En 2005-2006, il est apparu que l’Autorité Palestinienne était submergée par un désordre fait de totales confusions : l’autorité légale était systématiquement bafouée. Dans le même temps, la presse israélienne s’inquiétait de l’émergence d’une sorte de « look incapable de manifester le moindre sens de pardon ».

Ce sentiment d’une « société sans pardon » s’est largement développé au cours des cinq dernières années, subrepticement, serpentant doucettement et de manière tue, cachée, opaque, ouvrant aux violations des lois de l’Etat hébreu, de son code éthique, religieux. Comme si des brèches lézardaient à petits coups toutes les règles de droit et de justice souvent affirmées par toutes les confessions présentes dans le pays et dont les us et coutumes sont juridiquement reconnus.

Sur plus de 48 ans, la société s’est enrichie, internationalisée, non pas seulement en devenant le havre secourable d’une nation de juifs issus de différents paysages de la diaspora. Israël est devenu un pays confronté à sa propre conquête identitaire, territoriale, culturelle, linguistique. Il a assumé l’héritage des droits, des devoirs, de lois, de formes juridictionnelles qui restent encore à l’état embryonnaire.

L’Etat hébreu n’est pas seulement constitué de rescapés ashkénazes ou séfarades de la Shoah. Soixante-dix ans ont passé. La présence réelle des survivants décroît rapidement. Ces êtres sont trop souvent le rebut d’une nation qui affirme combien elle a été victimisée au-delà de toute irrationalité humaine. Il est indubitable que la Catastrophe, Holocauste, Shoah ou Khourban constitue un « hapax/απαξ » ou « ‘hidoush/חידוש », à savoir un « cas unique et sans précédent ».

Certes. Aujourd’hui, il est largement temps de passer à la réalité actuelle et à venir. Il n’est pas possible de se morfondre, entre tragédies et plaisanteries ouvertement exprimées en Israël aujourd’hui, dans un marasme post-shoah qu’il faut maintenant analyser, étudier, essayer de comprendre. D’autant que parmi ces survivants, en Israël même, beaucoup trop de ces rescapés vivent dans une pauvreté effrontément indécente alors qu’ils sont à l’origine des énormes réparations de guerre qui assurent encore le déploiement du pays. C’est sans doute la première violence intérieure à la société-même.

Ce simple exemple d’injustice sociale, indigne, devrait inciter une société aussi multiforme à essayer de dépasser le fractionnement identitaire pour affirmer un vrai respect d’autrui. Yad VaShem (Institut de la Shoah) a un rôle historique, mémoriel de documentation et de recherche sur cette volonté particulière qui a conduit à la destruction systématique du peuple juif ET d’autres êtres humains considérés comme sous-hommes.

Mais Yad VaShem ne peut être une sorte de « Louvre » ou de « British Museum », d’Ermitage », le musée de Saint-Pétersbourg. Il faut une force didactique puissante pour dépasser une sorte de « banalisation » ambiante qui justifierait le droit à combattre des ennemis réels et une délégitimation ambiante. Pour les enfants israéliens – comme partout dans le monde – la Shoah comme la Torah ne peuvent être des matières scolaires.

Le temps de la Shoah a passé [1]. Il n’est pas encore dépassé dans la mesure où les lois d’immigration de l’Etat d’Israël permettent à des personnes non-juives, non reconnues comme telles par des rabbinats officiels ou qui elles-mêmes ne se reconnaissent pas comme « juives » selon la tradition spirituelle mais revendiquent leur droit à la loi du Retour (origine familiale ayant une personne juive, voire une prétendue appartenance « ethnique » comme le disent certains ex-soviétiques) à venir grossir la population « israélienne ».

Souvent, la loi du Retour se fonde, par certains aspects, sur les lois discriminatoires du « régime nazi » afin d’en corriger les méfaits et sauver les descendants de victimes persécutées au titre du judaïsme.

Israël n’est pas seulement un pays de « refuge » pour des juifs persécutés ou qui ne peuvent participer à la vie citoyenne de quelque pays du monde. L’Etat d’Israël a une vocation à répondre par un élan prophétique, pointu et ardu, à l’authenticité de l’existence humaine.

