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J’ai honte de moi. En date du 11 février dernier, 2014, ça veut dire, j’ai dessiné ceci. Et puis la vie m’a un peu bousculée et je suis passée à autre chose.

Comme souvent bien sûr, je me suis trompée. On n’a pas du tout sorti pour nous les cutters.

Pourquoi l’aurait-on fait ?

Non. On nous dégomme au couteau de cuisine. On prétend nous émincer comme des oignons, nous découper en rondelles comme des courgettes, on nous taille en julienne, on nous débite comme autant de tranches de vie.

Rien d’inattendu en somme. Comme dans cette vieille histoire de soupe, on a eu les cailloux, on a maintenant droit à la jardinière de légumes. Tout est normal.

Mais nous, qui avons fait de la disproportion notre cheval de bataille, tu parles, nous ne nous laissons pas plus attendrir par les éplucheurs que nous ne nous étions laissés émouvoir par les lanceurs. Que nous soyons invariablement la cible des couteaux comme des caillasses n’y change rien. Personne n’est dupe tandis que nous nous dressons sauvagement et sans pitié devant tous ces pauvres petits marmitons en mal de potage, #jenesuispasunpoireau.

Et le monde entier, qui sait bien que c’est dans les vieux pots juifs qu’on fait les meilleures soupes antisémites, de verser des larmes salées comme un aveugle bouillon.

J’ai bon, là ?