L’aspect métaphorique de l’identité juive a joué un rôle important dans le psyché occidental.

Durant cette expérience se sont développées les notions d’exil, d’errance, d’être l’autre: la preuve et la mesure de l’immaturité de ceux qui n’ont pas compris que l’autre existe, et qu’ils sont eux même cet autre.

La philosophie panafricaine fournit une lecture de base de la réalité, du point de vue d’une perspective qui exprime l’expérience des Africains en général.

La FJN étant représentante de communautés vivantes résidant en Afrique, elle se doit de refléter, sinon relater, cette perspective générale.

Lire les articles de FJN, c’est s’informer d’un des point de vue de la perspective africaine, et accepter que celle-ci existe, dans toute sa diversité.

Les analyses fournies par la FJN font part d’un état de faits déjà assimilés par le mainstream du large public africain, qui est familier avec le langage du Panafricanisme, le seul à reconnaître une destinée commune à tous les Africains.

Dans cette analyse, chaque branche devient une métaphore du tout, à sa propre échelle.
Chaque groupe vit la même réalité, et la décrit dans une métaphore différente.

Le langage de ces métaphores linguistiques traditionnelles, culturelles ou religieuses, attire notre attention sur des vérités à caractère permanent ou récurant, qui se manifestent dans la réalité.
La réalité, quand à elle, est de nature transitoire.

Elle ne fait que recombiner les mêmes vérités trouvées dans les métaphores.

Toutes ces métaphores sont instructives, qu’elles se trouvent dans les Livres de La Bible, dans le Midrash, dans le Talmud, les Orit, le Zohar, les traditions orales Igbo, Lemba, Peul Mbororo, et tant d’autres traditions hébraïques étudiées en Afrique.

La meta-métaphore, qui nous parle en utilisant tous ces exemples, adresse notre vie personnelle, nos choix et notre liberté individuelle, dans la réalité, telle qu’elle se présente à nous. La dévotion fidèle au langage précis de la métaphore définit une culture.

L’impact de la métaphore est de modeler la réalité.
Cependant, la réalité est le cadre dans lequel la métaphore opère.

Ce cadre est un moment de l’histoire humaine. Notre histoire récente en tant qu’Africains, est une histoire de populations qui viennent de réaliser leur indépendance, et de prendre leur place au sein de la communauté mondiale.
On a beaucoup parlé en notre nom, mais on n’a commencé à nous entendre que depuis très récemment, quelques décennies à peine.

Parmi ces communautés émergentes, celle des Juifs Africains a commencé elle aussi à devenir visible.
La réalité de son expérience est aussi intégrée par la métaphore hébraïque, transmise par les ancêtres.
La métaphore transporte des pratiques qui ouvrent les yeux à l’autre.

Les Juifs Africains qui font le Shabbat, peuvent s’identifier au niveau spirituel d’autres Africains, dont la culture se maintient au plus près de l’ordre naturel.

Un jour sans argent, sans feu ni électricité passé en famille en prières, et en danses de joie, équivaut à se remettre au niveau de toutes ces populations africaines qui ont préservé les héritages les plus anciens d’humanité libre.

La métaphore nous parle de notre monde.
Elle ne laisse pas les enseignements disparaître, le Temps les répète, nous appelant à les méditer.
L’Afrique est une réalité, et elle est aussi une métaphore.

En comprenant la métaphore, on peut intégrer et transformer la réalité.
Même si cette transformation ne se manifeste qu’à notre échelle individuelle.
Développer personnellement une nouvelle vision de la réalité, une perspective plus large et plus inclusive, est une transformation réelle.

Tout Livre est métaphore pour le Temps. Les pages qui passent sont les moments, les jours et les heures qui défilent.
Le lecteur est celui qui reconnaît les thèmes récurants qui se manifestent dans le désordre apparent du Temps, qui a l’air indifférent aux histoires qui pourtant sont créés par lui, mais pas sans le lecteur, qui a vu et témoigné que tout a un sens depuis le début.

Le Livre est écrit pour le lecteur.
Par l’auteur du lire.

Etre Panafricain c’est Savoir que lire et Livre ne sont qu’une et même chose. La métaphore est vivante, elle nous fait lire le réel.

Afrique: terre sans frontières, sans cicatrices de définitions nationales tracées par la guerre.
Comment ne peut-elle pas être métaphore ?

Afrique: terre de conception, de gestation, et de naissance de toute la famille humaine.
Afrique: terre de mémoire intra-utérine.
Afrique: dont le combat a créé la possibilité de dignité, d’égalité, entre tous ses enfants humains.
Afrique : terre de demain.

Celle où la coexistence entre les espèces vivantes est manifeste, et d’où l’image symbolique de l’humanité en symbiose avec la Nature est projetée à l’échelle globale.
Afrique terre de talents singuliers, d’amour, de Paix et de liberté.
Quand nous pensons au contraire de ces bénédictions, la souffrance des Africains nous parle, quelque soit leur ou notre langue.

La métaphore se nourrit d’une synthèse du passé, qui opère inconsciemment sur nos âmes, et qui oriente notre regard vers le futur, ou vers la réflexion sur le meilleur futur.