Dans mon article précédent [1], j’ai mis en évidence l’idéologie anti-israélienne chrétienne telle qu’elle s’exprime dans les «écrits» de certains groupes et de quelques dirigeants chrétiens. Dans celui-ci, je me propose de passer en revue les «actes» que posent certains de ces éléments hostiles à l’existence même d’Israël en tant qu’entité géopolitique spécifique, c’est-à-dire en tant qu’État au Proche-Orient.

La « guerre par le boycott » : isoler et asphyxier un peuple entier pour l’exposer à la vindicte internationale [2].

Le boycott n’est pas une invention récente, il remonte à la fin du XVIIIe siècle [3]. D’entrée de jeu, il convient de préciser que le seul boycott légal est celui qui est décrété par un État souverain.

Il s’agit d’une mesure ou d’une série de mesures coercitives, tels des embargos sur certains matériels, produits, ou services. Leur but est de faire pression sur des États qui ne respectent pas les règles fixées par des institutions internationales telle l’ONU (Organisation des nations unies), pour amener les contrevenants à composition.

Le plus célèbre et le plus long boycott est celui qui a frappé l’Afrique du Sud pour contraindre ses autorités politiques à mettre un terme à leur politique de ségrégation raciale (apartheid) à l’encontre de la population noire du pays [4].

La nouveauté, dans le cas du conflit palestinien, c’est que cette arme idéologique est de plus en plus préconisée et pratiquement imposée par des groupes non étatiques, en particulier des ONG.

La justification de cette démarche consistant à se faire justice soi-même aux dépens des lois internationales est clairement explicitée par Omar Barghouti, frère du terroriste condamné à la prison à vie en Israël pour attentats meurtriers contre des civils :

[…] puisque la communauté internationale n’a pas été capable de demander des comptes à Israël sur ses violations de la loi internationale et des droits de l’homme, nous appelons la société civile internationale à prendre ses responsabilités pour qu’elle montre sa responsabilité morale, pour qu’elle demande des comptes à Israël en mettant en œuvre le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions [5].

Le boycott dont il est traité brièvement ici est celui dont est l’objet l’État d’Israël, en raison du conflit israélo-palestinien.

Plus connu sous le sigle de BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), forgé par les ONG pro-palestiniennes [6]. Le boycott dirigé contre l’État juif est si important et si répandu dans le monde, que l’encyclopédie électronique populaire Wikipédia lui consacre un article spécifique [7].

Avant le boycott d’Israël, il y a eu celui du sionisme, antérieur même à la création de l’État juif. La Ligue arabe a alors mis en œuvre le boycott formel du sionisme, dès le 2 décembre 1945, puis celui d’Israël. Le boycott est également imposé par diverses fatwas islamistes.

Entre 2002 et 2004, la « société civile » palestinienne appelle au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) [8].

Le coup d’envoi en est donné en 2005, à l’occasion de l’anniversaire de l’avis de la Cour internationale de justice, rendu à l’encontre de la Barrière de séparation, ou de sécurité (improprement appelée « Mur » par ses détracteurs, voire « Mur de la Honte » ou d’«Apartheid»).

Cet appel sera repris dans diverses rencontres internationales et notamment par le «Comité des Nations unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien». Ci-après, différents types de boycott infligés à Israël.

Boycott de produits de consommation

Des consommateurs de divers pays se sont ligués pour boycotter certaines sociétés, dont, par exemple, Starbucks ou Coca Cola, ou encore, L’Oréal. En décembre 2008, le Comité BDS appelle au boycott de cette société, en raison de ses «relations d’affaires avec Israël».

Désinvestissement

En 2002, l’archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix pour sa lutte contre l’apartheid, lance une campagne de désinvestissement d’Israël [9], conduite par des entités religieuses et politiques, pour mettre fin à l’occupation israélienne des territoires palestiniens conquis lors de l’opération militaire de 1967.

