Essayons d’y voir clair dans ce Moyen-Orient compliqué. Il y a quelques jours, un attentat, du côté turc de la frontière syrienne, tuait 30 Kurdes et en blessait plusieurs autres.

Les Kurdes ont soupçonné les services turcs d’être derrière cet attentat et en représailles, leur PKK assassina deux policiers qu’il accusait d’en être les auteurs ou les instigateurs.

Immédiatement après, le gouvernement turc qui jusque-là faisait preuve d’une certaine indulgence envers le Daesh a bombardé les positions de celui-ci en Syrie et a adhéré à la coalition montée par les Etats-Unis pour le combattre.

Mais il a également bombardé les positions du PKK, mettant ainsi fin à l’accord d’armistice signé en 2012 et la guerre entre eux a repris.

Le gouvernement de M. Erdogan se bat donc actuellement sur deux fronts. D’une part aux côtés des Américains contre l’État islamique et d’autre part contre le PKK son ennemi juré.

Or les Kurdes d’Irak qui abritent le PKK sont également les alliés des USA et sont les combattants les plus efficaces contre le Daesh.

Il faut dire que la priorité du gouvernement turc est d’empêcher à tout prix la création d’un état kurde en Irak qui donnerait des idées aux 20 millions de kurdes de Turquie.

Par ailleurs ce pays sunnite voit d’un très mauvais œil l’accession de l’Iran chiite propulsé par les Etats-Unis au rang de première puissance de la région, mais en prenant part à la guerre contre le Daesh, il se comporte objectivement comme l’allié des Mollahs.

En fait, entre les Sunnites et les Chiites, Barak Obama a choisi ces derniers. Il est persuadé que le danger que représente le djihadisme sunnite est bien plus grand que la menace iranienne, alors que l’Iran est déterminé à renforcer l’axe chiite qu’il dirige.

Il fournit ses alliés en armes, en hommes et en argent dans la guerre contre le Daesh et les autres groupes sunnites. Il soutient les milices chiites telles que le Hezbollah et déploie ses propres milices Al Qods et gardiens de la révolution, en Irak et en Syrie. Son objectif prioritaire demeure la destruction d’Israël.

Il y aurait peut-être pourtant une troisième voie au moins en ce qui concerne la Syrie. Sous le nom de “Jaish al-Fatah”, l’armée syrienne libre, d’importants groupes d’opposants sunnites, les frères musulmans et même la Jabhat al-Nusra liée à Al Qaida se sont unis sous la houlette des états sunnites modérés et se battent à la fois contre le Daesh et les forces de Bachar Al Assad.

Leur éventuelle victoire serait probablement la moins mauvaise solution pour Israël et pour la région.

Pour en revenir à la Turquie, Erdogan pourrait être tenté à la faveur de la situation actuelle de dissoudre le parlement et provoquer de nouvelles élections pour retrouver une majorité absolue.

A suivre !…