La désillusion causée par les promesses non tenues et la politique d’Obama devrait pousser l’Amérique et le reste du monde à s’éveiller.

La victoire de Trump lors du vote du Collège des Grands Électeurs est très importante, non seulement comme la validation du choix du peuple américain qui a exigé de bon droit un changement pour son pays, mais aussi en tant que vote contre la voie belliciste sur laquelle le monde s’était engagé sous Obama et qui aurait mené vers une inévitable troisième guerre mondiale avec Hillary.

Pour éviter un tel scénario, j’aurais préféré Sanders à Hillary, pour autant que ce soit un réel changement des politiques d’Hillary.

Le véritable legs d’Obama

Ce n’est pas une coïncidence si les dernières heures de l’administration d’Obama ont été marquées par les images dévastatrices de la chute d’Alep.

Sa présidence s’est terminée par un chœur de critiques clamant que sa politique étrangère a mené à cette crise humanitaire, la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale, et qui a été décrite comme la crise la plus dangereuse et destructrice de la planète.

Les interventions américaines au Moyen Orient ont alimenté le Printemps arabe et la guerre en Syrie, ont provoqué la crise de la migration en Europe, exacerbant la menace du terrorisme global avec le renforcement de l’EI, et ont contribué à l’instabilité mondiale.

Les tensions incessantes avec les Russes auraient conduit à une guerre totale entre les deux pays et auraient permis le triomphe de l’islamisme radical. C’est cela le legs d’Obama.

Ses nombreux beaux discours et sa rhétorique vide de sens sont enfin contestés, alors que les résultats de ses actions ratées et de ses inactions insensibles deviennent de plus en plus clairs.

Quand Michelle Obama a déclaré que l’Amérique savait maintenant ce que c’était que de n’avoir plus d’espoir, elle avait raison.

Les Obama ont vraiment amené le monde dans un cul-de-sac sans but. Huit ans après son élection, l’Amérique et le monde sont divisés plus que jamais auparavant par la violence, la haine, les tensions raciales et le déséquilibre financier.

La dette nationale de l’Amérique a doublé, et le monde se retrouve dans une terrible confusion et le chaos, alors que l’islam radical se fortifie de jour en jour.

La politique étrangère d’Obama est l’exemple le plus outrageant d’un gouvernement qui détruit le monde pour des raisons politiques et des gains financiers, aux dépens de centaines de milliers de blessés et de millions de sans-abris.

Tout ceci en faisant des discours prônant les valeurs et la justice. Heureusement pour nous, les Obama découvrent maintenant que tout ce qu’ils avaient créé est sur le point d’être défait et que l’Amérique et le monde peuvent être reconstruits.

Michelle Obama a raison : son monde est sans espoir, mais pour l’Amérique, l’espoir est finalement revenu.

Un nouveau commencement

La raison pour laquelle je trouve important d’écrire à ce sujet est que la désillusion concernant Obama est le choc le plus important de notre temps.

Obama n’était pas n’importe quel président.

Comme premier président noir et l’un des rares présidents à avoir été récipiendaire d’un prix Nobel de la Paix, et ceci 12 jours seulement après son élection, pour ses nombreux supporters, il a incarné et feint d’incarner encore le plus haut des idéaux : l’égalité, l’engagement au pluralisme, la tolérance et le multiculturalisme, la dévotion et la protection des libertés civiles ; la transcendance du racisme, du sectarisme et tout ce qui est mauvais.

Mais à en juger par les résultats de sa présidence, tout ceci n’était qu’un mirage, l’amplification à outrance du plus grand défaut de la perception de notre culture.

Beaucoup, sinon tous les politiciens mentent, mais Obama sous une apparence éloquente de bonté et d’humanisme, plus que n’importe qui, a reflété notre propre image désireuse de plaire.

Cependant, bien que nous ne voulions pas l’admettre, sous les apparences, se cachent les puissances négatives de l’égoïsme, la séparation froide et souvent l’intérêt subconscient qui détruit nos vies, depuis nos relations personnelles jusqu’au monde entier.

Nous réveiller de cette illusion et faire face aux horreurs que notre égoïsme collectif a propagé dans notre monde à la vue des enfants syriens morts et de leurs mères endeuillées, est un important défi et une occasion de faire face et de changer de direction ; afin de nous laver de l’hypocrisie et de notre droiture et commencer à confronter le véritable ennemi qu’est notre égoïsme humain.

Notre ego collectif démasqué

Il est écrit que : « la nature de l’homme est égoïste » (Netivot Chalom, p. 188) et que « la nature de tout un chacun est d’utiliser tous les autres pour son propre bénéfice » (Baal HaSoulam, de l’article « la Paix dans le monde »).

