L’existence d’une communauté juive n’est pas du tout nécessaire pour que l’antisémitisme fasse son apparition.

La Martinique a en effet bien changé. Nonobstant les liens éventuels entre Dieudonné et Jean-Marie Le Pen, l’affaire Dieudonné/Confiant de juin 2005 est un cas de figure révélateur.

Elle a commencé en mars 2005 quand l’humoriste Dieudonné reçut quelques bonnes gifles des mains de jeunes Juifs qui avaient vu en lui, déjà à l’époque, un antisémite.

Satisfaite autrefois de distinguer son identité par rapport à la métropole par le biais de l’héritage africain de la négritude, la Martinique d’aujourd’hui assume entièrement l’éventail des différents composants ethniques de son passé.

En effet, outre les descendants d’esclaves, la Martinique a fait assurément siens les éléments asiatiques, amérindiens,libanais,
européens et syriens de sa population.

En Martinique, l’antisémitisme est prédominant dans les cercles d’extrême gauche, pro-palestinen de la Martinique. Il repose en partie sur la popularité limitée dont jouit l’idée de la souveraineté pour l’île : la libération de la Palestine sert de substitut au combat pour l’indépendance à la Martinique.

Exiger un Etat palestinien sert d’exutoire à ceux qui ne sont pas prêts à en forger un pour eux-mêmes.

En ces temps de conflit intense au Moyen-Orient, les sentiments antisionistes rejoignent l’antisémitisme pur et simple.

Cet antisémitisme se manifesta ouvertement lors de la première offensive militaire israélienne au Liban qui déclencha une série d’articles antisémites dans Antilla, l’un des journaux à grande circulation de l’extrême gauche antillaise.

Un bon nombre de ces articles ont clairement franchi le pas de l’antisémitisme.

Le premier article intitulé « Israël, peuple et pays maudits » avançait que « tous ceux qui ont eu l’occasion de lire Mein Kampf doivent… reconnaître combien Hitler avait raison dans son jugement contre les Juifs ». Antilla est loin de représenter le sentiment des Antillais en général.

L’on ne saurait trop répéter que la plupart des Martiniquais sont à peine conscients de la présence de Juifs dans la société de l’île.

Le petit nombre de ceux qui le sont nourrissent à leur égard des sentiments plutôt positifs.