Pour célébrer le retrait des détecteurs de métaux des points d’accès au mont du Temple, Rami Hamdallah, Premier ministre de l’Autorité palestinienne a déclaré : « Notre nation a démontré que par notre fermeté, notre unité nationale et notre lutte pacifique, Jérusalem demeurera notre capitale éternelle, et la couronne de l’identité qui nous unit. »

Alors que l’Autorité palestinienne, la Jordanie, la Turquie et même la Malaisie renforcent le front arabe contre nous, les politiciens israéliens se chamaillent entre eux en essayant de culpabiliser les autres pour la crise du mont du Temple.

Pourquoi nous haïssons-nous mutuellement à ce point ? Quelle est la raison pour laquelle nous méprisons-nous si profondément et que beaucoup d’entre nous préfèrent s’allier avec nos ennemis plutôt que de s’engager dans une conversation avec un autre juif qui défend un point de vue différent ?

Des argumentateurs féroces qui ne doivent en aucun cas se haïr mutuellement

Tout récemment, Lord Jonathan Sacks, l’ancien Grand Rabbin de Grande-Bretagne a déclaré dans une vidéo qu’il a publiée : « Nous sommes de féroces argumentateurs et cela fait partie de notre force.

Mais, quand cela devient la cause de notre séparation, c’est terriblement dangereux. Car, si nul empereur n’a jamais pu nous vaincre sur Terre, nous avons pu, occasionnellement nous défaire nous-mêmes. (…) Souvenons-nous du fondement suprême de la nationalité juive. Tous les juifs sont responsables les uns des autres. »

Cependant, ce principe de base n’a pas été facile pour nous. Les ancêtres de notre nation provenaient de tribus différentes de tous les coins de Babylone et du Proche-Orient. La seule chose qui les a gardés ensemble était leur croyance que le précepte d’Abraham de compassion et d’amour d’autrui était le bon mode de vie, et ainsi, ils l’ont suivi.

Mais il a fallu de nombreuses générations et de nombreuses querelles pour que nous établissions notre nationalité, lorsqu’au pied du mont Sinaï, nous nous sommes engagés à surmonter la désunion qui était notre lot en Égypte et à nous unir « comme un seul homme dans un seul cœur ».

En surmontant leur haine de façon répétitive, le peuple israélite a développé une méthode unique de connexion qui est inégalée jusqu’à présent. C’est pourquoi Rabbi Akiva a dit : « “Aime ton prochain comme toi-même” est la grande règle de la Torah » (Talmud de Jérusalem, Nédarim).

Comme les juifs étaient originaires de tribus différentes, ils n’avaient rien en commun à moins de se soumettre à l’idée que l’unité transcende toutes les autres valeurs et toutes les autres considérations. En l’absence de cela, les juifs redeviennent les membres de tribus étrangères souvent hostiles, à moins qu’une force extérieure ne les oblige à s’unir. Dans cet état de choses, il est écrit dans le livre Likouté Etzot (Recueil de Conseils) : « L’essence de la paix est (…) de faire la paix par-dessus deux opposés. »

Notre défense principale

La capacité unique des juifs à s’unir au-dessus de l’aliénation en a fait les messagers de choix d’une méthode pour unir l’humanité tout entière. C’est pourquoi ils ont reçu l’ordre de la partager et d’être « une lumière pour les nations », en donnant l’exemple d’unité par-dessus les conflits.

Effectivement, tant que nous maintenons notre unité, nous sommes prospères. Quand nous l’abandonnons, le monde nous considère comme des malfaisants et la rage appelée « antisémitisme » refait surface. C’est la raison pour laquelle il est écrit dans le livre Maor VaShemesh : « L’amour et l’unité sont la défense principale contre les calamités. »

Alors que la division frappe chaque faction du peuple juif, nous nous éloignons de plus en plus d’être « une lumière pour les nations ». Nous irradions la division et la répugnance mutuelle plutôt que l’unité.

Dans un tel état, il ne faudra pas attendre longtemps pour que le monde trouve un prétexte de révoquer la résolution des Nations Unies qui est à l’origine de la fondation de l’État d’Israël. Le fait que les juifs en Israël et à travers le monde seront sans défense et persécutés encore une fois n’aura aucune conséquence pour qui que ce soit.

La célèbre Tikoun n30 du Livre du Zohar affirme que lorsque les juifs sont séparés : « ils provoquent une existence de pauvreté, la ruine et le vol, le vandalisme, le meurtre et les destructions dans le monde. » Quand Imad Hamato, professeur en études coraniques, a dit : « Même quand les poissons se battent dans la mer, les juifs en sont la cause », il a, par inadvertance, reflété les paroles mêmes du Zohar.

Notre séparation unit les Arabes du monde entier contre nous et pousse le reste des nations à les soutenir. Si nous étions unis, nous n’aurions pas à trouver de nouvelles façons de justifier l’existence d’Israël.

Le monde percevrait notre contribution au monde sans éprouver le besoin de la verbaliser. Samuel David Luzzatto a écrit : « Le succès de notre nation dépend seulement de notre amour fraternel, de notre connexion les uns aux autres comme des membres d’une même famille. »

La vidéo de Jonathan Sacks que j’ai mentionnée plus tôt décrit le peuple juif comme une famille : « Nous pouvons n’être d’accord sur rien, mais nous demeurons une famille élargie. Et le fait est que si vous n’êtes pas d’accord avec un ami, le lendemain il ne sera sans doute plus votre ami. Mais si vous êtes en désaccord avec votre famille, le lendemain, elle sera encore votre famille. »

Si nous pouvions être l’un envers l’autre comme Jonathan Sacks le décrit, nous serions « une lumière pour les nations ». Et parce que nous ne le sommes pas, nous attirons sur nous les mêmes atrocités que notre désunion nous a attirées tout au long des âges.

Nous pouvons mettre fin à cette spirale qui nous entraîne vers le bas. Il est écrit dans le livre Shem MiShmuel : « Quand Israël est comme un “seul homme dans un seul cœur”, il est comme les fortifications contre les forces du mal. »

Le choix nous revient : soit nous sommes une nation modèle qui montre comment élever l’unité au-dessus de la désunion, soit nous serons condamnés par les nations, une fois de plus, comme la cause de tout ce qui va mal dans le monde.