Si Tsahal vous était conté vous comprendriez l’âme juive qui la porte à privilégier la vie contre la mort, malgré la sauvagerie d’un terrorisme islamique qui tente de la détruire et d’un antisionisme qui veut l’éradiquer.

Mais, pas facile de détruire des âmes attachées au berceau de Moise et tandis que les hommes guerroient pour la protection de tous, les femmes protègent les enfants, le pays aussi, et quelque chose de plus ténu, en équilibre instable toujours  : la vie.

Les femmes d’Israël sont fortes et puissantes. Elles savent leur mari et leurs fils, leurs filles, leurs frères à la guerre, elles aimeraient que ce soit différent, les femmes ont l’âme douce, mais celles d’Israël, elles aussi filles de Tsahal, n’ont pas de temps pour les atermoiements, les états mortifères et l’apaisement des pleurs.

Dans ce monde dur et parfois cruel d’Israël toujours en survivance, chacun doit être fort pour tous, et les femmes d’Israël le sont, comme dans aucun pays du monde, gardiennes intemporelles du Temple tandis que la guerre tonne sur leurs hommes et dans les cieux striés de missiles.

Avec l’assassinat de Gilad Shaer, Naftali Fraenkel, et Eyal Yifrach, j’avais écrit «  Israël en deuil, quelque chose s’est brisé en Terre Sainte. »

Hélas, 63 jeunes soldats sont morts. 63 jeunes hommes à qui le terrorisme islamique a volé la vie, l’amour, les enfants, et ces petits et grands bonheurs de vivre qui vont du rire à la joie, d’aimer à être aimé. Certains avaient des femmes et des enfants, d’autres des fiancées, d’autres n’avaient pas encore eu le temps, c’est si jeune 20 ans.

Alors,Yom Hazikaron l’année prochaine ? Comment la nation se souviendra d’eux ? Comment le peuple d’Israël et tous les juifs du monde les honoreront sans verser toutes les larmes du ciel et de la terre, devenir à leur tour, eau et mort ?

Peut-être simplement en faisant ce qu’ils font chaque année ?

Il y a deux ans j’étais à Ashkelon pour ce jour national de deuil, et j’avais été si bouleversée par l’hommage rendu, que j’avais écris ces mots pour ne jamais oublier cet instant :

« Yom Hazikaron, jour de deuil national en mémoire des soldats et des hommes tombés sous les balles et les bombes terroristes pour la défense d’Israël. Des minutes de silence dans le coucher du soleil et dans le lever du lendemain matin pour un hommage aux jeunes gens morts pour la sécurité des autres, mais, au-dessus du silence des hommes dans le coucher et le lever du soleil, il y avait, stridente, la sirène qui habituellement et quotidiennement est celle qui prévient la population des roquettes et des attaques, et qui là s’élevait comme un requiem. C’était si grave et si beau, que j’ai eu à la fois honte de toucher à la beauté dans un instant si tragique, mais aussi un sentiment d’amour intense, une réconciliation avec la vie dans ce qu’elle a de plus puissant. « Oh vous frères humains » là, voulait vraiment dire quelque chose et prenait tout son sens. Il y avait tant de reconnaissance, d’amour et de respect dans le silence perforé de ce pays debout pour saluer ses enfants disparus que mon âme de maman, de soeur et de femme, s’est déchirée à l’unisson de la leur. »

Yom Hazikaron l’année prochaine sera souffrance et le pays entier aura le cœur en charpie, mais à relire mes mots, je sais que toujours nous saurons nous élever au-dessus de nos larmes ; que les soldats de Tsahal et d’Israël, morts pour que nous puissions vivre, ne disparaitront jamais des mémoires, ni d’aucun de nous qui les porterons comme on porte les enfants, entre douceur et douleur.