Ce Mardi 7 Avril 2015 à Tel-Aviv, j’ai eu le privilège d’assister à la conférence organisée par Fabien NAUDAN et Philippe COHEN, sur le thème L’Art de Collectionner.

Je dis bien privilège car cet événement, important pour l’Art en général, a marqué les débuts d’ARTCURIAL dans le cadre de la nouvelle implantation de cette maison des ventes aux enchères en Israël.

Je dois vous avouer qu’étant juste un artiste peintre graphiste sans grands moyens, je me suis demandé si cette conférence était pour moi et si je n’allais pas être gêné au milieu de tous ces Collectionneurs et Professionnels de l’Art, mais comme Philippe m’avait gentiment invité, j’ai pris mon courage à deux mains et avec ma femme Hannah nous sommes allés à l’Institut Français de Tel-Aviv, boulevard de Rothschild, Institut dirigé de main de maître par Olivier Rubinstein.

A notre arrivée, ce qui m’a frappé, c’est le panel de personnes éclectiques. En fait, le collectionneur ou la collectionneuse, pourrait-il être Monsieur ou Madame tout le Monde et pas forcément une personne aisée?

Le trio Rubinstein, Naudan et Cohen nous a démontré, lors de cette
trioexceptionnelle soirée que tout un chacun pouvait se constituer une collection, qui au départ ne demande pas forcément d’énormes moyens financiers, mais plutôt de judicieux conseils pour investir et constituer au fil des ans une collection d’œuvres d’artistes confirmés et émergeants qui pourraient devenir des stars et pour certains atteindre des sommets financiers jamais vus, ni encore atteints, surtout dans le domaine de l’art contemporain, car on assiste pour d’autres secteurs à certains essoufflements du marché.

Le souci maintenant , car il y a un petit souci, c’est que le Monde de l’Art est en pleine mutation. L’Art est aussi un marché, avec ses règles, ses offres et ses demandes.

Seulement, et pour faire vite, ce marché est soumis à de nombreux paramètres extérieurs, notamment des ventes par internet ou des ventes de gré à gré qui, pour ces dernières, dépassent allègrement, en terme de montants financiers, les sommets, déjà extraordinaires, atteints par les Maisons de vente aux enchères.

Dans ce contexte florissant, les prix de l’Art explosent, mais à l’inverse, les Musées ne peuvent plus acquérir certaines œuvres, (sauf à mettre un droit de préemption mais qui n’est pratiquement pas utilisé).

Pour ces derniers, il reste un moyen pour acquérir des Œuvres ou des Collections, ce sont les donations de Mécènes. Aux États-Unis, par exemple, un Mécène peut faire don de sa collection à une Association (qui elle, à son tour, transmettra cette Collection à un Musée Israélien) et il pourra déduire ainsi de ses impôts, la totalité du montant représentant son don, ce qui profite à tout le monde. Malheureusement, en France, il n’est pas possible d’aider l’Art de cette façon.

Investir sur un artiste connu ou émergeant, est soumis, on l’a vu plus haut, à des règles et on ne peut garantir qu’un investissement sera rentable, il y a forcément une prise de risque, sauf à acheter un chef d’œuvre qui lui verra sa côte obligatoirement monter même si le créneau dans lequel se situe ce chef d’œuvre à tendance à s’essouffler.

On ne peut garantir qu’un investissement restera rentable, il faut donc suivre le marché. Certains collectionneurs sont de purs amateurs d’Art et préféreront garder leurs trésors par pur Amour avec un grand A et ne sont pas sensibles aux fluctuations financières mais ils restent des marginaux.

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Pour se résumer, collectionner est, et reste un Art, il faut connaître la trinité liée à tel ou tel artiste avant d’acheter ses œuvres, c’est à dire: en premier savoir si la galerie où il expose est une galerie de renom, en deuxième repérer si les conservateurs de musées s’intéressent  à lui, et en troisième lieu, connaître les montants atteints par ses œuvres.

Il vous reste un quatrième critère, personnel mais plus subjectif, celui d’aimer ou non l’œuvre d’art que l’on veut acheter car s’il n’est pas nécessaire d’aimer ce que l’on achète pour spéculer, c’est fortement recommandé, parce qu’ à mon avis, il y a forcément un frisson lorsqu’un collectionneur achète une œuvre, il y a un courant personnel, un rapport intime entre le collectionneur et son acquisition, je dirai même une forme d’amour,  je pense que tout Collectionneur achète une œuvre parce qu’il l’aime, parfois, en l’ignorant lui-même.

L’Art de collectionner, c’est outre l’excitation de la recherche des œuvres à collectionner ou manquantes à sa collection, c’est aussi après l’achat, le plaisir de posséder des œuvres de qualité, de les admirer chez soi tranquillement, et de jouir de ces œuvres exceptionnellement magnifiques et en bouquet final, une plus-value qui peut-etre énorme et permettre ainsi de repartir à la chasse aux trésors et acquérir d’autres chefs d’œuvres qui nous étaient inaccessibles jusqu’alors.