A cet égard, le Centre des Résistants des Ghettos/לוחמי הגטאות à Acco/אכו (Saint Jean d’Acre) mène depuis sa création des études sur les conséquences de la violence subie pendant le temps de la Shoah. Il organise des conférences, des rencontres, des séminaires ad hoc sur la manière dont la violence peut être « comprise » et dépassée, proposant des solutions qui se sont avérées exactes.

Le Centre a souvent régulé les relations entre les populations juives et arabes de Galilée. Il y a un vrai savoir-faire que l’on ne saurait mettre en concurrence avec Yad VaShem. On se souvient des initiatives audacieuses du prêtre melkite Emile Choufani qui organisa des échanges familiaux entre jeunes juifs et arabes. Ces initiatives et bien d’autres auxquelles je participe sont actuellement « en sourdine » mais finiront par reparaître. Il faut souligner le rôle essentiel des écoles bilingues « hébreu-arabe », même si les relations inter-ethniques restent frileuses.

Ces derniers jours, le pays a subi un choc – comme une onde de tremblement de terre et puis… chacun continue de vivre selon un rythme qui semble caché, immuable. En fait, la société évolue, traversée par des secousses dont l’impact est bien plus profond que les choix politiques, stratégiques, nationaux et régionaux au sein d’un Proche-Orient en feu.

L’Etat hébreu a eu une chance inouïe à laquelle la génération présente réfléchit peu : ce sont des législateurs venus d’Allemagne qui ont défini les contours juridiques et légaux de l’Etat d’Israël. Ils furent précis, stricts, s’inspirant du droit romain, du Code Napoléon et du Droit anglais avec, en arrière-fond, des références sensibles au droit talmudique.

Ceci reste très palpable chez le citoyen israélien : la différence entre le « moutar/מותר = permis » et ce qui est « assour/אסור = interdit » dépasse, sur la durée, toute volonté de tricherie et de transgression malsaine.

En soi, le « Bagats/בג »ץ ou Cour Suprême » réussit à imposer des corrections vers plus de justice. Le Dr. Raphael Lemkin (linguiste et professeur de droit, créateur du mot « génocide ») à maintes fois souligné qu’une des différences fondamentales entre l’Occident et l’Orient européens résidait précisément dans la « légalité », le droit individuel et social garanti par des traditions juridiques issues de Rome. A l’Est, dans les pays slaves de cultures byzantines et orientales, la notion juridique est longtemps restée floue, ne garantissant pas le droit ou la protection des personnes privées, des individus et des « étrangers ».

Israël a décidé de reconnaître les règles traditionnelles juives halakhiques et rabbiniques et règlements, aussi les droits ecclésiastiques développés au cours des siècles par les 13 Eglises chrétiennes officielles locales et le droit islamique. En fait, chaque personne ou groupe peut faire appel à être jugés en fonction du droit traditionnel spécifique en vigueur. 

Le Moyen-Orient est obsédé par le jugement et la justice, ce qui peut être lu dans la Bible et le Nouveau Testament. Pourtant, ces lois, en matière de langue et de la pratique sémitique se compose principalement de réglementer la société grâce aux soins et à l’écoute aiguë et les «obstacles» qui empêchent les membres de la société de porter atteinte à l’ordre social. Les discours de la société israélienne sont obsédés par deux mots: « est-il interdit ou permis / האם זה אסור או מותר Curieusement, l’ordre des mots est important: ce qui est interdit pour commencer, et ensuite ce qui peut être autorisé !

La même phrase et la façon dont elle est mise en mots existe uniquement sur une base permanente de la parole dans le système de la langue russe soviétique et ancien et cela doit être pris en compte en conséquence (« Разрешается ли или запретщается? »). L’idée est directement ancrée dans le patrimoine de la langue biblique et talmudique et les habitudes culturelles, mais il serait assez difficile pour le moment que les Eglises orthodoxes orientales admettent un tel contexte commun avec les juifs.

C’est donc un miracle que certains juifs frontaliers comme David Ben Gourion, Zeev Jabotinsky et la plupart des premiers colons aient pu construire un Etat de droit. Ils étaient conscients de la jungle humaine et souvent injuste de leurs pays d’origine. L‘éducation a consisté en une contorsion constante entre le bien et la vérité, l’erreur et la faute, le délit et le crime, la recherche de la justice en conjuguant des systèmes en usage en Europe occidentale et orientale. On oubliera volontiers qu’en Occident, le droit fut romain, païen puis chrétien avant de se différencier dans des formes plus spécifiques.

