Le judaïsme africain peut-il s’imposer de l’extérieur sans
références à des valeurs historiques locales ? Dans ce cas, faut-il donner une caution aux théories d’un re-formatage structurel des cultures juives africaines ?

Un modèle juif scientifique et social est-il capable d’émerger au sein du judaïsme africain comme exigence épistémologique ?

Dès lors n’est-il pas impérieux de re-placer et re-centrer les cultures juives africaines au cœur de la réflexion sans tomber dans le spécifisme ou le particularisme humanitariste.

L’engagement d’Israël aux côtés de l’Afrique conduirait-il à la monarchisation des sociétés ? On ne voit pas comment cela est possible. Les Juifs n’ont pas l’ambition de construire des Etats monarchiques ex-nihilo. Cela serait contraire à l’essence juive. Il faut empêcher César d’être autre chose que ce qu’il est. Il nous semble qu’il y ait une exigence radicale de critique à I’égard de toute théorie tentée de se prendre pour un absolu, de se diviniser, et, par le fait même, d‘échapper à la vigilance.

En Afrique, partout où l’arbitraire a cédé la place à l’idéologie monarchique, ceci a conduit à la répression et à légitimer toute forme d’exploitation, on ne saurait abandonner les juifs africains à l’irrationnel, ou aux zozos qui prolifèrent et qui servent plus ou moins d’exutoire, de refuge, de canal privilégié aux voix discordantes pour qui elles sont le seul vecteur possible de vérité, mais seulement sur le plan de l’imaginaire.

Il y a là une sorte de religion des vaincus qui n’est pas conforme à la foi juive. Oui Israël peut résoudre les problèmes de sociétés africaines où les gens affrontent une grave crise par des voies diplomatiques ou politiques sans vouloir bien admettre de puissance subversive.