Depuis plusieurs semaines, la nausée ne me quitte plus.

Ce n’est pas une maladie pas plus qu’une intolérance à un traitement médicamenteux.

Non c’est beaucoup plus simple et bien plus grave à la fois : une indigestion mentale, une overdose de déliquescence des élites et des médias du monde, y compris, malheureusement, Israël.

« Tous pourris »? Non, mais on devra sans doute bientôt chercher longuement qui ne l’est pas.

Harcèlements sexuels et tentatives de viols ?

Un ancien président à kippa, Katsav, en prison mais qui demande sa libération anticipée tout en continuant de nier sa responsabilité avérée.

Un haut gradé de Tashal, à kippa aussi, Boukhris, en instance de jugement et évincé du poste prestigieux qui lui était promis.

Un ancien vice premier ministre, Sylvan Shalom, qui a préféré se retirer de la vie politique et payer pour taire les plaignantes. Sans compter quelques députés et officiers de police !

Corruption, détournement et pots de vin ?

Un ancien premier ministre, Olmert, en prison. Un ministre de l’Intérieur haredi, Dery, millionaire (il a fait fortune dans « les affaires » sans autre précision), déjà condamné et emprisonné par le passé, à nouveau sous le feu d’une nouvelle enquête fiscale et policière. Un chef de l’Opposition, Herzog, à nouveau soupçonné de financement illégal de campagne électorale.

Un député sulfureux, Hazan, déjà suspendu de Knesset. Des maires de grandes villes emprisonnés ou en instance de jugement. Deux lignées prestigieuses de rabbanim, Pinto et Yossef, dont les fortunes dévoilées vont susciter de nombreuses vocations. Sans compter les troublantes accointances enrichissantes d’Ehud Barak ou de Fouad Eliezer.

Ethique et morale ?

Tout un personnel politique et militaire qui accuse un soldat de meurtre sur un terroriste blessé, avant même que ne débute l’enquête, pendant que de l’autre côté de l’échiquier, on « héroïse » le même soldat pour avoir définitivement neutralisé un terroriste déjà très sérieusement atteint.

Un premier ministre qui concentre les pouvoirs et collectionne les portefeuilles ministériels, pour maintenir une coalition d’égocentriques prêts à tous les chantages à la chute du gouvernement.

Une Cour Suprême qui, se mêlant de politique et ne trouvant rien à redire à la légalité du contrat d’extraction du gaz naturel, rétorque l’ensemble au motif que le contrat engage financièrement les gouvernements suivants, comme si ce n’était pas le cas de tous les contrats de concessions signés pour la construction et le développement des infrastructures d’un Etat.

Un conseiller juridique du gouvernement qui impose au ministère de la culture les établissements à financer. Un contrôleur de l’Etat, garant des institutions, qui enterre des dossiers ou les manipule et dilapide l’argent du contribuable. Une ex-procureure de l’Etat qui en constante relations professionnelles avec un avocat véreux emprisonné, continue à faire partie de conseils d’administrations de grandes sociétés publiques et privées.

Des médias qui crucifient des hommes et des femmes, sans enquêtes sérieuses et impartiales, les livrent à la vindicte populaire, et jamais ne font amende honorable en cas d’erreur.

Quel spectacle délicieux pour ce monde qui scrute nos moindres faits et gestes, qui nous condamne déjà pour le simple fait d’exister et à qui nous donnons gratuitement toutes les raisons supplémentaires pour nous haïr.

Preuve, s’il en fallait, de l’amour que nous porte les médias occidentaux, on trouve dans le Figaro de cette semaine, un article titré : « L’armée israélienne détruit le domicile d’un assaillant palestinien ». L’article détaille que Tsahal a détruit cette nuit la maison de cet individu qui a poignardé un « colon » en « Cisjordanie occupée » aux alentours du caveau vénéré par le judaïsme et l’Islam et que cette mesure inflige une punition collective à sa famille.

Ainsi pour ne pas qualifier le Palestinien de meurtrier, et évidemment pas de terroriste, on a trouvé dans le dictionnaire un terme sympathique qui n’offusquera pas le lecteur lambda. Par contre on insistera bien sur la qualité de « l’assailli », le méchant colon qui occupe un territoire, sur le fait que le caveau n’est pas une propriété juive puisque l’Islam le vénère et surtout qu’en détruisant sa maison on punit sa famille.

Bien évidemment, l’article omet de préciser que le méchant israélien est mort, que le caveau des patriarches est un patrimoine millénaire du judaïsme, bien avant que l’Islam ne s’y réfère et que la famille du gentil assaillant s’est félicité, comme toutes les autres familles de « chahid », de son acte et invite tous les Palestiniens à en faire autant, ce qui rend difficile à comprendre la notion de châtiment collectif associé à la revendication, la réjouissance et à la solidarité de ses proches et des dirigeants palestiniens.

On ne peut que déplorer la faillite morale des médias occidentaux et des gouvernements européens, qui, même aux lendemains d’attentats aveugles à Paris, Bruxelles ou Istanbul, continuent à ne pas vouloir nommer le terrorisme par son véritable nom, pour ne pas se mettre à dos leurs opinions publiques. Et ce sentiment me donne la nausée.

Mais nous sommes obligés de constater que notre propre démocratie, îlot perdu dans un océan de dictatures et de théocraties moyen-orientales, se trouve aussi en grand danger. Rongée par la vénalité et la corruption de ses dirigeants politiques et économiques, autant que par la perversion de ses leaders religieux. Aveuglée par le pouvoir des médias et des juges. Maintenant incapable de réagir aux défis que nous impose le monde. Et ce sentiment me donne aussi envie de vomir.

Le temps est venu pour le peuple d’Israël, d’assumer ses responsabilités et de reprendre le pouvoir par les urnes. Avant qu’il ne soit trop tard.