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La question du pacifisme ou le boycott dans l’Art

Des manifestants réclamant le boycott d'Israël lors des Jeux olympiques rassemblés devant le siège du comité d'organisation des Jeux olympiques de Paris, à Saint-Denis, le 30 avril 2024. (Crédit : Alexander Turnbull/AP Photo)
Des manifestants réclamant le boycott d'Israël lors des Jeux olympiques rassemblés devant le siège du comité d'organisation des Jeux olympiques de Paris, à Saint-Denis, le 30 avril 2024. (Crédit : Alexander Turnbull/AP Photo)

Ou pour le dire autrement : est-ce que le boycott des artistes israéliens ou des artistes juifs est une méthode de protestation pacifiste ? Évidemment, et vous me connaissez maintenant, je vous dirai que non, mais comment argumenter ma position ?

Le premier point serait de développer une réflexion autour de la finalité de l’art et de montrer pourquoi le « pacifisme » que revendiquent les boycotteurs contredit, à mon sens, ce pourquoi l’art se revendique en tant que tel. Le second point serait de dire que les méthodes employées ne sont pas pacifistes du tout puisqu’elles ont provoqué des scènes parfois à la limite de la violence, pour entrer dans une violence assumée qui a abouti à l’interruption du concert de Barbara Butch : « La DJ queer a dû interrompre sa performance samedi 18 juillet au Cabaret frappé sous les huées et les projectiles : déjà ciblée par l’extrême droite, elle est désormais harcelée par des militants LFI et propalestiniens »[1]. Et un troisième point est que le boycott prive les artistes de revenus dont ils ont besoin pour vivre ; c’est une guerre économique. Et bien sûr, le quatrième point est que l’idéologie sous-jacente au boycott est une idéologie de la haine puisqu’elle est la continuation par d’autres moyens de pression de la guerre que mènent l’Iran et ses proxys contre l’État d’Israël et contre les Juifs.

La DJ et directrice artistique française Barbara Butch posant lors d’une séance photo, à Paris, le 5 mars 2026. (Crédit : Joel Saget/AFP)

Reprenons donc quelques moments clés de notre histoire récente qui nous ont mené à une situation critique pour les artistes israéliens, ou pour les artistes juifs travaillant en France. « Après la marche contre l’antisémitisme, qui a rassemblé plus de 180.000 personnes dans toute la France dimanche 12 novembre 2023, le monde de la culture appelle à défiler cette fois-ci pour la paix au Proche-Orient. »[2] …  « Depuis le 7 octobre 2023, l’horreur et la souffrance déchirent Palestiniens et Israéliens selon une mathématique monstrueuse qui dure déjà depuis longtemps. Cette guerre fratricide nous touche toutes et tous, et peu importe nos raisons ou affinités de part et d’autre du mur, nous souhaitons qu’elle cesse immédiatement et que les deux peuples puissent enfin vivre en paix »[3], écrit le collectif qui réunit 500 personnalités. « À cette injonction de choisir un camp à détester, il est urgent de faire entendre une autre voix : celle de l’union »[4], dit-il. « La voix de l’union, c’est la voix multiple, polyphonique, vivante, c’est la preuve du lien si puissant qui existe en France entre les citoyens juifs, musulmans, chrétiens, athées et agnostiques. »[5] La marche silencieuse vient ici dire une évidence, celle de la nécessité de faire la paix ; dans le camp démocratique, nous voulons tous la paix, mais ici, et dans ce conflit qui dure depuis près de trois ans, ou plutôt depuis plus de 100 ans, la violence a atteint des extrêmes jamais pensés, une barbarie que nous avons vu à l’œuvre, en Israël, en Iran, et partout dans le monde et qui continue de menacer nos vies, et nos fondements sociétaux. Cette violence a tout emporté sur son passage, la quiétude n’existe plus. L’union reste possible parmi les personnes raisonnables, mais la raison est défiée par la folie meurtrière depuis le 7 octobre 2023.

