S’il existe un terme aussi ambigu que controversé aujourd’hui, c’est bien l’islamophobie. Pour les uns, le terme dénote un ensemble d’attitudes discriminatoires envers les musulmans. Pour d’autres, il s’agit plutôt d’une arme idéologique pour stigmatiser et réduire au silence toute critique de l’islamisme violent, voire toute corrélation entre l’islam et le terrorisme islamiste.

Malheureusement, en créant le Collectif Salam (« paix » en arabe), pour soi-disant sensibiliser les Québécois aux périls de l’islamophobie, l’ONG d’extrême-gauche Alternatives et le Centre justice et foi (soutenu par les Jésuites du Canada) semblent avoir opté pour la stigmatisation des ennemis désignés de l’islamisme, plutôt que la lutte contre les préjugés à l’endroit de nos concitoyens musulmans.

En effet, le Collectif Salam a publié le 19 avril dans les pages de Métro, sous prétexte de lutte à l’islamophobie, une apologie renversante du Hamas palestinien. Fer de lance des attentats-suicides qui ont tué des centaines et blessé des milliers de civils en Israël et tortionnaire de son propre peuple selon Amnistie Internationale, le Hamas est considéré à juste titre par l’Occident et certains pays musulmans comme une organisation terroriste d’obédience islamiste.

Or, contre toute évidence du contraire, le Collectif Salam prétend que le Hamas est injustement assimilé au djihad international et au terrorisme, et que loin de rechercher la destruction d’Israël, son combat en serait un de « libération nationale ».

Pourtant, le Hamas se définit lui-même comme l’aile palestinienne des Frères musulmans, le plus important mouvement islamiste mondial qui a accouché du concept du djihad moderne, comme en atteste notamment sa devise inchangée depuis 1929 : « Dieu est notre but, le prophète notre chef, le Coran notre constitution, le djihad notre voie, le martyr notre plus grande espérance ». Non seulement le Hamas s’identifie-t-il à la « résistance islamique mondiale », mais il entrainait ses combattants dans les camps d’Al-Qaïda au Soudan dans les années 90 et, aujourd’hui, soutient financièrement l’affilié du groupe État islamique dans le Sinaï égyptien.

En outre, non seulement la charte du Hamas et ses dirigeants proclament-ils toujours que leur objectif est la destruction d’Israël par le djihad, mais, à l’instar de toutes les organisations djihadistes, le Hamas appelle à l’extermination pure et simple de tous les juifs. Loin de mener une lutte de libération nationale, l’objectif ultime du Hamas est d’instaurer en Palestine et sur les ruines d’Israël une province du califat mondial gouvernée par une stricte interprétation de la charia.

Plutôt que de rapprocher les Palestiniens de leurs légitimes aspirations nationales, le Hamas les en éloigne impitoyablement par sa rhétorique génocidaire, sa déstabilisation des éléments palestiniens modérés et ses attentats meurtriers contre des civils israéliens, lesquels ont éteint les espoirs des Israéliens les plus déterminés à parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens.

Faire l’apologie d’une organisation mortifère comme le Hamas qui justifie ses velléités génocidaires au nom de l’islam ne rend service ni aux Palestiniens modérés, ni aux nombreux musulmans qui ne se reconnaissent pas dans la barbarie islamiste et cherchent à se réapproprier leur foi.