Hier soir j’ai regardé le film de Spielberg, et la vision des camps, des fours et des charniers, la vision de cette haine absurde et totale envers des femmes, des enfants et des hommes qui furent éradiqués comme on éradique des cafards, seulement parce qu’ils étaient juifs, m’a terrassée et anéantie, comme à chaque fois que je regarde ce film.

Pourtant et pour la première fois au dessus de ma peine, il y eut la colère. Une colère immense, énorme, qui repoussa ma douleur, et s’implanta, irréversible, contre ce monde qui laissa faire, heureux sans doute d’être enfin débarrassé « des juifs »,

Ce sont ces mêmes occidentaux qui aujourd’hui interfèrent et reconnaissent un État Palestinien, sans souci d’intervenir contre une paix qui ne devrait se négocier qu’entre Israël et la Palestine.

De l’utilité d’avoir des chefs d’Etat au sommet des nations, plutôt que des Pom pom girls !

Après l’Angleterre, le premier ministre suédois, sans en référer à son parlement, a annoncé que la Suède reconnaissait l’État Palestinien comme État souverain sur les bases des territoires d’avant 1967, Jérusalem est, incluse.

Un jour la paix se signera entre Israël et un État Palestinien, elle se signera en hébreu et en arabe, après des négociations qui reconnaîtront les besoins, mais aussi l’histoire de chacun.

C’est ce que souhaitent tous les hommes et femmes de bonne volonté, fatigués des conflits, désireux de paix et d’avenir pour eux-mêmes et leurs enfants, mais, une fois énoncé ce désir fondamental, qu’en est-il de la réalité objective d’Israël et des Palestiniens ?

Quels dégâts induisent ces prises de positions qui sans tenir compte des deux réalités de terrain, s’élèvent pour cautionner un État Palestinien, sans avoir préalablement permis à Israël de préserver ce qui pour lui est historiquement, géographiquement et spirituellement nécessaire et indispensable face à un État sous domination islamique, qui détruira les lieux saints du judaïsme, sans état d’âme et avec délectation, en attendant de pouvoir éradiquer la nation d’Israël.

Abbas, un fantoche pratique pour les occidentaux

Compter sur l’Autorité Palestinienne d’Abbas pour encadrer la violence islamique est une hérésie ; cet homme, dans l’incapacité de récupérer Gaza et de fédérer l’ensemble des Palestiniens sous son autorité, mais aussi ses « absences » récurrentes dans les conflits armés qui opposent le Hamas à Israël et ses prises de position, régulières, toujours incitatrices de violence, récemment à propos d’un attentat à Jérusalem, ont démontré qu’il n’est qu’un fantoche pratique pour les Occidentaux qui ont besoin d’imaginer une solution à la guerre dans cette partie du monde, et surtout d’apaiser une opinion internationale sous emprise d’une communication palestinienne, parvenue à coup de montages vidéos et manipulations diverses, à faire croire que le conflit Hamas-Israël était « une cause humanitaire » au même titre que le furent certains drames de l’histoire qui assassinèrent des millions d’Arméniens et des millions de juifs, parlant de « crimes contre l’humanité et de génocide » comparant la défense d’Israël aux comportements nazis, bouleversant ainsi le coeur de gens simples et gentils, qui à raison ne supportent pas que l’on méprise les démunis et les plus faibles.

Le désir de rédemption taraude l’Occident

La culpabilité occidentale envers les juifs reste grande, mais plus grande encore est celle d’avoir colonisé et massacré des « arabes et des noirs » au Maghreb, en Afrique, mais aussi des populations entières dans d’autres pays du monde, en Nouvelle Calédonie, en Polynésie, en Guyane, aux Antilles, en Inde, en Irlande etc… Pays dont les revendications d’indépendance furent toujours étouffées dans le sang par ces mêmes occidentaux qui aujourd’hui fustigent la défense israélienne.

Si on ajoute à cette culpabilité, la colère confuse et paradoxale liée à un sentiment d’obligation envers les juifs depuis la Shoah, on comprend mieux et même parfaitement, l’approche occidentale du conflit israélo-palestinien, pourquoi elle soutient Gaza en occultant le Hamas, et Abbas en oubliant sa médiocrité politique.

Le désir d’innocence et de rédemption dont la repentance est le fanion, semble être le nouveau symbole d’une humanité occidentale en quête, apparente, de spiritualité et d’un monde plus juste.

Finis les razzias et les assassinats, les conquistadors et les aventuriers, aujourd’hui les territoires sont déterminés, et c’est revêtu d’un manteau de justice, lui qui fut si meurtrier, que l’Occident se pose maintenant en juge et en censeur, cautionne ou réprouve les actions des uns et des autres, porte aux nues « les pauvres palestiniens » qui pourtant envoient leurs enfants se faire massacrer, lorsqu’ils ne les attachent pas eux-mêmes aux fenêtres pour faire office de boucliers, et met au pilori, « les méchants israéliens » qui eux pourtant meurent pour préserver des civils et soigner les blessés.

Un comportement inique et irrationnel envers Israël, qui ne tente constamment que de se défendre tout en préservant des lieux et des territoires nécessaires à sa survie et à sa spiritualité.

Il faudra que le Moyen-Orient, un jour, démontre sa maturité politique et abandonne le monde occidental à ses frustrations guerrières ; un monde que je renvoie, en ce jour de Shabbat, à la lecture du livre de Louis Lecoin « De prison en prison » qui passa 14 années de sa vie, emprisonné, en France, pour seulement s’être posé en défenseur de la paix et contre la guerre, toutes les guerres, et dont je vous donne un extrait :

 « Après Blanqui, qui passa 37 années dans les geôles de la Royauté, de l’Empire et de la République, je suis un de ceux qui demeurèrent le plus longtemps enfermés pour délit d’opinion. C’est surtout pour avoir haï la guerre avec vigueur, avec passion, que je fus si souvent condamné. Si ces mémoires ne vous déçoivent pas, si la plupart d’entre vous en tirent quelques profits, je m’en réjouirai. Je m’en réjouirais bien davantage si, après cette lecture, vous étiez convaincus que la guerre, ce crime contre les peuples, n’est jamais excusable. Je n’aurais pas perdu mon temps, en ce cas, ni souffert pour rien, moi qui depuis toujours place la cause de la paix si haut : hors des manigances d’un capitalisme insatiable, loin des croisades « idéologiques », et bien au-dessus des patries. »

 Shabbat Shalom au-dessus des clivages, à tous.