Donc, toutes les personnes raisonnables auraient aimé participer à cette marche silencieuse, cependant elle exprime une forme de naïveté et peut-être même révèle-t-elle l’ignorance quant à la volonté affichée, scandée, manifestée de l’Iran et de ses proxys de « rayer Israël de la carte » et de « tuer les Juifs ». Comme si, aujourd’hui, il était possible de faire une éclipse sur les propos haineux et sur les méthodes du palestinisme[6] pour tenter d’anéantir notre peuple. Alors c’est une idéologie, évidemment, mais c’est une idéologie dont les sympathisants agissent jour et nuit pour nuire à nos vies et à nos descendances, au lieu de combattre l’idéologie totalitaire qui maintient le monde islamique dans un espace de non-liberté, par des méthodes violentes qui contraignent aussi toute voie dissidente. Il me semble, qu’ici la neutralité n’est plus envisageable, d’autant que le monde de l’art et de la culture a basculé pour beaucoup dans la stigmatisation : alors que la neutralité de la marche silencieuse se voulait pacifiste, aujourd’hui le boycott se dit aussi pacifiste.

Mais que signifie le pacifisme ? Je vais reprendre une citation de Giuseppe Merrone dans son article : « Léon Tolstoï (1828-1910) : la paix comme objectif, la non-violence comme action »[7] : « Aimer son ennemi suppose en effet de le comprendre, au sens de la sociologie de Max Weber : il s’agit d’appréhender les intentions et les actions de l’autre dans le contexte qui est le sien. Il faut partir de là pour dépasser le conflit et pour espérer partager des valeurs communes, voire, plus trivialement, pour générer des intérêts réciproques à la coopération, à la paix, au respect du droit international et à l’accueil de l’autre. Il faut entendre ce que cet autre a à dire sur ces mêmes sujets. Chercher à imposer la paix par la force – proposition qui prospère de nos jours – nous éloigne de la possibilité du partage et nous engouffre dans l’entonnoir du mensonge politique qui fait passer l’usage de la force et de la violence comme nécessité impérative. Le rejet de cet impératif éclaire la centralité de la non-violence dans l’œuvre de l’écrivain russe ».

A mon sens, il y a plusieurs écueils à opposer au pacifisme par la bonté que défend Tolstoï.

Le processus d’Oslo s’est basé sur cette injonction de l’écoute et de l’échange en vue d’obtenir un compromis entre les parties, mais il n’y a pas eu d’accord final même si en 2000 avec Ehoud Barak et en 2008 avec Ehoud Olmert des tentatives de compromis ont eu lieu d’abord avec Yasser Arafat, puis avec Mahmoud Abbas. Ces tentatives ont engendré des années de violences avec la seconde Intifada (dès la fin des négociations entre Barak et Arafat en 2000), justement parce que le Hamas et les autres groupuscules islamistes ne voulaient pas d’un accord : leur politique est de prôner la destruction de l’État d’Israël, ils ont donc multiplié les attentats contre des personnes civiles, tout comme Arafat l’avait initié à la fin des années 1960, et tout comme il a laissé faire en 2000.

La volonté des Israéliens s’est heurtée à l’intransigeance du palestinisme, et s’il y a eu le 7-Octobre, ce fut aussi pour contrer le dialogue entre l’Arabie Saoudite et Israël. Donc, on voit que la volonté d’aboutir à des accords pour ériger un monde non violent, a provoqué une nouvelle configuration que nous Occidentaux avons du mal à comprendre. La barbarie est devenue une arme de guerre, et ceux qui se réclament encore du pacifisme sont-ils prêts à accepter plutôt l’islamisme que le combat contre l’islamisme, comme les pacifistes qui disaient « Hitler plutôt que la guerre ». « Mais beaucoup de ces positions sont devenues caduques après la Seconde Guerre mondiale, car ce pacifisme, qui mettait la vie au-dessus de tout, ne savait pas de quoi il parlait ; ceux qui pensaient ou qui disaient « Hitler plutôt que la guerre » ne savaient pas ce qu’était Hitler : la plupart se sont rendu compte que n’importe quelle vie n’était pas acceptable parce que cela impliquait la barbarie, le camp de concentration ou le génocide »[8].