Que serait devenu l’Etat hébreu sans ces garde-fous d’une société  pilote ? Tout cela aurait pu être très bref si les droits slave, éthiopien ou encore arabe de diaspora, sinon même hispanique américain avaient prévalu ?

La société israélienne passe par des temps faits de soubresauts où la violence apparaît de manière trop marquée. Il ne s’agit pas seulement d’une adolescente poignardée par un ultra-orthodoxe mono-idéiste et, avouons-le « pathologique »,  à peine sorti de prison et précédemment jugé pour des tentatives de meurtres similaires. Il ne s’agit pas seulement de colons qui s’emparent de manière illégale d’un territoire qui reste « occupé » selon le droit international et qui appartient pourtant à la Terre d’Israël selon les cartographies et traditions auxquelles chaque groupe se réfère.

La violence ? Elle est évidente. Israël n’est pas juif, pas uniquement judaïque. Le vrai Etat des Juifs, s’il a vocation à exister et se développer localement et dans le concert des nations, se doit de réévaluer rapidement – c’est-à-dire sans se presser (eh oui! c’est comme chez nous) les relations qu’il établit entre des citoyens, voire des résidents temporaires ou permanents qui appartiennent ou sont étrangers au Klal Israël/כלל ישראל en tant que communauté prophétique du retour à Sion et à Jérusalem.

Israël, comme communauté juive mais aussi comme Etat se trouve dans une situation singulière et sans précédent. La société israélienne se construit sur le caractère kaléidoscopique de toutes les destinées judaïques tirées des Nations et des groupes ou des individus de toutes ces mêmes Nations les rejoignent ou vivent sur la Terre de Canaan, depuis des siècles. Cela ne peut que provoquer des tensions. Elles sont normales et salutaires. Etat démocratique ? Si des citoyens ont légalement élu un nombre significatif de députés arabes ou autres, il est temps de les associer aux affaires, puisqu’ils le sont « en sous-main » depuis longtemps.

L’aspect « virginal » d’Israël en tant qu’Etat « pur de tout péché tel le nouveau-né » rescapé des pire turpitudes haineuses du monde entier (trop souvent sans distinction) a fait son temps.

Un meurtrier est un meurtrier et mérite un jugement équitable prévu pour ceux qui tuent. Il y a des meurtriers juifs. Il y a des violeurs juifs. Il y a des rabbins pédophiles ou violeurs en série dans les prisons d’Etat. Il y a un ex-président de l’Etat hébreu, déchu pour harcèlement sexuel et autres combines qui est en prison.

Or il fut défendu par le corps rabbinique tandis que Shimon Peres se voyait infliger une « pulsa dinura/פולסא דנורא = une malédiction, interdiction, excommunication ou destruction » (Hagigah 15a et Zohar), bref un anathème, tout comme Eliezer Ben Yehoudah…. qui osa parler hébreu ou Yitzchak Rabin, sans doute à la veille de son assassinat.

« 60 coups de fouet qui deviennent du feu » et une « autorisation » imprécise à éliminer ce qui qui circonviennent à la Tradition des Pères. Ou encore Ariel Sharon lors de la décision, en 2005, d’évacuer la Bande de Gaza. C’est bien le seul cas – bien que théorique dans les faits – où une excommunication peut sembler applicable, car depuis le siècle des Lumières, le « herem/חרם ou interdit » n’a plus vraiment d’autorité au sein des communautés juives, la personne exclue pouvant être accueillie par des groupes rivaux. Pour l’heure, le Président Reuven Rivlin court le risque de cette menace. Serait-ce uniquement irrationnel ?

Le respect dû à tout être qu’habite « une âme vivante » semble une évidence. Il reste que la société israélienne ne vit certainement pas à l’unisson de ses concitoyens.

La « gay pride » est le seul moment où tous les représentants des confessions religieuses présentes à Jérusalem s’accordent pour condamner le défilé comme une violation de la sainteté de la ville et des lois morales enseignées par toutes les religions.

