Certes, la guerre déclenchée en 2011 en Syrie s’achève par une victoire militaire contre les rebelles mais la stabilité du régime d’Assad et la reconstruction du pays sont loin d’être acquises. Depuis le conflit en Indochine, cette guerre dans notre région est la plus sanglante de la planète depuis plusieurs décennies, et elle est la plus meurtrière de toutes les guerres israélo-arabes réunies.

Elle a coûté la vie à plus de 500 000 civils et soldats et causé des dizaines de milliers d’invalides. La moitié de la population syrienne a été déplacée, cinq à six millions de Syriens ont fui le pays, vers des pays voisins et vers l’Europe, soit le quart de toute la population vivant dans ce pays.

Aucun observateur, aucun expert militaire n’avait prévu un bilan si horrible sur tous les plans, des images macabres et des scènes d’horreur quotidiennes.

Tous pensaient naïvement que le président Assad ne pouvait résister durant toutes ces années de guerre, au moment où une coalition de pays occidentaux et de nombreux pays arabes le combattaient avec acharnement et exigeaient sa chute immédiate. Le Général Ehoud Barak, ancien Premier ministre, avait même prédit en 2011 qu’il ne restait au Lion de Damas (Assad veut dire lion en arabe) que quelques semaines au pouvoir.

Il est évident que sans les Russes et l’appui des Iraniens le régime d’Assad n’aurait pas tenu le coup et c’est bien une victoire par procuration devant la politique timide et incohérente des Occidentaux et notamment celle de l’ancien Président Obama.

Rappelons que depuis déjà plus de quatre décennies, la famille Assad règne en Syrie avec une poigne de fer souillée de sang et le monde libre laisse faire dans le désarroi total. Ce régime est une dictature calquée sur le modèle soviétique de Staline.

Avec le soutien de ses alliés, le pouvoir syrien ne changera guère et ne cédera rien à ses opposants et notamment dans le partage des budgets internationaux pour la reconstruction de ce pays en ruines.

D’ores et déjà, les destructions massives d’habitations et de quartiers entiers ont été justifiées par le régime comme répondant à des impératifs de planification urbaine ou de projet de redéveloppement. Les faramineux contrats immobiliers ont ensuite été redistribués à des entrepreneurs privés proches du pouvoir.

Ce pouvoir est fondé sur deux piliers : le socialisme du parti Baath et les liens étroits et religieux de la communauté alaouite ancrée dans toutes les sphères de la société, de l’armée, des services de sécurité et des institutions gouvernementales. Assad étouffe et écrase toutes les libertés des droits de l’Homme.

Il ne recule devant aucun moyen pour mettre au pas ses opposants en exerçant à leur encontre une punition sanglante et impitoyable. Son armée est principalement destinée à la répression intérieure. Les terribles massacres de Hama en février 1982 par Assad père firent déjà plus de 20 000 morts ! Ils n’étaient qu’une avant-première des carnages successifs commis par Assad fils depuis le 15 mars 2011. Cela n’est pas surprenant, en 1976, suite à la guerre civile au Liban, les Occidentaux rendirent hommage à l’intervention syrienne dans le pays du Cèdre…

Comment être aussi cynique et naïf pour croire que Damas qui rêve depuis toujours de la Grande Syrie, à savoir annexer le Liban et le “Nord de la Palestine”, pouvait garantir “la souveraineté” du Liban. Et aujourd’hui encore, comment ne pas être scandalisé par la même erreur fatale en laissant le régime d’Assad en place et faire confiance aveuglement aux agissements hégémoniques de ses partenaires : l’Iran et le Hezbollah.

Les pages de l’Histoire syrienne sont depuis plusieurs décennies obscures et infâmes. Rappelons pour mémoire les assassinats commandités par Damas et perpétrés avec la connivence de l’Iran et du Hezbollah : de l’ambassadeur de France à Beyrouth, Louis Delamare, en 1981, du président Bachir Gemayel en septembre 1982, et du Premier ministre Rafic Hariri en février 2005.

L’explosion des voitures piégées à Beyrouth en 1983 qui a coûté la vie à 241 Marines américains et 58 soldats français et de nombreux autres attentats meurtriers perpétrés dans plusieurs capitales européennes. Récemment, grâce à un avertissement des Services israéliens, un attentat spectaculaire fut déjoué à Paris.

Et pourtant, depuis Giscard d’Estaing, tous les dirigeants français ont fait le chemin de Damas et ont accueilli la famille Assad en grande pompe. Il participa au défilé du 14 Juillet et déposa une gerbe devant l’Arc de Triomphe…

Nous constatons aussi, et une fois encore, que le monde arabe demeure indifférent face aux massacres quotidiens de ses frères ! Aucune manifestation de masse ne défile, non plus, dans les rues de Paris, Londres, Berlin ou Montréal pour protester contre ce régime sanguinaire… Les intellectuels et les éditorialistes sont toujours plus sévères et arrogants quand Tsahal ose se défendre et lance des opérations ponctuelles et préventives contre des terroristes palestiniens du Hamas…

En ce qui nous concerne directement, rappelons que Damas se trouve à une centaine de kilomètres de nos frontières et dans un carrefour hostile du front Est. Assad alimente et finance le terrorisme et fait partie de l’Axe du Mal. Il dispose des missiles de longue portée et notamment chimiques et il ambitionne toujours d’acquérir l’arme nucléaire… Imaginons le plateau du Golan remis aux Syriens… à savoir des chars d’Assad avec son artillerie lourde devant les portes de la ville de Tibériade…

Il est clair qu’Israël n’a pas l’intention de se retirer du Golan et une entente existe déjà sur ce sujet avec l’administration Trump. Ce plateau stratégique et tactique de 67 km de long et de 25 km de large a été conquis en juin 1967 par le feu et par le sang, et à la suite d’un harcèlement de tirs de canons syriens sur les villages de la région.

L’expérience de la guerre de Kippour nous enseigne qu’une force stationnée sur le mont Hermon (les yeux et les oreilles d’Israël) peut empêcher une percée syrienne ou libanaise et transformer une tête de pont en souricière.

En plus, les sources d’eau qui alimentent l’Etat juif sont concentrées dans la partie septentrionale des hauteurs du Golan. La sécurité de ces sources dépend d’une présence physique et de l’épaulement du Hermon. Le 14 décembre 1981, la Knesset avait décidé, à l’initiative de Menahem Begin, d’annexer le plateau du Golan. Une loi sur ce sujet est toujours en vigueur. L’administration Trump étudie avec sérieux une reconnaissance israélienne sur ce territoire stratégique et vital pour notre sécurité.

La politique israélienne est limpide et repose sur des lignes rouges que nos ennemis ne devraient pas franchir. Israël ne tolérera plus de tirs sur son territoire. Il ne permettra pas un changement d’équilibre des forces ni de nouvelles armes sophistiquées à son détriment. Malgré les réticences des Russes nous exigeons un retrait total des Iraniens à au moins une centaine de kilomètres de nos frontières.

Nous ne souhaitons pas l’escalade et nous essayons par tous les moyens de l’éviter. Le plateau du Golan a été calme durant plusieurs décennies et les pays occidentaux ainsi que les Russes devraient agir avec détermination pour qu’il ne se transforme pas en plaque tournante du terrorisme international, pour devenir après un territoire dominé par les les Ayatollahs iraniens.

Cet article a été publié le 1er aout 2018 sur le site du http://jcpa-lecape.org/