Au moment où le monde s’unit pour faire face aux djihadistes  qui menacent la sécurité et le développement de nos continents, l’ANC  (African National Congress) le parti sud-africain au pouvoir et ses alliés choisissent d’attiser le feu du conflit israélo-palestinien, là où l’Egypte du Général Al-Sissi a réussi à engager des pourparlers et obtenu un accord de cessez-le-feu.

En effet, pour l’ANC et ses alliés, « L’Etat d’Israël a été fondé sur la base de l’apartheid, qui selon le droit international et plusieurs conventions de l’ONU, est un crime contre l’humanité », en d’autres termes, la création d’Israël « est un crime contre l’humanité ».

Ils ont donc décidé de lancer un boycott élargi de l’Etat d’ Israël et de ses produits en vertu de leur  « solidarité éternelle avec le peuple de Palestine ».

L’ANC tombe-t-il dans l’ignorance ou agit-il au nom de son amitié éternelle avec le peuple palestinien ?

L’ANC et ses amis ont-ils oublié que l’Etat d’Israël a été créé par une résolution de l’ONU, la résolution 181 portant création d’un Etat juif et d’un Etat arabe en Palestine, au lendemain de la deuxième guerre mondiale au cours de laquelle plus de six millions de juifs furent massacrés par les nazis ?

Pourquoi vouloir à tout prix retrouver chez les autres un mal que l’on a combattu au prix de son sang sur son propre sol ? Les Sud-africains n’ont-ils pas assez souffert de l’apartheid. Dénoncer l’existence de l’Etat d’Israël, qualifier sa création de crime contre l’humanité, ne consiste-t-il pas en soi en un déni de droit à exister, un autre crime contre
l’humanité ?

En quoi, ce déni de droit à exister crée-t-il un climat apaisé, favorable à la résolution de ce conflit qui dure déjà presque 70 ans ?

L’ANC et ses alliés ont le droit de choisir leurs amis. Mais ils ne peuvent refuser aux autres l’existence qu’ils souhaitent à leurs chers amis.

Il est important de rappeler qu’en 1948 les Arabes ont préféré la guerre contre la jeune nation israélienne naissante. Ils ont refusé l’application de la résolution 181 de l’ONU voté le 29 novembre 1947, en espérant une occupation totale de la Palestine pour la création de leur propre Etat.

Comment comprendre qu’une nation comme l’Afrique du Sud qui a su vaincre l’apartheid, qui a su se réconcilier et promouvoir ‘le vivre ensemble’ ne soit capable d’exporter ce modèle de vivre ensemble.

L’Afrique n’a-t-elle pas mieux à offrir – eu égard à son passé
douloureux ?

Oui, nous avons connu la traite négrière, nous avons connu la colonisation, nous avons connu l’apartheid, nous connaissons aujourd’hui des crises politiques sur le continent, la pauvreté, l’analphabétisme, le racisme qui n’a toujours pas disparu, et qui est parfois très violent.

Pour autant, est-ce dans la haine de l’autre, du blanc ou de l’oppresseur d’hier, de l’ennemi de nos amis, que nous pourrions nous guérir de notre passé douloureux et relever tous les défis qui s’offrent à nous ?

Martin Luther King disait : «  l’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité : seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine : seul l’amour le peut. La haine renforce la haine, la violence renforce la violence et la dureté renforce la dureté. »

« La haine et la liberté ne peuvent pas cohabiter. Un peuple libre ne hait pas ses anciens ennemis, sinon il n’est pas encore prêt pour la liberté. Pour créer une société non oppressive avec des anciens opprimés, il est nécessaire de briser les chaînes du passé, de purger la mémoire de son acidité, de sublimer la douleur en énergie constructive et en la volonté de construire un avenir différent. La liberté implique l’abandon de la haine, car la haine est l’abdication de la liberté. Elle est la projection de nos conflits sur une force extérieure que nous pouvons ensuite incriminer, mais seulement au prix de la fuite de notre responsabilité. » Lord Jonathan Sacks, Ancien Grand Rabbin du Royaume Uni.

Cette leçon, Nelson Mandela l’a bien comprise et l’a appliquée à l’Afrique du sud après sa de détention de 27 ans pour s’être élevé contre l’apartheid dans son pays. Malheureusement, il n’a pas su la conseiller à ses amis palestiniens.