Il est faux, inexact de s’imaginer ou de faire croire que l’homosexualité masculine, féminine soit tolérée ou puisse être acceptée au nom de la tradition juive. Ceux qui écrivent et publient ce type d’informations s’abusent eux-mêmes, prennent leurs désirs pour des réalités ou encore penseraient que la Halakha/הלכה évolue au gré de leurs propre « ressenti ». C’est absurde. En revanche, l’homosexualité masculine, souvent ultra-orthodoxe est connue. Elle est présente dans de nombreux films israéliens actuels et pose de vraies questions sur la manière dont il convient d’interpréter les textes et les traditions.

En ce qui concerne la réalité lesbienne, elle ouvre sur d’autres perspectives car elle ne semble pas être condamnée par le Lévitique (ch. 18). En 1967, lorsque les maris furent appelés sur le front et que des femmes ont eu des rapports lesbiens, il y a eu un feuilleton à la télévision israélienne qui, pour la première fois, montrait ouvertement l’existence d’un lesbianisme dans le pays.

Cette année, les « gay pride » en Israël ont mis l’accent sur les « transsexuels », montrant combien l’identité est au coeur d’un pays qui cherche à définir la complexité de la nature humaine, de l’héritage physiologique, quasi ADN et la corrélation que différentes composantes peuvent faire entre l’âme, le corps, la conscience, la liberté et les contingences, les Commandements divins. D’autres soulignent l’intelligence d’un discernement sur le droit à être, ou à « choisir » sa vie, voire accepter la destinée personnelle ou collective de notre génération.

Les communautés LGBT israéliennes posent de nombreuses questions éthiques et interrogent toutes les traditions religieuses.

Le judaïsme israélien semble avoir choisi une forme de reconnaissance qui se distingue, quand on l’analyse, des revendications quasi mondiales des mouvements homosexuels.

Au fond, Israël applique la même reconnaissance que celle garantie, de jure – de facto ou par défaut – à tout juif qui peut faire son aliyah et directement bénéficier des pleins droits et devoirs de tout citoyen revenant à Sion. En effet, au temps de la Catastrophe, les LG[B]T ont été persécutés, violés, déportés – hommes femmes, enfants, transsexuels – soumis à de nombreuse expériences prétendument médicales, inhumaines, à une exploitation honteuse de leurs corps et de leur esprits.

Ils ont été exterminés dans les camps en raison de leurs tendances. Ceci constitue un cas particulier où la société israélienne applique un devoir de respect, de miséricorde. Il y a encore aujourd’hui, en Israël, des êtres dont la vie a été brisée et, à leur quête déjà si fragilisée d’identité juive constamment déniée, s’étaient ajoutées, pendant la guerre, les humiliations imposées par des comportements moraux. Certains ont donc survécu sans trouver l’équilibre auquel tout être humain à droit.

Cela pose une autre question sur l’actuelle tendance à vouloir tout reconnaître, encore faut-il le faire avec un discernement qui tienne compte de traditions authentiques.  Il faut cependant qu’une société soit capable de conduire ses membres à une vraie cohabitation et à se supporter mutuellement sans que chaque situation ne créé des exclusions claniques ou lobbyistes.

Dans ce contexte, les événements actuels ont conduit à certaines réactions ou constats « bruts ». Voici ce qu’écrivait Daniel Shek, ancien ambassadeur d’Israël en France, le 31 juillet 2015 :

« מה יש בה באדמה הזאת שהיא מגדלת שנאה כה עיוורת? מה יש ביושביה, במנהיגיהם, שמסוגלים לבטל מלבם כל ערך אנושי, למקד את כל הווייתם אל המלחמה הנואלת על רגבי עפר ולהקריב עוד ועוד קורבנות לאלילי השנאות?
/.לא עובדי אלוהים אתם, עובדי אלילים – אלה וגם אלה

Qu’a-t-elle cette terre qu’elle engendre une haine si aveugle? Qu’ont-ils ses habitants, leurs leaders, pour être capables d’effacer toute valeur humaine et se focaliser entièrement sur cette guerre futile autour de ces pierres et offrir des sacrifices sans fin aux divinités de la haine? C’est de l’idolâtrie, rien d’autre. »

Ces mots furent écrits au jour du 15 Av/ט »ו בא = יום האהבה qui correspond à la St. Valentin du judaïsme, mais surtout à la levée de l’interdit de ne pouvoir se marier entre les différentes tribus d’Israël, donc à sortir de l’endogamie, à ne plus considérer les siens « comme étrangers par le sang ».

