’Autorité palestinienne, effaçant ainsi le partage de la Cisjordanie, si difficilement acquise jadis, en trois zones : A,B,C donnant à l’AP pleine autonomie sur la zone A (Israël ayant plein pouvoir dans la zone C, y compris les colonies.)

Ce qui aurait laisser à Israël le souci de gérer ces Territoires avec tous les problèmes ue l’on connaît déjà.

Mais au bout de quelques jours il a change d’avis et a annulé ce projet.

Or, entre-temps Jérusalem a riposté en revenant sur son engagement initial à libérer un quatrième groupe de prisonniers, acte qui menaçait d’ailleurs de provoquer une crise gouvernementale.

C’est à ce stade que Mahmoud Abbas a fait le pas jadis infranchissable et impardonnable : il s’est allié au diable, à savoir le Hamas, signant le 23 avril un accord en vue de s’unir, proclamer une seule entité, organiser des élections et établir de nouvelles institutions et une nouvelle classe dirigeante.

Certes, un délai de cinq semaines est prévu mais ce pas démontre les véritables intentions, même si cette union n’est pas mise à exécution.

Or, Israël a réagi vigoureusement, ainsi que Washington ayant déploré cette décision. Netanyahu s’est exprimé en disant : « Abbas a choisi le Hamas au lieu d’opter pour une paix. Il aurait du choisir entre Israël et le Hamas. Il ne peut guère avoir les deux“.

Pour Israël le Hamas, tout comme le Hezbollah, est un ennemi ne cessant de lancer des roquettes et affirmant franchement son dessein de voir la disparition de « l’entité sioniste“.

En effet, la charte du Hamas (article 13) précise : “les initiatives politiques et ce que l’on appelle des solutions de paix … sont contraires aux conceptions du mouvement de la résistance islamique. Renoncer à une partie de la Palestine est identique à l’abandon d’une partie de la religion. Il n’y a pas d’autre solution au problème de la Palestine que le Jihad ».

Ce projet d’union inquiète non seulement Israël mais aussi l’Occident, ayant proclamé le Hamas “organisation terroriste“. Or, si elle gagnait, comme il est prévu, aux élections projetées, Israël se trouverait devant une nouvelle menace en provenance de la Cisjordanie.

Alors que l’Occident se trouvera face à une alliée d’Al-Quaida, ainsi qu’il est prévu dans la charte du Hamas.

En résumé, ces dernières initiatives, enterrant probablement les chances de paix avec Israël, confirment une fois de plus ce que l’on observait depuis environ un centenaire, selon l’expression de l’ancien ministre israélien des Affaires etrangères Abba Eban de 1966 à 1974 : “Les Arabes n’avaient jamais manqué l’occasion de manquer des occasions“.