L’horreur, comment décrire autrement ce qui s’est passé aujourd’hui à Bruxelles.  L’horreur, c’est le seul mot qui nous vient à l’esprit face à un tel acte.

Bruxelles et la Belgique ont été frappés, ce samedi,  en plein cœur de l’Europe,  par un acte terroriste ignoble, faisant trois morts et un blessé qui lutte toujours pour sa survie.

Nous ne pouvons dire à cette heure si cet acte est antisémite, mais il y a toutes les présomptions pour qu’il le soit. Mais, quel que soit le motif, l’horreur est insupportable car le terrorisme se propage partout dans le monde: enlèvement de jeunes filles pour les vendre au marché aux esclaves au Nigéria, attentat terroriste barbare en plein coeur de la Chine, et aujourd’hui épouvantable attentat en plein coeur de Bruxelles. La barbarie accélère son pas.

L’horreur est absolue car c’est le Musée Juif qui a été frappé, ce qui donne une dimension tragique et abjecte, au nouvel antisémitisme à l’oeuvre dans les sociétés occidentales.

Même si comme nous l’avons dit plus haut, à ce stade, l’absence de revendication ne permet pas d’attribuer, avec certitude,  une motivation antisémite à cet acte, le lieu visé par ces tirs désirant abattre les individus qui s’y trouvaient, ne peut que mettre tragiquement en évidence la haine des Juifs qui est revenue gangrener nos démocraties.

Cette haine, ne nous y trompons pas, se propage par une banalisation des discours et par certaines comparaisons déplacées entre cette montée dans l’horreur antisémite et ce qui se passe, comme dans toute guerre, au Proche-Orient,  comme nous avons pu le constater récemment sur nos chaînes de télévision publiques .

L’ignoble attentat d’aujourd’hui n’est que la suite attendue à l’assassinat de Ilan Halimi, dont la tragique destinée n’a guère drainé les foules au cinéma, ne fusse que pour témoigner de la volonté de nos concitoyens de ne pas l’oublier, il est également la suite au massacre commis à Toulouse contre des écoliers juifs et signé Mohamed Merah.

La stupeur et l’incrédulité sont d’autant plus grandes face à cet attentat terroriste que la Belgique n’est pas une terre de tradition  violente: en effet, la Belgique n’a  plus connu de tels actes depuis les années 80. Et lorsque en 1989, l’assassinat du Dr Wybran, leader emblématique de la Communauté juive en Belgique, a été abattu sur le parking de l’hôpital Erasme à Bruxelles, cet acte avait plongé tous les Belges et la Communauté juive dans la tragique prise de conscience d’un sentiment d’insécurité sur le sol belge.

Aussi, à ce stade, quelques jours après l’interdiction du 1er rassemblement antisémite d’après-guerre, organisé et interdit à Bruxelles, les questions restent nombreuses, tant sur l’identité du ou des auteurs, que sur leurs motivations.

Mais dans un contexte de retour en force de l’antisémitisme et de la haine de l’autre, et à quelques heures d’un scrutin électoral crucial en France et sur tout le continent européen, le contenu déstabilisateur pour la démocratie d’un tel acte ne peut et ne doit pas être ignoré.

Dans ce contexte, la politique, systématiquement anti-israélienne, de l’Union Européenne ne peut être disculpée de la montée de cet antisémitisme en Europe.

La priorité est, certes, aujourd’hui, au partage de la douleur avec les familles des victimes, à l’enquête ainsi qu’à l’établissement d’une sécurité accrue autour des lieux de culte et de culture juive en Belgique, mais elle est aussi de savoir répondre aux inquiétudes bien compréhensibles de la Communauté juive non seulement en Belgique mais dans l’Union Européenne toute entière.

Il serait simpliste de penser que le simple fait de proclamer qu’il faille, demain,  que chacun d’entre nous aille voter avec la volonté de défendre nos valeurs communes, celles qui fondent notre société et notre démocratie, pour que le problème soit réglé. Certes il est important, voire nécessaire, de ne pas nous laisser intimider par ces actes ignobles, mais nous nous devons de nous interroger sur les causes endogènes à la montée de ce nouvel antisémitisme.

Notre devoir est de rappeler que l’Union Européenne n’est pas pour rien dans le renouveau de cette haine ancestrale; la situation consternante que nous vivons a été, également, développée par les malheureuses directives européennes dénonçant les traditions millénaires du judaïsme, comme par les tentatives répétées de dénoncer, interdire et montrer du doigt aussi bien l’abattage rituel que la circoncision, mais également par les condamnations répétées et unilatérales d’Israël, sans oublier, bien sûr,  les ignobles directives de boycott véhiculées par le B.D.S .

Oui, l’Europe ne peut s’absoudre de ses propres responsabilités dans la situation présente !

Bien sûr, il est important et nécessaire d’éradiquer la source exogène qu’est le terrorisme, mais l’Europe ne peut s’abstraire aux responsabilités endogènes et à sa propre contribution à l’expansion de cet antisémitisme.

L’Europe a une responsabilité historique vis-à-vis de « ses » Juifs !

Responsabilité vis-à-vis du passé, responsabilité vis-à-vis du Présent, mais également  et surtout responsabilité vis-à-vis du futur !

Il ne tient qu’à vous, Messieurs les prochains députés européens, nos élus de demain, de faire en sorte que:

  • soit l’Europe reste une terre de prospérité et de développement pour les héritiers juifs d’une Europe qui a été le fleuron du judaïsme mondial,
  • soit l’Europe se transforme en continent  « judenrein », finalisant ainsi l’objectif du IIIème Reich !

Les Juifs d’Europe en tireront la conclusion qu’il convient !

Vous en serez comptables  Messieurs les Députés, car cet avenir est de votre responsabilité !