Le Rav Léon Askénazi (Manitou) aimait rappeler que, même s’ils ont disparu lors de la destruction du Second Temple, les Saducéens, ne croyaient pas à la résurrection, et assuraient le service dans le Temple « mécaniquement ». Il soulignait que cette tendance mentale n’avait pas disparu du paysage cultuel du judaïsme. Il est dangereux de vivre de la conviction que ce qui semble acquis par la naissance ou par une longue histoire – faite de bénédictions comme de persécutions – conférerait une identité « mécaniquement, systématiquement co-naturelle ».

Il n’est pas question de comparer les assassinats commis par tel peuple par rapport à un autre avec les excès criminels de certains juifs, certains « israéliens ». La Mishnah comme les « Maximes des Pères (Avot/אבות, lues précisément jusqu’à Rosh Hashanah 5776) insistent sur la co-responsabilité au sein de la société. C’est la raison simple pour laquelle « amen » ne peut être prononcé sans un quorum minimal. Les prières communautaires comme la vie juive, la vie chrétienne et musulmane sont fondées sur la réalité d’un « corps ou faisceau/אגודה » qui témoigne du salut (eda/עדה = communauté éternelle [ad/עד] et pourtant semblable à un souffle).

Ce péril idolâtre ou saducéen est prégnant de l’air du temps. En Israël, il concerne autant certaines communautés chrétiennes que musulmanes.

Voici peu, Jean-François Colosimo, président de l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris [où j’interviens, habituellement en été, comme spécialiste liturgiste de la tradition chrétienne et talmudique] s’est exprimé ainsi :  « …le mouvement de sécularisation que connaît l’ensemble du continent européen rend la parole théologique incompréhensible ou inaudible. Les torts sont partagés. D’une part, l’Europe, pour reprendre le mot de Chesterton, est plus que jamais «remplie d’idées chrétiennes, mais devenues folles». D’autre part, la théologie a résolument tourné au métier spécialisé, à la technicité érudite, au circuit universitaire. La surdité du monde se conjugue avec le bégaiement de l’institution. De manière anarchique, la superposition postmoderne des discours nuit à la théologie, la relativise, lui confère un air de déjà-vu. (…) C’est sur le naître, le vivre, le mourir que les attendent leurs contemporains. Ou, pour le dire en une formule, sur la notion d’humanité à la fois historique et transcendante. Pour tenir ensemble la vérité et l’espérance, il faut oser la prophétie, se ruer dans la brèche, risquer le vide. Une théologie qui ne nourrit pas les pauvres, qu’ils soient de chair ou d’esprit, est une ruse de l’idolâtrie » (Orthodoxnews.ro, 30 juin 2015).

Ces propos s’appliquent aussi à la manière dont une spiritualité sclérosée est enseignée et perçue dans les différents mouvements religieux du Proche-Orient, de Jérusalem et d’Israël. Il faut effectivement oser la prophétie. Celle-ci n’est pas un savoir fossilisé. C’est un mouvement de vie et Israël est, à cet égard, un laboratoire exceptionnel de ressourcement, de rencontres, de possibles convivialités.

« Que soit béni, célébré, glorifié, exalté, élevé, honoré, magnifié et loué le Nom du Saint, Béni soit-Il, au-dessus (et bien au-delà, de toute bénédiction, cantique, louange et consolation qui sont prononcés dans le monde et dites : Amen. \ יתברך וישתבח ויתרומם ויתנשא ויתהדר ויתעלה ויתהלל שמה דקודשא בריך הוא לעילא (ולעילא) מן כל ברכתא ושירתט ותשבחתא ונחמתא דאמירן בעולמו ואמרי אמן.

[1] A titre indicatif, je n’ai plus aujourd’hui de parenté directe, les miens ayant tous été exterminés pendant la seconde guerre mondiale. Il doit y avoir des collatéraux en raison des deux noms que je porte mais sans liens connus. La prière et la mémoire impliquent d’aller de l’avant.