Mon article précédent a généré de nombreux et souvent très intéressants commentaires, sur Times of Israel comme sur Facebook ou même lors de discussions face à face. Certains ont souhaité nuancé des points que j’avançais, d’autres souligner des choses dont j’aurais pu parler.

Il y a cependant quelque chose que je n’ai pas évoqué et qui, sans être nécessaire à la réussite de l’intégration, est à mon avis vital aussi bien pour les olim que pour l’ensemble du pays – je veux parler de la nécessité d’adhérer à un parti.

Il fut un temps, heureusement lointain, où il était effectivement plus que recommandé d’être membre du « Mapai » (l’ancêtre du parti travailliste), si vous souhaitiez obtenir un emploi dans certains domaines, voire même une simple promotion. Cette période sombre a heureusement pris fin avec la victoire du Likoud en 1977. Ce n’est donc pas de cela dont il s’agit.

Comme tout le monde le sait, la politique israélienne est violente, féroce, sans pitié, complexe, émotionnelle, tribale, instable, amorale, et ça c’est dans les bons jours. Les hommes politiques sont obsédés par leurs intérêts personnels et avant tout leur réélection, ils pensent rarement au bien commun, ou le confondent avec le leur, tandis que les lobbies et les syndicats contrôlent la législation et protègent leurs intérêts corporatistes.

Dans ce contexte, une grande partie des gens on développé un réel cynisme envers la politique, voire du dégout, et ne souhaitent rien avoir aucun contact avec toute cette corruption. Ils ont tort. Ne rien faire c’est laisser la voie libre aux gens sans scrupules et tous ceux qui veulent vous nuire.

Or, il existe une façon relativement aisée et peu couteuse d’influencer la direction politique du pays et de mettre en avant ceux qui servent vraiment le bien général. Il se trouve que certains partis organisent des élections primaires pour choisir leurs candidats à la députation. N’importe quel citoyen peut adhérer à un de ces partis et voter pour les gens qu’il souhaite voir élus. Sachant que le plus grand parti, le Likoud, a moins de 100,000 adhérents ayant le droit de vote, quelques milliers de personnes peuvent transformer radicalement le résultat des élections. Tout ce qu’il y a à faire, c’est payer l’équivalent d’un ou deux euros par mois, et d’aller voter le moment venu.

En quoi cela concerne-t-il particulièrement les olim de France ? Parce qu’ils ne sont pas encore gagnés par la désillusion et le découragement qui touchent ceux qui se frottent à la politique israélienne depuis longtemps ; parce qu’arrivant d’un pays à forte tradition démocratique (certes très imparfaite), ils ont développé une puissante conscience civique qui ne les laisse pas se reposer quand ils sentent que le pays a besoin de changer ;  parce qu’ils sont les premières victimes des blocages administratifs et corporatistes qui empêchent leur plein épanouissement.

Il ne s’agit pas de promouvoir des candidats « communautaires » ou « sectorialistes » comme on dit en Israël. Les Juifs de France qui font leur Aliyah ne viennent pas pour vivre dans un nouveau ghetto, francophone cette fois, mais pour devenir des citoyens israéliens comme les autres.

Cela n’est pas contradictoire avec l’idée qu’il faut abattre les murs qui freinent l’Aliyah et la réussite de l’intégration, des murs qui ont été établis la plupart du temps pour de basses raisons corporatistes, par peur de la concurrence que représentent les Juifs de diaspora dans certains secteurs (médicaux et para-médicaux surtout).

Abattre ces murs est aussi bien l’intérêt des olim que celui de la société israélienne toute entière. Mais si personne ne s’organise pour mettre fin à cette situation, ceux qui ont le plus à gagner à ne rien changer continueront à dicter leur loi. Une des façons de s’organiser c’est d’élire des candidats qui auront à coeur de changer les lois et de combattre la bureaucratie étouffante qui est tellement répandue dans ce pays.

Trois partis organisent des élections primaires ouvertes à tous leurs adhérents: le Likoud, le Beit Hayehudi (l’adhésion à ce parti est fermée pour le moment, elle s’ouvrira avant les prochaines élections), et le parti travailliste. Adhérez au parti qui représente le mieux vos valeurs, celui que vous voulez, mais adhérez, vous, votre famille, vos amis, vos voisins, tous les gens que vous connaissez !

Pour adhérer au Likoud (il faut être membre du Likoud à jour de ses cotisations au moins 16 mois pour avoir le droit de vote donc n’attendez pas):

https://likud.org.il/register-heb (hébreu)

https://likud.org.il/en/join-the-likud (anglais)

Pour adhérer au parti travailliste:

https://hitpakdut.havoda.org.il