Au début de la semaine à venir, une image aura de fortes chances de capter l’attention mondiale, celle qui réunira à la Maison Blanche Donald Trump avec son invité Emmanuel Macron. Les deux hommes,  arrivés presque simultanément sur la scène internationale, ont déjà eu l’occasion de faire des étincelles, d’abord à l’occasion d’une virile poignée de main commenté en mondovision  à  Bruxelles le 25 mais dernier ou lors d’un dîner familial sur les toits de la Tour Eiffel le dernier 14 juillet.

Cette fois, c’est au tour de Donald Trump de rendre la politesse à Emmanuel Macron. Cela se fera dans le cadre d’une visite d’Etat, la première que le président américain aura à organiser depuis son arrivée à la Maison Blanche. Cette distinction est déjà perçue par la diplomatie française comme un grand honneur et une reconnaissance de la qualité et de la confiance que Washington compte injecter dans sa relation avec Paris.

Donald Trump aura donc l’occasion de dérouler le faste américain d’une visite d’Etat au pied du président français Emmanuel Macron. Ce qui n’est pas déplaire à ce dernier féru de symboles, grands amateurs des postures historiques comme son exercice quotidien du pouvoir le laisse deviner.

Deux conférences de presse, un dîner privée à Mount Vernon, lieu emblématique de la relation franco-américaine, demeure du premier président américain Georges Washington élu en 1789 après une guerre d’indépendance dans laquelle l’aide française était primordiale, un dîner d’état à la Maison Blanche, une visite à la bibliothèque du Congrès autant de geste censés donner à cette visite une ampleur historique inédite.

Mais le clou de la visite en termes de symboles est le discours que va prononcer Emmanuel Macron devant le congrès. Un événement rare, structurant de la relation entre les deux pays et qui va donner au président français la précieuse occasion de s’adresser directement à la représentation nationale américaine. Il est aisé d’imaginer que ce discours qu’Emmanuel Macron va prononcer avec son impeccable anglais, d’une trentaine de minutes, a été minutieusement pensé et rédigé.

Pour l’Elysée, il s’agit d’adresser « un message d’amitié, de respect et d’affection pour le peuple américain » . Ce discours doit refléter une histoire d’amitié et d’alliance vieille de 250 ans… avec cette distinction qui pèse de tout son poids dans le contexte actuel… Jamais les deux pays n’ont été en guerre. Le discours de Macron devant le congrès aura cette arrière-plan interrogatif : Voulez-vous qu’on continue à écrire l’histoire ensemble ?.

Au cours de cette visite d’Etat, Emmanuel Macron sera accompagné de trois ministres. Jean Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Florence Parly, ministre des armées et Bruno Le maire, ministre de l’Economie et des finances. Le Dialogue politique entre Donald Trump et Emmanuel Macron ne risque pas de manquer de piments et d’étincelles. Tant sur des sujets cruciaux pour la stabilité mondiale, leurs divergences apparaissent clivantes.

La diplomatie française n’a jamais goûté à la décision américaine de sortir de l’accord Paris sur le Climat. Elle n’apprécie pas non plus la menace américaine de se retirer de l’accord international sur le nucléaire iranien. Elle avait exprimé son opposition face à la décision de Donald Trump de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Quant au protectionisme économique américain survolté de ces derniers temps avec l’imposition des taxes sur l’acier dans le cadre de son slogan « America First », il donne déjà des urticaires aux français et aux européens qui avaient brandi la menace de la réciprocité au risque de créer  les conditions d’une guerre de commerce mondiale.

Sur le nucléaire iranien, Emmanuel Macron qui sait que la décision américaine n’a pas encore été tranchée, s’emploiera à expliquer à Donald Trump tout l’intérêt stratégique à demeurer dans une logique multilatérale, la seule capable de prévenir une déstabilisation régionale et de maintenir l’Iran sous surveillance internationale pour éviter les affres incontrôlés de la prolifération des armes nucléaires. Sur le conflit israélo-palestinien, la diplomatie française a fait le choix de ne pas dévoiler ses cartes ni entreprendre une initiative parlante tant que le plan américain d’ensemble pour régler cette question n’a pas été rendu publique officiellement.

Le dialogue politique que le président Macron aura avec Donald Trump ne sera pas uniquement influencé par la sympathie spontanée que les deux hommes ont développée depuis le début de leurs exercices du pouvoir. Déjà les deux pays ont montré une convergence de vues stratégiques dans la lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient et au Sahel.

Récemment, La France vient de participer avec la Grande-Bretagne et les USA à une attaque militaires pour détruire l’arsenal chimique du régime de Bachar Al Assad. Cette nouvelle aventure commune, fraternité d’armes, est censée renforcer les liens et créer les conditions où les logiques de conviction et de persuasion française à l’égard des réticences américaines peuvent encore se déployer efficacement.