Après plusieurs mois de mobilisations en France et en Israël, la Knesset a enfin reconnu l’équivalence des diplômes étrangers, notamment français, de pharmaciens en Israël, permettant ainsi de favoriser l’insertion en Israël de centaines d’olim français.

La décision du Parlement israélien vient mettre fin à un problème d’ampleur. Désormais, les pharmaciens francophones pourront exercer sereinement leur profession en Israël.

En application de l’ancienne règlementation israélienne, l’intégration professionnelle de milliers de francophones était jusqu’ici remise en question. Il était par exemple nécessaire de faire un examen avant de pouvoir exercer le métier de pharmacien en Israël.

Il va sans dire que les jeunes diplômés renonçaient à leur projet rapidement. Nos confrères et consœurs qui tentaient l’aventure malgré tout, se lançaient dans un parcours du combattant arrivés en Israël.

Faute d’une reconnaissance automatique de leurs diplômes, procédure administrative lourde et examens coûteux étaient leur lot quotidien. Dur de ne pas se sentir déconsidérés dans ces conditions.

Les Olims français se retrouvaient face à un choix cornélien : renoncer à exercer leur profession de pharmacien ou rentrer en France. Résultat : entre 15 % et 30 % d’Olims rentraient en France selon les estimations de l’Agence juive pour Israël.

Comment ne pas voir un corollaire entre ces difficultés et la baisse de 38 % de l’Alyah française début 2016 ?

Cette politique des autorités israéliennes restait incompréhensible à nos yeux. Il était injustifiable qu’un Etat signataire du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, puisse continuer à garantir l’application de normes, sources d’inégalités entre les individus détenant un diplôme français de pharmacien et ceux détenant un diplôme israélien.

Depuis douze ans, date de la création de Pharmadom, ces inégalités restaient un sujet au centre de nos discussions. Nous avons donc décidé de lancer une pétition afin de mettre en lumière les obstacles auxquels se heurtaient les praticiens pour exercer leur profession en Israël.

Nous avons été par la suite rejoints dans notre démarche par plusieurs associations telles que Qualita. Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a également appuyé notre demande et appelé le gouvernement israélien a une meilleure reconnaissance des diplômes français.

Ces efforts concertés ont permis de mettre en lumière les problèmes rencontrés par les Olims français, et de mettre fin à cette situation intenable et injustifiée.

En mai 2016, le dernier voyage de solidarité effectué par la Fondation Pharmadom en Israël, a été l’occasion de remettre notre pétition à plusieurs ministres, ainsi qu’à Monsieur Elie Elalouf, député et président de la commission de la Santé de la Knesset.

Ces rencontres respectives nous ont permis d’exposer nos arguments en faveur d’une reconnaissance d’équivalence des diplômes. Le parcours universitaire nécessaire à l’acquisition d’un diplôme de pharmacien en France, soit six années
d’études suivies d’une thèse de doctorat, avait été évoqué alors.

Cette initiative que nous avons menée de front, est aujourd’hui couronnée de succès. La Knesset a définitivement validé le 9 janvier 2017, la pleine reconnaissance de l’équivalence des diplômes pharmaciens français et israéliens.

Désormais, l’examen d’équivalence est remplacé, pour les pharmaciens qui justifient d’une expérience professionnelle de 3 ans au minimum dans leur pays d’origine, par un examen partiel portant sur la législation pharmaceutique israélienne et un suivi professionnel d’un an en Israël.

Ce suivi professionnel sera de 2 ans pour les pharmaciens qui justifient d’une expérience de 2 ans a 3 ans dans leur pays d’origine.

Cette décision est une victoire pour Israël et pour les Français qui choisissent de faire l’Alyah. Israël pourra bénéficier du savoir-faire de nombreux Français et de leur expertise, tandis que ces derniers auront toutes les cartes en mains pour réussir leur intégration.