Avoir ce réflexe de penser que l’islamisme, ou même, l’islam, vaut mieux que la guerre défensive pour sauver nos démocraties, est une impasse, un suicide, un non-sens et un refus d’analyser l’extrême barbarie qui en découle comme une ligne rouge. Tolstoï, est décédé en 1910, et a vécu avant l’apparition et la montée en puissance de ces idéologies destructrices dont les sympathisants ne mènent pas une guerre classique : armée contre armée, mais une guerre où les civils, femmes et enfants compris sont les premières victimes. Qui plus est, le plus souvent, les victimes visées sont juives ou israéliennes, ou les deux. Devons-nous accepter de mourir par évangélisme puisque les attaques du palestinisme ne s’arrêtent pas malgré l’affaiblissement de l’Iran et de ses proxys ? Le boycott est justement la continuation de la guerre par d’autres moyens, c’est une guerre idéologique qui a comme finalité, non pas l’établissement d’un processus de reconnaissance de l’autre, mais sa négation ; le boycott des artistes aboutit à l’impossibilité pour les artistes de se produire en toute liberté. On est passé du mensonge absolu, Israël génocidaire, apartheid et famine, à la volonté de restreindre nos libertés et nos espaces d’échanges.

Ce climat de haine et de censure est orchestré principalement par le BDS, qui rend des comptes à Ramallah, en d’autres termes à l’Autorité palestinienne, citons Libération[9] :  « Ce chercheur en biophysique de 57 ans [Emmanuel Dror, qui a renoncé à la nationalité israélienne] et militant depuis dix-sept ans au BDS, auteur de l’essai la Fierté de Gaza (Terres de feu, 2025), a cofondé en septembre 2025, avec une douzaine d’autres militants, le Fracbi, l’instance qui, en France, supervise le boycott culturel, universitaire et sportif. Ce comité de pilotage, explique-t-il, coordonne les actions d’une vingtaine de collectifs, en France, et s’en réfère toujours à la « maison mère » à Ramallah, le Pacbi. Trois volets d’actions les occupent : dissuader les artistes français de se produire en Israël ; surveiller les sponsors des institutions culturelles ; animer les débats autour de la politique de circulation des œuvres ». Là encore, personne ne relève le scandale, l’autorité palestinienne chapote les campagnes de boycott, quelle ingérence dans notre vie culturelle ! Alors que l’Autorité palestinienne finance les terroristes et les familles des terroristes, et que l’Autorité palestinienne bénéficie de financements internationaux considérables qui se chiffrent en milliards depuis les Accords d’Oslo, avec en tête, l’Europe et les États-Unis. Au lieu d’agir pour le bien-être de sa population, Mahmoud Abbas qui n’a même pas répondu à l’appel d’Ehud Olmert pour un accord en 2008, entraîne nos pays dans des querelles parfois très violentes à propos de ce qui faisait justement notre richesse. « L’AFPS a, de son côté, revendiqué une « victoire ». « L’appel au boycott a fonctionné, le concert est annulé », s’est félicitée l’association sur Instagram. Soutenue localement par La France insoumise (LFI), elle demandait à La Lune des pirates de retirer Barbara Butch de la programmation »[10]. L’Association France Palestine Solidarité est bien sûr alignée sur le mouvement BDS.

« Omar Barghouti, fondateur du mouvement anti-Israël Boycott [en 2005], Désinvestissement et Sanctions (BDS), a déclaré lundi dans une interview au Gazan Voice que ses objectifs seraient atteints lorsqu’Israël cesserait d’exister ». « Il n’y aura plus d’État sioniste en tant que tel, comme celui qui existe actuellement », a mis en garde M. Barghouti. « La minorité palestinienne deviendra la majorité palestinienne, les Palestiniens vivront dans le pays qu’on appelle aujourd’hui ‘Israël », a ajouté le fondateur du mouvement BDS. « Quand les réfugiés palestiniens retourneront chez eux, comme le demande le mouvement BDS, quand nous mettrons fin au régime d’apartheid d’Israël et à l’occupation des territoires palestiniens, dont Jérusalem, il ne restera plus rien du régime sioniste. »[11]

