Dans son allocution hebdomadaire ce samedi, la chancelière allemande Angela Merkel, s’est émue de la montée de l’antisémitisme en Allemagne comme dans le reste de l’Europe. Antisémitisme accru encore cet été par les évènements à Gaza.

La chancelière remarque qu’il n’est pas un lieu de vie juive qui n’échappe à la protection policière et, plutôt que de se féliciter de cette protection comme d’autres dirigeants le feraient ailleurs, elle condamne l’idée selon laquelle ces lieux aient à être protégés.

Mieux encore il y aura le 14 septembre prochain une grande manifestation organisée par le Conseil Central des Juifs d’Allemagne devant la porte de Brandebourg et Angela Merkel s’y est invitée se proposant d’y prononcer une allocution.

Au fond imaginez à notre échelle une manifestation organisée par le CRIF qui verrait le Président de la République intervenir pour condamner l’antisémitisme.

C’est juste impensable chez nous. Tout au plus la France réfléchit à faire de la lutte contre l’antisémitisme une cause nationale comme l’a rappelé le premier Ministre Manuel Valls lors de la dernière commémoration du Vel d’Hiv.

Il faut dire que la France aime bien les commissions, groupes de réflexions, causes nationales et toutes choses intellectuellement stimulantes. L’action est autre chose.

En s’engageant personnellement, la chancelière allemande enverra un signal fort à l’Allemagne et à l’Europe.

Oui, 75 ans après la Shoah, l’Allemagne est à présent la deuxième communauté juive d’Europe continentale derrière la France avec 200.000 âmes.

L’Alyah y est marginale et les synagogues se construisent largement financées par l’Etat. Tout est loin d’y être idéal mais l’Allemagne a pris le parti de protéger ses Juifs et de combattre par tous les moyens l’antisémitisme.

En appelant à une large participation lors du rassemblement du 14 septembre, Merkel s’érige en leader de la cause et d’ajouter : « Je vais personnellement faire tout mon possible – tout comme l’ensemble de mon gouvernement – pour veiller à ce que l’antisémitisme n’ait pas une chance dans notre pays ».

Une voix qui, nous aimerions le croire, pourrait inspirer les dirigeants de notre pays. La communauté juive n’a organisé qu’un seul rassemblement,

c’était le 31 juillet, au cœur de l’été, devant l’Ambassade d’Israël. Ce rassemblement avait de la tenue et est apparu nécessaire à tous ceux qui y ont participé.

Mais le mal français est aussi présent dans nos rangs. Nous préférons les articles dans la presse, les déclarations, les condamnations, et même les billets comme celui-ci plutôt que l’action.

Il est temps de sortir de nos synagogues et centres communautaires et de faire entendre notre voix dans la rue comme nous le montrent nos cousins germains ou germaniques, c’est selon.

A nous de veiller à ce que demain l’Allemagne ne devienne pas le dernier refuge des Juifs en Europe…