L’outrage des membres du parti de droite HabayitHayehudi causé par les commentaires du président du Parlement européen, Martin Schulz sur la pénurie d’eau en Cisjordanie a attiré l’attention des médias ces derniers jours.

Plutôt que de voir ça comme une opportunité pour engager de sérieuses discussions sur ce problème essentiel, si pertinent au quotidien des Palestiniens comme des Israéliens, les événements de mercredi à la Knesset ont rapidement dérapé en cirque médiatique et politique.

Lors de son discours à la Knesset, M. Schulz a indiqué avoir entendu que les Israéliens bénéficient d’un apport d’eau quatre fois plus important que celui des Palestiniens.

En réponse, M. Naphftali Bennett, le ministre de l’Économie, a accusé M. Schulz de diffamation d’Israël. Plutôt que d’entamer une bataille infructueuse pour l’honneur, la chose la plus sensée à faire aurait été de rechercher les faits.

Juger la consommation d’eau est complexe, mais selon nos meilleures analyses, la consommation municipale d’eau par habitant par jour en Israël, en 2011, était de 250 litres.

En Cisjordanie, les Palestiniens ont consommé, en comptant une perte moyenne de 30 % due au manque d’infrastructure, 70 litres. Le rapport entre la consommation des Israéliens et des Palestiniens est en effet proche de 400 %.

Cependant, il devrait aussi être pris en considération que le fait que l’eau soit plus accessible en Israël est dû aux progrès israéliens quant à la gestion de l’eau.

L’économie israélienne de l’eau a dramatiquement évolué ces dix dernières années. Israël est devenu le leader mondial en dessalement d’eau, en traitement et en réutilisation des eaux usagées.

C’est pour cette raison exacte, alors qu’Israël a en ce moment un excès d’eau, que les Israéliens et les Palestiniens devraient arrêter d’inclure les questions d’eau et d’autres problèmes environnementaux dans le processus politique.

Le coût politique d’une solution aux problèmes transfrontaliers d’eau serait faible pour les Israéliens alors qu’il apporterait beaucoup aux Palestiniens.

Il est donc impératif que l’accord-cadre, préparé par le secrétaire d’État américain John Kerry, devrait inclure un paragraphe sur l’urgence de la résolution du partage de l’eau et d’autres questions environnementales de manière à solutionner l’échec de la structure de gestion actuelle.

Cette structure avait été mise en place il y a presque 20 ans comme accord intérimaire qui devait être remplacé au bout de 5 ans. En attendant, la population de la région a presque doublé, rendant l’accord inadéquat aux besoins actuels.

Un nouveau système de gestion doit fournir aux Palestiniens une part équitable des ressources partagées d’eau, et rapidement mener à un investissement dans des solutions sanitaires qui sont actuellement la source de pollution des infimes ressources naturelles d’eau, palestiniennes et israéliennes.

Des douzaines de projets de ce genre sont présentement bloqués par le système bureaucratique. Ce fait est la conséquence directe de l’échec quant à l’établissement d’une nouvelle structure.