Jusqu’au 26 mars, Danielle Feldhacker expose à la Maison des Artistes de Tel Aviv une installation spécifique spécialement conçue pour cet espace, dont la structure cherche à concevoir comment la peinture agit sur l’espace et le temps.

Les jeux visuels de l’installation, crées dans l’espace, déterminent ce qui sera d’abord vu et ce qui est vu plus tard, ce qui crée un trouble visuel forçant le spectateur à faire face à des questions au sujet des perturbations de temps dans l’espace.

Axée sur l’environnement urbain, l’artiste a exprimé son interprétation et l’attitude envers l’art de la rue, en l’amenant dans une sphère privée.

« Bruit Blanc » fait référence au bruit constant caractérisant le centre-ville, bruyant mais calme – bruit de fond qui accompagne notre vie.

L’exposition très aérée et aérienne est concentrée autour de feuilles peintes sur PVC transparent, planant dans l’espace ; matériau qui semble éphémère, tout en possédant les qualités de l’impénétrabilité et de l’opacité. Le spectateur peut ainsi aller et venir, comme s’il se promenait à travers les couches de peinture pour faire partie de la composition.

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L’expérience de se déplacer dans l’espace incarne aussi la tentative de lier entre les œuvres et d’examiner le rapport images et espace. Contrairement à la peinture traditionnelle, le chemin créé dans ce travail est ce qui sera vu en premier.

Ce renversement soulève la question de ce qui se trouve à la surface et ce qui se donne à voir à l’arrière de l’œuvre d’art, et l’on en vient alors à se demander ce qui a été peint d’abord et ce qui est venu plus tard.

Les tâches de peinture, telles d’abstraites rythmiques, sont composées principalement des trois couleurs primaires, se réunissent à côté de formes géométriques délimitant l’œuvre et fixant ses contours. Ces formes dures et tranchantes véhiculent des sensations de vol stationnaires, chargées d’émotion, cherchant à formuler ce qui échappe à toute définition.

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La dispersion de l’installation dans tout l’espace se transforme en un labyrinthe transparent, apparemment ouvert et accessible, mais à chaque étape le chemin semble susceptible d’être bloqué.

C’est une sensation d’étrangeté qui s’empare alors du spectateur, comme si la transparence aérienne peut devenir opaque en un instant. La connexion sonore entre les sections créées un équilibre entre transparence et objets peints, dans une sorte de dialogue entre un côté intérieur vulnérable, doux et exposé, et un extérieur, défensif et dur, sorte de parallèle entre les individus et leur environnement.

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