Manuel Valls pointe « l’apartheid » qui existerait en France
« Un apartheid territorial, social, ethnique, s’est imposé à notre pays », a estimé Manuel Valls lors de ses vœux à la presse, ce mardi matin. Un mot que le Premier ministre avait déjà utilisé, notamment en 2005.

Or l’histoire française ne s’est pas arrêtée avec la décolonisation, et celle des immigrés non plus. Venant d’Egypte, du Maroc, d’Algérie ou de Tunisie, les immigres ont dû venir en France suite aux décolonisations progressives de ces pays.

Aussi, tout comme les immigrants originaires de l’Afrique *Noire*, l’histoire de la majorité de ces populations de France ne peut être comprise qu’à travers celle de la colonisation européenne de l’Afrique. Ces derniers partagent donc des identités propres à ce qu’on appelle « l’histoire postcoloniale.»

En France, plus de 10% de la population serait concernée par « les études postcoloniales. » Les études postcoloniales permettent de mettre à jour les rapports sociaux, économiques et culturels résultant de l’interaction entre l’Europe et les pays colonisés. Elles peuvent ainsi rendre compte des cultures « minoritaires », « périphériques », « mineures » ou « émergentes ».

Mais contrairement aux Etats-Unis et en Angleterre, où le champ des « études postcoloniales » se développe depuis près de 30 ans, les universités françaises n’ont pas ouvert ces champs disciplinaires.
La réticence française à rendre compte de la diversité des histoires et des mémoires crée des déséquilibres dans toutes les communautés. Ne révélerait-elle pas une censure institutionnelle de l’ancien empire colonial français ?

Ensemble, il faut promouvoir les études postcoloniales.