Rabbi Menahem Mendel a écrit que : « l’intolérance se trouve dans le cœur du mal. Non pas l’intolérance qui résulte de quelque danger. Mais l’intolérance de l’existence même d’un autre être. L’intolérance irraisonnée. Elle est profondément ancrée en nous, car chaque être humain désire secrètement posséder l’univers tout entier pour lui-même. Notre seule issue est d’apprendre la compassion sans raison. Se soucier les uns des autres simplement parce que ‘l’autre’ existe. »

Le néo-libéralisme a essayé de cacher la vérité de notre nature humaine, en mettant en l’avant l’idée qu’un discours correct peut créer des sociétés correctes, mais en fait, la réalité a démontré le contraire.

Sous cet aspect, l’élection de Trump fait partie du traitement, car elle a démasqué les hypocrisies et a fait éclater la fausseté du libéralisme qui empêchait l’Amérique de trouver un véritable remède à ses problèmes.

Trump n’a pas apporté les tensions raciales en Amérique comme le pensent beaucoup, il les a mises en lumière.

Avec une franchise directe qui est à l’opposé d’Obama, il représente la découverte nécessaire de tout ce qui doit être changé, de la vérité crue de notre intolérance réciproque, qui vient de la gauche, ne vous en déplaise, plus que de la droite, et d’un abandon des politiques et des pratiques tordues qui existaient avant lui.

Mais pour vraiment guérir des conflits et des tensions devenues si répandues, une nouvelle conscience de l’égoïsme destructeur et souvent inconscient, qui est notre nature commune, doit être cultivée.

Cette conscience permettra à nos sociétés d’avancer vers une plus grande cohésion et un plus grand calme.

Le rôle des juifs

Dans tout cela, le peuple juif a un grand rôle à jouer. Ce n’est pas une coïncidence que chaque fois que le monde souffre ou subit un changement, les juifs sont toujours là au centre des événements, qu’ils y soient activement ou simplement parce qu’ils sont accusés d’être responsables.

Pendant des millénaires, le peuple juif a joué le rôle de modèle pour montrer comment dépasser l’égoïsme, ce dont l’humanité a désespérément besoin.

C’est le principe même sur lequel cette nation a été fondée au pied du mont Sinaï, puisqu’ils ont accepté d’être « comme un seul homme dans un seul cœur ».

Le Rav Yéhouda Ashlag a écrit à propos de l’importance de l’unité juive jusqu’à ce jour et des conséquences de sa désertion : « L’unité sociale peut être source de bonheur et de succès (…) la séparation entre eux est la source de toutes les catastrophes et tous les événements négatifs » (« La Liberté »).

Il écrit encore au sujet de la responsabilité des juifs : « Nous avons le fardeau d’être un bon exemple pour le monde, car nous sommes plus aptes que toutes les autres nations, non pas parce que nous sommes plus idéalistes, mais parce que nous avons le plus souffert de la tyrannie. Et nous sommes donc plus disposés à chercher la solution qui effacera la tyrannie de la face de la terre (« Les Écrits de la dernière génération »).

Comme l’explique le Rav Kook, cette solution se trouve dans « la sagesse de la vérité, qui nous enseigne comment réaliser l’unité dans le monde » (« Orot Hakodech » 393).

Comme beaucoup de juifs américains se tournent vers Obama, même à présent que sa présidence est terminée, nous les voyons montrer leur opposition par rapport à leur objectif initial.

Obama a réussi à tromper de nombreux Américains par sa rhétorique mensongère de belles idées libérales, mais peut-être encore plus, de façon inquiétante, les juifs libéraux d’Amérique, qu’il a habilement manœuvrés contre Israël.

Ils ne sont peut-être pas au courant, mais adhérer à Obama tout en fuyant Trump, se retourner contre les intérêts de l’État d’Israël et contre une direction plus saine du monde, n’est que la preuve de leur exil interne de l’amour véritable des autres qui est leur propre héritage .

Dans leur oubli spirituel et leur adhésion à l’ego, ils sont inconsciemment attirés vers les forces de l’égoïsme de notre monde qui ont poussé à le diviser et à le détruire, en masquant par de faux prétextes ce que les Juifs reconnaissent comme leurs véritables valeurs.

Il est maintenant vital de reconnaître cette erreur, de transcender la dissonance cognitive qui incite ces juifs à poursuivre avec ferveur un cheminement voué à l’échec.

Un meilleur avenir en vue

Obama laisse derrière lui un héritage de destruction qui, espérons-le, servira à nous secouer, afin que l’humanité puisse commencer à renaître des cendres de sociétés et de pays effondrés.

Comme l’indique le tweet de Trump, à la suite des terribles attentats en Turquie et en Allemagne, « le monde civilisé doit changer de pensée ».

J’espère que sous Trump, l’Amérique se joindra à l’Europe et à la Russie pour combattre l’islam radical qui est leur véritable ennemi commun.

Mais peut-être, je souhaite surtout que Trump aide Israël à s’unir et que l’Amérique ouvre la voie à une nouvelle prise de conscience de notre interdépendance.

Non pas par des revendications superficielles de libéralisme, mais par des actes qui répondent réellement aux besoins du peuple, en valorisant les relations et la coopération avant tout.