Omar Barghouti donne une interview dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 10 mai 2016. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Il faut relire l’article de Laurent Joffrin paru en 2015 dans Libération[12] qui met en garde contre les menaces du BDS, il conclut ainsi son article : « En se donnant pour objectif final la transformation de l’Etat d’Israël en un autre Etat où les juifs seraient minoritaires – beaucoup y voient une disparition pure et simple dudit Etat – le fondateur de BDS rejoint, sous les atours d’une action légale et pacifique, les mouvements les plus extrémistes. Ainsi beaucoup de militants sincères, qui croient lutter pour le droit international, risquent de se retrouver instrumentalisés au profit d’une entreprise extrêmement douteuse ». Son argument est le suivant : « Comment les juifs qui ont souvent fui les pays musulmans par peur des discriminations, qui entendent chaque jour des extrémistes musulmans se répandre en imprécations antisémites, qui observent le sort réservé aux minorités non-musulmanes dans les pays où l’islamisme sévit, pourraient-ils accepter cette perspective, alors que le mouvement palestinien, à Gaza par exemple, comprend une composante islamiste puissante ? »

Aujourd’hui, ce sont 11 États européens dont la France plus le Canada qui imposent des sanctions donc un boycott sur les produits venant de Judée-Samarie. Alors, ici, on ne parle pas des artistes, mais du fait qu’en affaiblissant l’économie de cette région, on porte aussi atteinte aux Palestiniens. Tout cela pour sauvegarder la solution à deux États dont les Palestiniens ne veulent pas, et n’ont jamais voulu[13].

L’esquive du pacifisme est profondément problématique car l’idéologie derrière tout cela est devenue une marchandise qui permet aux politiques de poser un écran sur les défaillances de leur gouvernement, et qui leur permet de gagner des voix ou de s’acheter une paix sociale toute relative, et pour les propalestiniens et les associations c’est une manne financière très importante qui évidemment, ne libère pas les Palestiniens du palestinisme[14]. Les gouvernants n’ont plus de boussole morale, et les Palestiniens se posent en victimes absolues mais aussi en enfants-rois. Jusqu’en 2020, le boycott était interdit en France mais en 2020, l’arrêt Baldassi de la Cour européenne a condamné la France, et la France, depuis, s’aligne sur cette jurisprudence. Le Code pénal de la France s’appuyait sur deux textes pour condamner le boycott :

  • L’entrave à l’activité économique : L’article 225-2 du Code pénal punit le fait d’entraver l’exercice normal d’une activité économique en raison de l’appartenance à une nation ou une ethnie.
  • La loi sur la liberté de la presse (1881) : L’article 24 punit la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence.

La Cour européenne a statué :

  • L’appel au boycott pour des motifs politiques relève de la liberté d’expression (protégée par l’article 10 de la Convention européenne).
  • Elle a précisé qu’un appel au boycott motivé par une contestation de la politique d’un État s’inscrit dans un débat d’intérêt général.

Ici, l’appel au boycott, qui aboutit parfois à des actions violentes, ou à des actions menaçantes, limite la liberté d’expression des artistes incriminés justement en raison de l’appartenance à une ethnie ou à une nation (ne soyons pas naïfs face à l’hypocrisie des arguments des boycotteurs) et le « débat » devient un outil de propagande qui accuse des Juifs ou des Israéliens pour ce qu’ils sont. Les débats sur la loi Yadan n’ont toujours pas eu lieu à l’Assemblée et Barbara Butch a été boycottée pour avoir pris part au débat justement. Dans une démocratie, nous n’avons même plus le droit de défendre une proposition de loi sous peine de devenir l’objet de la pire lâcheté. Où est notre démocratie ? Et pourquoi les mots de Tania de Montaigne à propos d’Adèle Haenel du 13 septembre 2026 ne s’appliqueraient pas à nos artistes : « La liberté d’expression est une condition de la démocratie, la censure un des raccourcis de la tyrannie » [ … ] « Le défi démocratique qui nous est donc lancé, c’est de continuer à préférer la liberté d’expression à la censure, préférer le risque de l’autre plutôt que son effacement »[15]. La palme d’or du film NAZA à la Mostra de Venise montre bien qu’il existe un espace pour des accusations de la plus grande gravité vis-à-vis d’Israël[16]. Mais n’oublions pas non plus que les regards critiques vis-à-vis de l’islamisme sont eux sous menaces de mort et sous protection policière.

