L’enjeu moral se pose aujourd’hui à la conscience juive dans des termes tout à fait nouveaux.

Notre attachement à la cause juive ne nous empêche nullement d’être loyal.

Ceci a toujours été un principe fondamental de notre morale. Dès les premiers jours de la captivité, les prophètes avaient enjoint à leurs frères d’être de bons citoyens dans leur pays d’exil (Jérémie chap. 29, vers. 7). Et, à chaque génération et en tout lieu, nous avons rendu et continuons de rendre de grands services aux nations au sein desquelles nous sommes disséminés.

La morale juive ne concerne plus seulement l’individu, comme on pouvait le penser jusqu’à ce jour, mais un Peuple.

C’est le caractère moral de l’existence collective qui s’avère catastrophique pour la condition collective au sein de notre Peuple

Il y a dans le judaïsme la loi civile qui protège l’honneur, la vie, la propriété du citoyen et dont l’administration est confiée aux tribunaux.

Il y a la loi morale dont les devoirs mille fois rappelés dans la Bible, trouvent leur place naturelle dans la tradition et dans les enseignements des rabbins.

Double loi qui répond au double caractère du peuple juif, d’un côté à sa politique, de l’autre à sa religion ; l’une est mieux représentée par le code de Moïse, l’autre se fait mieux entendre dans les prophètes d’abord, ensuite chez les rabbins.