Pourquoi donc, qualifier d’apartheid une situation qui n’en n’est pas une. Près de 20 % de la population israélienne est arabe.

Toutes les couches de la société israélienne participent à la construction de la nation israélienne. Les chrétiens, les musulmans et les juifs pratiquent chacun sa religion sans crainte en Israël. Ce qui n’est pas le cas chez leurs voisins palestiniens.

A Gaza, depuis 2007 que le Hamas contrôle la bande, le Fatah du président Mahmoud Abbas n’y a pas droit de cité. Les membres du gouvernement de réconciliation formé en juin dernier entre le Hamas et le Fatah n’ont jusqu’ici pas été admis à fréquenter Gaza.

Une partie des Palestiniens n’ont pas le droit de vivre sur le territoire d’autres Palestiniens. C’est cela la vraie exclusion, le vrai apartheid tel que l’a connu l’Afrique du sud.

L’ANC qui a triomphé de l’apartheid sud-africain devrait se mettre au chevet de ses amis palestiniens afin de les réconcilier et de les aider à trouver la solution d’une relation apaisée avec leurs voisins israéliens. C’est là la solution sud-africaine que nous attendons. C’est là l’avantage d’avoir des amis qui parlent pour vous.

Car en effet, l’Afrique a déjà un passé dans ce conflit israélo-palestinien. N’oublions pas les ruptures diplomatiques avec Israël prônées par plusieurs  pays africains en 1973, et qui n’ont rien apporté à la résolution de ce conflit. Nous refusons une Afrique au rabais.

Des dignes fils d’Afrique ont beaucoup apporté dans la résolution de ce conflit et la jeune génération doit suivre les chemins tracés par leurs ainés.

L’Afrique gagnerait à réconcilier les mémoires des grands hommes que furent Félix Houphouët-Boigny, Nelson Mandela, Hassan 2, Hailé Sélassié et bien d’autres afin de poursuivre leurs actions riches d’enseignements, sans toutefois reproduire leurs erreurs. On peut leur reprocher des erreurs, mais on ne peut nier leurs actions en faveur de la paix.

Le nom de Félix Houphouët-Boigny est associé à un prix de recherche pour la paix : le Prix UNESCO pour la recherche de la paix.

Quant à Nelson Mandela, il est non seulement le premier lauréat avec son compatriote Frederik Willem de Klerk du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, mais il est également lauréat du Prix Nobel de la Paix avec le même Frederik de Klerk ancien président de l’Afrique du sud.

C’est là, le chemin à suivre pour qui aime ces hommes et souhaite s’inspirer de leur exemple.

Ce que nous voulons, c’est une Afrique unie, libre, décomplexée de son passé de peuple opprimé, rangée en ordre de bataille pour son développement économique, pour la lutte contre la pauvreté, les épidémies, l’analphabétisme…, jouant un rôle prépondérant dans la résolution des conflits en Afrique et dans le monde.

Certes, le passé existe bien et nous n’avons d’autre choix que de l’assumer mais ses conséquences ne sont jamais inébranlables. Il est de fait entre nos mains et nous avons le pouvoir de lui donner un autre sens.

Il nous appartient d’en extraire la douleur, d’en retenir les leçons de nos échecs mais aussi de nos réussites, afin de construire un présent et un avenir plus sûrs et prospères.

Il nous faut en finir avec un panafricanisme rhétorique qui veut que l’on ressasse tout le mal enduré dans le passé sans jamais en sortir. Nous ne nions pas que ce mal ait laissé des blessures.

Mais, nous devons savoir que nous ne pouvons pas vivre éternellement dans notre passé. Il faut en finir avec un passé qui étouffe notre présent.

Les africains devront eux-mêmes se prendre en charge, en faisant face à leurs propres démons qui rongent le continent africain.

L’Union Africaine (UA) devra se montrer plus active et plus efficace dans ses actions si elle ne veut pas être mise au banc des accusés de l’ANC et ses amis qui pour l’instant se montrent très discrets sur les sujets brûlants du continent  africain.

Madame Zuma, présidente en exercice de l’Union Africaine, ex-épouse de Monsieur Jacob Zuma, président de l’Afrique du Sud (tous deux membres de l’ANC), devra se montrer plus incisive et plus réactive face aux épidémies et au terrorisme qui sévissent en Afrique, et qui menacent le développement du continent.

Et cela  devra se faire dans une vraie union de toutes les énergies positives du continent africain.