Adèle Haenel dans « La Grande Librairie ». (Capture d’écran)

Alors, pourquoi cette tolérance face à l’insoutenable et face à ce terrorisme culturel ? On marche sur les morts au lieu de sauver la planète. Montrer de l’empathie est certes important, mais aujourd’hui ne faut-il pas aussi agir pour sauver notre monde ? Et donc, nécessairement choisir un camp, celui de la tolérance comme l’explique Jean Quatremer dans Marianne[17] : « Cette intolérance existe hélas parmi les intellectuels : une prix Nobel de littérature, Annie Ernaux, a ainsi signé une tribune justifiant les violences visant à empêcher l’artiste Barbara Butch de se produire sur scène. Elle existe dans les milieux artistiques : combien de stars de cinéma ou du show-business françaises, européennes, américaines soutiennent le boycott de gens qui ne pensent pas comme eux ? ». Jean Quatremer se définit comme juif et sioniste depuis le 7 octobre 2023[18], et vient de quitter Libération, il s’explique en disant, pour faire court que l’islamo-gauchiste est devenu un islamo-fascisme, où la gauche est devenue inquisitrice, alors qu’elle a pu, en son temps être libératrice.

Ainsi, à l’opposé de ses postures, il y a l’initiative de Marc Maïdenberg qui porte un message clair lié au vivre-ensemble, et qui va conduire de grands musiciens français à participer à trois concerts communs avec la Philharmonique d’Israël, à Tel-Aviv[19], à Jérusalem[20] et à Kfar Blum[21]. Le concert de la Philharmonique d’Israël, en novembre 2025 à Paris, avait été perturbé et interrompu trois fois par une dizaine d’activistes propalestiniens armés de fumigènes, après des appels au boycott, mais le concert avait été joué jusqu’à la dernière note. C’est le site d’information Mediapart et le syndicat CGT qui avaient appelé à empêcher l’Orchestre philharmonique d’Israël et son chef d’orchestre de venir se produire à Paris. Daniel Verdier et Marc Maïdenberg avaient alors rédigé une lettre contre ce boycott, qui a été signée par 22 000 personnes en 48 heures. Cette solidarité et cette alliance entre artistes représentent à mon sens l’essence même de l’art, car malgré le tumulte et la violence de la guerre, l’art se doit de créer des ponts. Ceux qui veulent bâillonner des artistes entretiennent et font déferler un climat de haine et de violence, ils sont liberticides et empêchent toute transmission qui relève de la vérité, de la liberté et de la justice, ils empêchent tout dialogue alors que le monde est toujours à construire au-delà des contradictions et des conflits. Ils font de l’art un sujet politique, alors que l’art porte l’avenir au-delà du politique, il ouvre des perspectives de pensée inédites et permet l’alternative face aux dérives de notre temps.

Pour conclure, l’on pourrait dans un premier temps faire un raisonnement par l’absurde :

Les artistes arabes menacent ou quittent des événements culturels à cause de la présence d’artistes juifs ou/et Israéliens qui seraient complices de « l’entité sioniste », et provoquent parfois le renoncement de ces artistes comme au Portugal[22] ou à Marseille[23] car les organisateurs cèdent à la pression tout comme certaines mairies. Mais, avec ce raisonnement, les artistes arabes ne sont-ils pas aussi complices des sévices subis par les femmes en Afghanistan au nom de l’Islam, de la barbarie de l’Iran au nom de l’Islam, de l’emprisonnement en Algérie de l’écrivain Boualem Sansal, et du 7–Octobre, et de tant d’autres crimes ? Ils se posent en victimes éternelles et absolues, et bien sûr en victimes éternelles d’Israël au lieu de regarder dans le miroir leur propre désolation et l’impasse que représente le totalitarisme dans leur pays, ce totalitarisme qui s’importe sous nos fenêtres. Comment rester respectueux du Droit International, des Droits de l’Homme et des Droits de la femme et de l’enfant, quand nos ennemis balaient chaque seconde ce que l’Occident a mis des millénaires à construire ? C’est le défi du XXIe siècle, c’est ici que le combat doit être mené et c’est la vocation de l’artiste, au premier chef, de défendre la liberté et de porter la voix de la tolérance. Alors, réveillez-vous et boycottons ces porte-voix de l’intolérance !

Un autre chemin pourrait être pris en saluant Tolstoï : décrétons une journée de la paix, où toute violence serait bannie, un cessez-le-feu mondial où chacun pourrait à nouveau dialoguer avec Autrui !

Pour sortir de l’impasse et de nos cauchemars, est-il encore permis de rêver ? De rêver un rêve d’artiste ? 

