Parmi les dangers qui préoccupent les Israéliens c’est la menace nucléaire iranienne qui est en tête de liste. Certes, il y avait des précédents mais plus à présent. Deux ont été éliminés il y a quelques années par la destruction des sites en construction en Irak et en Syrie, bombardés, selon des sources etrangères, par l’aviation israéliennes. C’est une histoire connue.

En revanche un troisième précédent est méconnu. En le divulguant je tiens à souligner que je me réfère à des sources etrangères, telles des journaux spécialisés ou des livres.

Ce précédent méconnu concerne le Pakistan, puissance nucléaire depuis des décennies. “Elle a le potentiel de causer des événements de cauchemar“ avait dit Kevin Hulbert, ancien membre de la C.I.A. Or ce pays musulman, au passé instable, possède selon le journal “Washington Post“, 120 missiles avec ogives nucléaires, et capable d’en produire 20 supplémentaires chaque année.

Le Pakistan doit cet exploit à Abdul Qader Khan, chargé du programme nucléaire à partir de 1976, étant responsable de la construction d’un site pour l’enrichissment d’uranium. De sorte qu’en 1987 elle avait la capacité de produire une bombe, et en 1998 elle a effectué en effet le premier essai nucléaire.

Or Israël craignait cette évolution bien plus tôt, dès le début des années 80. Il s’est avéré en effet que Khan était un escroc international, disposé à commercialiser son savoir faire ainsi que l’expérience aquise aux plus offrants, dont la Libye, la Corée du Nord et l’Iran. Jérusalem ne pouvait guère ignorer ce danger, et avait décidé d’agir en conséquence.

Selon le livre anglais “Deception“ Tsahal préparait en mars 1984 une attaque aérienne contre un site nucléaire à Kahuta, contrôlé par Abdul Khan. Le plan visait comme point de départ la base aérienne indienne de Jammagar dans la province de Gujarat. Certaines sources étrangères affirment en outre qu’en vue de l’attaque Tsahal avait construit dans le Néguev un modèle identique au site de Kahuta afin de préparer les pilotes Israéliens

Ce plan bien sûr avait été annulé sous pression de Washington, le président Reagan soucieux des intérêts américains de l’époque en Afghanistan soutenu par le Pakistan dans sa lutte contre l’invasion soviétique.

Cependant, Karachi était consciente d’une éventuelle action israélienne, notamment après la destruction du site nucléaire en Irak. D’où un engagement, par l’intermèdiaire de Washington, de ne jamais attaquer Israël. Par la suite on a vu même – selon la revue spécialisée “Israël Defense“ – une collaboration entre les deux pays, Tsahal ayant entraîné les gardes de corps personnels du président Muhammad Zia-ul-Haq, et ayant vendu au Pakistan du matériel militaire.

Ceci dit, les Israéliens voulant s’en assurer ont agi par voies “diplomatiques“ pour dissuader les membres du réseau de Khan. Ainsi, selon “Deception“ un anglais du nom de Peter Griffin avait été prévenu de cesser sa collaboration avec le réseau. De même source on apprend qu’un savant Allemand, Heinz Mebus, avait reçu un collis piégé ayant causé la mort de son chien – mais le message était bien reçu.

Apparement donc la menace Pakistanaise n’est pas d’actualité. Une source du renseignement israélien affirme en effet que l’armée et les services de sécurité du Pakistant sont efficaces et de tendance pro-occidentale.

Ceci dit, du matériel nucléaire pourrait être dérobé ou vendu au marché noir à des organisations terroristes.

Ce qui nous ramène à l’Iran, dont les sanctions internationales viennent d’être levées. En plus, Israël s’inquiète de la fourniture promise à Téhéran par Moscou de matériel militaire sophistiqué. Comme quoi, la menace iranienne continue à pointer à l’horizon.