La crise des migrants éveille la compassion et suscite l’urgence de porter secours à ceux qui sont dans le besoin et la détresse. Les réfugiés syriens, érythréens, soudanais, sont des victimes de la guerre.

Ils cherchent l’asile et la protection sous des cieux plus cléments. Mais leurs parcours très divers déchainent les polémiques et posent des questions réelles. Qui est responsable ? Quelle est la succession des événements qui les ont amenés dans cette situation ?

Pendant que certains souhaitent ouvrir leurs bras et leurs portes à ces malheureux, d’autres pointent le refus de nombre d’entre eux de laisser vérifier leur identité et leur nationalité, la présence d’hommes jeunes en surnombre, leur présence dans des pays sûrs avant qu’ils échouent sur les côtes de l’Europe ou prennent d’assaut les trains en Hongrie ou en Autriche. Malheureusement, rien ne peut faire l’objet d’une analyse des faits et des causes, ni même d’une discussion sereine entre les uns et les autres.

De plus, l’émotion qui nourrit la compassion, générée le plus souvent par des images elles-mêmes sélectionnées pour susciter l’émotion n’est pas questionnée. Elle doit fonder le droit, la morale et même la politique, comme l’ont montré les réactions affolées d’une partie des gouvernements européens, les plus soumis à l’emprise médiatique.

Enfin, il faut voir que dans toutes les polémiques qui nous agitent autour de cette question des réfugiés, il n’est pas toujours fait mention de leur confession, comme s’il s’agissait simplement de réfugiés comme les autres.

Depuis la deuxième guerre mondiale, ils ont été des millions à chercher refuge dans d’autres cieux, loin de leur terre natale : des millions d’allemands chassés de leurs terres ancestrales de l’Europe de l’Est, français d’Algérie, juifs des pays arabes, populations échangées entre l’Inde et le Pakistan….Aujourd’hui, il s’agit surtout de réfugiés musulmans qui éveillent dans les populations européennes la peur d’une submersion ou d’une subversion par une religion considérée comme à la fois conquérante et revendicatrice.

Les vraies questions sont là, même si elles sont tues, et il faudra bien en débattre, un jour ou l’autre, avec toute la raison dont nous sommes capables. Si cela restait impossible et remplacé par la violence des stigmatisations réciproques, la ruine de notre vie démocratique nous conduira inévitablement, à une forme ou l’autre de totalitarisme.