[1] Interview de Barbara Butch : « L’antisémitisme a pris un autre visage », Libération, 21 juillet 2026.

[2] Publié le 14 novembre 2023, https://www.rtl.fr/culture/arts-spectacles/conflit-hamas-israel-500-artistes-appellent-a-une-marche-silencieuse-dimanche-19-novembre-a-paris-7900320268

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Ibid.

[6] « Et pendant ce temps, l’offensive palestiniste avance masquée : cheval de Troie du totalitarisme islamiste, elle vise la destruction de la République ». Nous pourrions ajouter qu’elle vise aussi la destruction de l’État d’Israël. Courte phrase publiée dans la newsletter du 27 septembre 2026 d’Agir Ensemble à l’occasion de la sortie du livre : État de Palestine : Solution ou Illusion d’Arié Bensemhoun, David Reinharc Édition, 2026.

[7] ARTHEBDOMEDIA, 29 décembre 2025, https://www.artshebdomedias.com/article/leon-tolstoi-la-paix-comme-objectif-la-non-violence-comme-action/

[8] Ibid.

[9] 7 juillet 2026, https://www.liberation.fr/culture/diabolise-ou-promu-le-boycott-disrael-enflamme-la-vie-culturelle-francaise-20260707_LYFXVYHRERELPH4465Y5V6OZFA/

[10] Le Monde, 9 septembre 2026, https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/09/09/un-concert-de-barbara-butch-annule-a-amiens-l-association-france-palestine-solidarite-crie-victoire_6768931_3246.html

[11] I24NEWS, 2 juin 2020, https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/1591083127-l-objectif-du-bds-est-la-fin-du-regime-sioniste-fondateur

[12] 14 août 2015, https://www.liberation.fr/planete/2015/08/14/bds-dessous-d-un-boycott_1363643/

[13] Dès 1937, la commission Peel propose la solution a 2 États, refusée par la partie arabe.

[14] Pour comprendre le palestinisme, lire cet article incroyable : « De la fiction victimaire à la réalité génocidaire : l’argumentation du palestinisme », par Jean Szlamowicz, 13 mars 2025, Revue politique et parlementaire, https://www.revuepolitique.fr/de-la-fiction-victimaire-a-la-realite-genocidaire-largumentation-du-palestinisme/

[15] https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/avec-ou-contre-adele-haenel-prendre-le-risque-de-lautre-par-tania-de-montaigne-20260913_75QLOQ5OUNCT7KYBFQ5EVLXO6U/?redirected=5301

[16] N’ayant pas encore vu le film, je me garderai pour l’instant de tout autre commentaire.

[17] Jean Quatremer : « À bas l’intolérance, vive la contradiction ! », 3 septembre 2026, https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/jean-quatremer-a-bas-l-intolerance-vive-la-contradiction

[18] Podcast Mosaïque avec Antoine Mercier : « La vérité sur mon départ de « Libération » par Jean Quatremer, sur You Tube, septembre 2026.

[19] The Ted And Arison Israel Conservatory Of Music, Tel-Aviv, 8 octobre 2026 à 19h30. https://www.icm.org.il/event/france-israel/

[20] The Jerusalem Music Center (JMC), Jérusalem, 9 octobre 2026, 12h00.

[21] The Clore Centre for Music and Dance, Kfar Blum, 12 octobre 2026, 19h00.

[22] https://fr.euronews.com/culture/2026/09/07/boycott-des-artistes-portugais-annulent-des-spectacles-dans-un-festival-avec-seinfeld

[23] https://www.liberation.fr/culture/diabolise-ou-promu-le-boycott-disrael-enflamme-la-vie-culturelle-francaise-20260707_LYFXVYHRERELPH4465Y5V6OZFA/

à propos de l'auteur
Danielle est docteur en Histoire et Civilisation de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), et a obtenu un Diplôme Universitaire en Suicidologie : "Comprendre, évaluer et prévenir le risque suicidaire chez l'adolescent et l'adulte", à la Faculté de Médecine, Paris Descartes. Elle est aussi artiste digitale, et photographe professionnelle. Elle réalise actuellement des recherches approfondies sur la place des images dans les conflits contemporains, et a publié en juin 2026 un livre d'art intitulé: "7 octobre 2023, Le Réveil de l'Aube".
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