Aux aurores du fascisme, le poète italien Gabriel D’Annunzio voit l’Orient comme « la nouvelle force » de la nouvelle Italie. Mussolini, surnommé Moses Nili (Moïse du Nil), dans le monde arabe, propose au nationaliste tunisien, Habib Bourguiba de faire des allocutions sur la station arabophone, Radio Bari. Il remet au Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, 138K livres sterling, soit 10 millions d’euros, armes et munitions et reçoit à Tripoli le Glaive de l’Islam (sayf al islam).

Plus tard, Eugène Coselschi, de lInternationale fasciste, des Comités d’action pour l’universalité de Rome, veut mobiliser les « croyants qu’ils soient les dévots du Christ, de Mahomet ou de Bouddha » et critique au Congrès anti-bolchevique et anti-judaïque d’Erfurt :

Les « doctrines néfastes qui proposent la subjugation de toutes les nations et de toutes les races à la tyrannie d’une race unique soumises aux prescriptions du Talmud ».

En 1939, Mussolini offre 75 colonnes de marbre blanc de Carrare, qui servit aussi pour sculpter le David de Michel Ange et le Panthéon de Rome, à la Mosquée Al Aqsa, sur le site du Beit Hamikdash. En 1946, le roi Farouk tombe en disgrâce pour avoir pris le partie des forces de l’axe et Hassan El-Banna, fondateur des Frères Musulmans et grand père de Tariq Ramadan dit :

« L’Allemagne et Hitler ne sont plus là, mais Amin al-Husseini continue le combat ».

Soixante dix ans plus tard, le philosophe sartrien, Bernard-Henri Lévy, parle de  fascislamisme dans son livre Ce grand cadavre à la renverse tandis que l’assassinat du militant pro-palestinien italien, Vittorio Arrigoni, provoque un regain d’antisémitisme dans son pays.

En 2014, Gianni Vattimo, théoricien de la « pensée faible », reprend le concept philosophique heideggerien de Jacques Derrida dans Déconstruire le sionisme: une critique des Métaphysiques politiques.

En 2016, Dolce&Gabbana et H&M lancent leurs collections de hijabs tandis que le livre d’Hamed Abdel Sama, Le Fascisme Islamiste, est censuré en France, par son éditeur Piranha, par peur des représailles. Les services antiterroristes italiens seraient en état d’alerte.

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