Partons de deux postulats :
1. L’islamo-gauchisme est le fait de jouer le communautarisme musulman pour gagner des élections.
2. L’antisémitisme de gauche est le fait de s’attaquer aux juifs ou à Israël afin de s’attirer la sympathie de l’électorat musulman.

Mathématiquement, l’antisémitisme de gauche est donc un sous-ensemble de l’islamo-gauchisme. Ce qui signifie qu’il est possible de faire de l’islamo-gauchisme sans pour autant tomber dans l’antisémitisme de gauche, en revanche la réciproque est fausse.

On peut en déduire qu’il existe une frontière, une ligne rouge, entre les deux et qu’avant de tomber dans l’antisémitisme de gauche on passe vraisemblablement par une phase d’islamo-gauchisme.

Afin de démontrer cette théorie, passons à des exercices pratiques :

On sait désormais que le parti travailliste de Jeremy Corbyn a franchi la ligne rouge.
Corbyn a sans doute commencé par faire des promesses : une mosquée, une école coranique. Comme ça ne suffisait pas, il a peut-être fait des cadeaux : une zone sharia compatible, un tribunal islamique, des burqas en tweed pour ses amis de la mosquée Finsbury.

Puis, comme ça ne suffisait pas, il a probablement été obligé de condamner Charlie Hebdo. Et, comme ça ne suffisait toujours pas, il est allé se recueillir sur la tombe des terroristes palestiniens.
CQFD ! , après une période d’islamo-gauchisme, Jérémy Corbyn est tombé dans l’antisémitisme de gauche entraînant mécaniquement avec lui tout son parti.

Qu’en est-il en France ?

Quand Benoît Hamon, candidat du Parti Socialiste à l’élection présidentielle, veut reconnaître un état palestinien dans le but de « récupérer l’électorat des banlieues et des quartiers » (sic), il fait de l’islamo-gauchisme ou de l’antisémitisme de gauche ?
On dira qu’il fait de l’islamo-gauchisme mais qu’il flirte avec l’antisémitisme de gauche. Il en a d’ailleurs conscience puisque dans le même temps il affirme que « la création d’un État palestinien est la meilleure garantie possible pour la sécurité de l’État d’Israël. »

Premièrement, il n’en sait rien, un retrait israélien peut conduire à un Gaza II, quel que soit l’accord conclu.
Deuxièmement, il n’assume pas de flirter avec l’antisémitisme de gauche alors il prétend que la création d’un État palestinien est de l’intérêt des israéliens.

Son double discours n’aura pas convaincu les électeurs musulmans. Il termine seulement troisième du vote communautaire à 17%, derrière Macron à 24% et surtout 20 points derrière Jean-Luc Mélenchon qui réalise un score de 37%. Méchenchon a su se montrer beaucoup plus incisif pendant la campagne en appelant, en plus, à des sanctions contre Israël et à la légalisation du mouvement BDS.

Hamon n’a pas donné de garanties d’antisémitisme de gauche suffisantes à son électorat, ce qui l’oblige à la surenchère ; quelques mois plus tard, sur RTL, il regrette l’absence de morts côté israélien à Gaza. Pour rester dans l’échiquier politique, il franchit à son tour la ligne rouge.
CQFD !