Avec ces dernières semaines de terreur, d’angoisse et d’élections régionales, on avait un peu perdu de vue le conflit israélo-palestinien. Bon, bien sûr, en Israël les attaques au couteau, à l’arme automatique ou à la voiture bélier font plusieurs victimes chaque semaine mais ce n’est pas bien grave car ces victimes sont israéliennes.

Et puis, selon la classification suédoise en pointe sur le sujet, les attaques de ces derniers mois contre des civils israéliens ne sont pas des actes terroristes. 70 « actes non terroristes » en 3 mois, soit un toutes les 36 heures quand même. Mais les médias ont le bon goût de rester plutôt discrets.

Alors pour être bien sûr que la propagande anti-israélienne continue d’infuser dans les esprits, la Maison des Métallos, « un établissement culturel de la ville de Paris », organise une exposition multimédia (pièce de théâtre, photos…) sur les Palestiniens avec comme clou du spectacle un parcours grandeur réelle de ce que serait, selon Médecins Sans Frontières qui co-organise, des scènes de la vie quotidienne des Palestiniens avec photos et vidéos de ruines et de blessés. La désolation sur terre.

La présentation de cet évènement laisse peu de doute sur la ligne éditoriale des organisateurs, Israël apparaissant comme un agresseur permanent qui, lors de la dernière opération militaire à Gaza à l’été 2014, « pouvait frapper délibérément la population civile palestinienne, hommes, femmes, enfants, hôpitaux, écoles et même installation de l’ONU, sans la moindre sanction de la Communauté internationale ».

Le ton est donné.

La noblesse des victimes palestiniennes, la brutalité des bourreaux israéliens. Pour rendre le tout plus réel, l’exposition-photos de MSF se fait avec un audio-guide offrant des enregistrements de pleurs d’enfants, scènes de panique, sifflement de balles et explosion de missiles.

Le visiteur en sortira glacé d’effroi. Mais trompé aussi.

Israël viserait délibérément les zones civiles ?

C’est faux.

Israël répond aux tirs de roquettes qui s’abattent sur son territoire et vise pour cela les rampes de lancement, les stocks de munitions et d’armes. Les Nations-Unies ont reconnu – dans la douleur – que le Hamas utilisait des zones civiles densément peuplées, des hôpitaux et des écoles de l’ONU pour y cacher des munitions, des armes, des combattants et en faire partir des roquettes sur les populations civiles israéliennes. Pire que cela.

De nombreux « courageux martyrs » de la cause palestinienne n’étaient en réalité que de malheureux gazaouis enfermés dans des immeubles par le Hamas et disposant comme choix : le bombardement israélien ou l’exécution sommaire. Ces morts auraient pu être évités, les israéliens prenant soin de prévenir les civils par sms, tracts et appels téléphoniques des bombardements à venir.

Un oubli sans doute.

De même, MSF oublie de préciser que près de 240 000 palestiniens ont été autorisés à se rendre en Israël en 2013 pour s’y faire soigner et que deux millions de shekels ont été dépensés pour former 2 314 médecins et infirmiers palestiniens, et que ces chiffres augmentent chaque année.

MSF oublie que lors de la dernière opération militaire à Gaza, des hôpitaux de campagne étaient dressés et soignaient indistinctement les soldats israéliens et des terroristes du Hamas.

MSF oublie qu’en novembre 2013 et en octobre 2014, ce sont notamment la petite-fille et la fille d’Ismaël Haniyeh, ex-Premier Ministre du Hamas, qui ont été soignées en Israël.

MSF oublie enfin de montrer les photos des villas et hôtels de luxe de Gaza qui ne profitent qu’aux cadres du Hamas.

Pour finir ce rapide tour d’horizon, cette exposition inclut une pièce de théâtre dont la présentation fait le parallèle entre l’Apartheid, le génocide au Rwanda en 1994 et la situation des palestiniens. Rien que ça.

Peut-on faire plus outrancier ? Oui. Sur place, l’acteur JF Balmer a osé, sans rougir de honte, comparer les photos de cette exposition à Auschwitz-Birkenau. Consternant.

Et de préciser sa pensée : « Mais enfin c’est un peu comme un Birkenau, quand c’est tellement mis en scène, tout d’un coup il y a quelque chose qui fait qu’on n’y croit plus, on est plus vraiment dans la réalité ». Abject.

Comparer le génocide rwandais ou la Shoah à la situation des palestiniens trahit une inculture crasse mais est également une insulte à la mémoire de millions de morts.

Sur son site internet, MSF croit se justifier en affirmant que l’exposition appelée « In Between Wars » « est une installation qui restitue la vie quotidienne des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, à travers plusieurs décors successifs composés d’enregistrements sonores, de témoignages filmés et de photographies. […] Cette exposition […] a comme ambition de rendre compte d’un point de vue humanitaire des difficultés quotidiennes des Palestiniens sous occupation israélienne».

C’est à se demander si MSF dispense vraiment des soins à Gaza. Car ils n’ont manifestement pas remarqué que depuis 10 ans, il n’y a plus un soldat israélien à Gaza. Il n’y a donc pas d’occupation de Gaza, pas plus qu’il n’y a d’occupation de la Judée-Samarie mais une répartition provisoire de territoires disputés entre deux parties, territoires sur lesquels les Palestiniens n’ont à ce jour aucune légitimité historique ni politique.

Si Gaza est sous occupation, c’est celle du Hamas, cette organisation terroriste islamiste qui inflige aux gazaouis arrestations arbitraires, torture et exécutions sommaires pour crime de blasphème ou d’homosexualité, mais aussi pour avoir critiqué le Hamas ou parlé aux médias occidentaux.

Ce mouvement terroriste qui vole l’aide humanitaire gratuite pour la revendre à ses propres habitants, détourne – comme les hiérarques corrompus de l’Autorité palestinienne, les centaines de millions d’euros versés par l’UE au détriment de la population civile, qui au lieu de reconstruire les maisons détruites lors du dernier conflit, utilise le béton et le matériel de construction pour remettre en état des tunnels de contrebande et d’attaques vers Israël.

Il faudrait peut-être en informer les organisateurs de cette exposition.

La semaine dernière, un bébé d’un an a eu la jambe sectionnée lors d’une attaque à la voiture bélier en Israël. MSF pourrait peut-être faire une exposition sur le côté israélien, dans « la neutralité et en toute impartialité » comme elle s’y engage dans sa charte.