En 2000, à la suite de la mort de son père, le parti au pouvoir prépare la scène politique à accueillir Bachar Al Assad. L’âge d’accession au pouvoir est d’ailleurs baissé à 34, âge exact de Bachar en 2000.

Il est à noter que ce dernier s’est retrouvé sur le devant de scène notamment à cause de la mort de son frère ainé à qui était destiné le siège de son père.

Bachar Al Assad promet un changement, un nouveau souffle pour le pays. Il arrive à la présidence dans un contexte économique peu favorable.

La croissance économique oscille toujours autour de 0 % (0.1 %).

En ce sens, le budget voté en 2001 promet de rompre avec l’austérité pratiquée depuis 1985. Il y est question de favoriser les investissements publics, l’investissement étranger est quant à lui incité par la baisse des tarifs douaniers sur les matières premières, les premiers concernés par cette mesure sont les pays du Golfe, qui sont les plus gros pourvoyeurs de capitaux étrangers en Syrie, fonds qui sont orientés vers les secteurs du tourisme et de la finance; l’ouverture de banques privées est également discutée ainsi que l’implantation d’une bourse de valeurs.

D’un point de vue politique, Bachar Al Assad vise l’ouverture tant et aussi longtemps que cette dernière est compatible avec la sécurité et la stabilité du pays. Au niveau de la politique extérieure, l’opposition entre la Syrie et Israël est toujours omniprésente.

En 2001, la croissance économique frôle les 3.5 %, l’inflation baisse à
1 %, mais le taux de chômage reste élevé et le marché du travail a du mal à absorber les nouveaux actifs.

La libéralisation économique commence à se concrétiser avec la création d’un secteur bancaire privé en 2002.

En 2004, on compte d’ailleurs 7 établissements bancaires privés et 2 banques islamiques en 2007.

La présence américaine dans l’Irak voisine relance l’activité économique du pays, via les échanges commerciaux notamment. De plus, les réfugiés en provenance d’Irak, ayant un pouvoir d’achat supérieur aux Syriens, ont contribué à la hausse des prix et développer le marché immobilier.

En 2004, la campagne antiterroriste américaine débute et dans ce cadre, la Syrie intègre la liste des États voyous.

Le pays serait soupçonné de soutenir le terrorisme, notamment en finançant le Hezbollah au Liban. D’ailleurs, un an plus tard, la Syrie retire ses derniers hommes du Liban mettant ainsi fin à une présence de 29 ans…

Sur le plan de la modernisation économique, des compagnies d’assurances privées viennent s’ajouter à la présence des banques privées. Le taux de chômage explose toujours variant entre 25 % et
30 %.

En réponse à la situation économique initiée en 2005, le 10e plan quinquennal qui a pour cible de faire de la Syrie une <em>« économie sociale de marché ».</em>

Ce dernier, financé par le secteur privé, a pour objectif de combler le retard économique de la Syrie. Le plan a pour mérite de relancer la croissance économique du pays à partir de 2005 (4.5 %) toutefois le problème du chômage n’a toujours pas trouvé de solution.

L’économie syrienne reste fortement corrélée au cours du pétrole. En 2007, 48.9 % des recettes budgétaires domestiques émanent de l’économie du pétrole. <em> « Un peu moins d’un tiers des exportations toujours pour la même année et deux tiers des exportations » </em>sont dépendantes du pétrole.

En 2007 toujours, la Syrie devient importatrice nette d’or noir et de ses produits raffinés. La balance commerciale en sort donc touchée. Une réforme fiscale est également engagée. Cette dernière consiste en la suppression des taxes désuètes et de la double taxation qui était encore pratiquée.

Toutes ces mises en place de politiques économiques, axées sur le marché n’ont pas tenu compte des défis sociaux.

Bachar Al Assad en arrivant au pouvoir a voulu donner une nouvelle dynamique économique et politique à la République Arabe Syrienne.

Les premières années suivant son accession au pouvoir ont été caractérisées par des réformes et promesses, celles-ci ont en théorie étaient instaurées. Toutefois, en pratique, le fils est vite tombé dans les travers de son père, dirigeant le pays d’une main de fer.

Les retombées positives des diverses politiques engagées n’ont pu permettre à la Syrie de sérieusement se lancer sur la voie du développement. Ceci s’explique notamment par une mauvaise distribution des richesses.

Les taux de chômage consécutifs attestent d’une population jeune, majoritairement au chômage, d’un taux de pauvreté qui ne cesse d’augmenter ainsi que de taux de croissance annuels insuffisants pour répondre aux objectifs du développement.

D’un point de vue politique, il est intéressant de relever que Bachar, dans la lignée de son père, met en œuvre des efforts en vue de permettre à la Syrie d’exercer une influence sur le Moyen-Orient. Ceci vient rejoindre l’objectif premier du parti au pouvoir, à savoir une unité arabe pour retrouver de la grandeur.

Le climat social a donc petit à petit dégénéré jusqu’à ce que les jeunes prennent la rue et débutent les contestations.

La mauvaise répartition des richesses, l’impossibilité de trouver du travail, la mainmise de la classe économique sur la Syrie sont autant de raisons qui ont mené en mars 2011 au début des révoltes et qui trois ans plus tard se sont transformées en désastre social, qui a accouché d’une guerre civile internationalisée.

C’est ce à quoi le prochain billet traitera. La guerre et ses conséquences, puis comment ces dernières laissent-elles entrevoir le futur d’un des plus grands pays de la civilisation arabe ?

<em>(Merci Avin, Berisha, Mohamed et Mehdi)</em>