Cet appel sera suivi par le « Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien » et la «société civile palestinienne» [10], avec son appel au boycott, désinvestissement et sanctions.

Boycott académique [11]

L’idée d’une campagne européenne de boycott universitaire et culturel est née en Grande- Bretagne, au printemps de l’année 2002, et a été lancée dans une lettre ouverte signée par 125 universitaires et publiée par The Guardian [12].

Les signataires suggéraient d’appeler à un «moratoire», au niveau national et européen, jusqu’à ce qu’Israël se conforme aux résolutions des Nations unies et entame des négociations de paix sérieuses avec les Palestiniens, selon les schémas élaborés dans plusieurs plans de paix, y compris celui que soutiennent les Saoudiens et la Ligue arabe.

Cette lettre conduisit Mona Baker, de l’Université de Manchester, à révoquer deux universitaires israéliens, en juin 2002. En réponse à la critique du Premier ministre d’alors, Tony Blair, Mona Baker donna une interview au Daily Telegraph, ce qui lui valut 700 signatures d’approbation, dont celles de dix universitaires israéliens, ainsi que d’universitaires britanniques, canadiens, américains, ou libanais.

En réalité, affirmait-elle, je ne boycotte pas les Israéliens, je boycotte les institutions israéliennes. Je suis convaincue que, comme ce fut le cas pour l’Holocauste [13], longtemps après que tout cela sera fini, les gens admettront qu’ils auraient dû faire quelque chose, que c’était déplorable, et que l’université avait fait preuve de lâcheté en n’agissant pas de la sorte.

Instrumentalisation de la société dite «civile»

À tout cela il faut encore ajouter, sans entrer dans le détail de leurs modalités – ce qui nous entraînerait trop loin et allongerait démesurément ce billet –, les boycotts diplomatique, politique, culturel et, depuis peu, syndical, et militaire [14].

Il convient de noter un phénomène qui, me semble-t-il, n’a pas suffisamment retenu l’attention des analystes politiques, des juristes, des responsables politiques, ni même – ce qui est plus étonnant – des intellectuels et responsables communautaires juifs dans le monde.

Je veux parler du fait que ces mesures de rétorsion – que l’on peut qualifier de «sauvages», et qui sont, en tout état de cause, illégales au regard des lois qui régissent la liberté du commerce et de la consommation [15], sont préconisées par la puissante mouvance à laquelle on donne de plus en plus, aussi systématiquement qu’abusivement, le nom de «société civile» [16], et mises en œuvre par ses «militants» autoproclamés.

Il s’agit, en fait, d’ONG extrêmement politisées, dont l’agressivité militante et la partialité n’ont d’égales, dans de nombreux cas, que l’ignorance, souvent abyssale, des situations complexes à propos desquelles ces organisations et d’autres similaires prononcent présomptueusement des jugements sans appel, et l’hostilité pathologique dont elles font preuve envers l’État d’Israël et son armée de défense [17].

À ce stade, je me limite à signaler l’angoisse, voire la détresse, que suscite, chez les Juifs, tant en Israël qu’en diaspora, cette hostilité quasi universelle, d’autant qu’elle a pour paradigme – calomnieux mais extrêmement mobilisateur de l’opinion publique – la discrimination (apartheid), attitude universellement honnie, de nos jours [18].

Le parti pris anti-israélien d’organisations et de fédérations d’Églises chrétiennes

– À l’issue d’une réunion de son Comité exécutif à Genève entre les 16 et 19 mai 2006, le Conseil Mondial des Églises (CME), en anglais, Word Council of Churches, importante organisation œcuménique de la gauche chrétienne, affirmait que les actes d’Israël à l’égard des Palestiniens n’ont pas de justification morale, légale, ni même politique.

Le CME – qui compte 340 églises-membres dans plus de 100 pays, représentant approximativement 550 millions de chrétiens orthodoxes anglicans et protestants – insistait sur la disparité – qu’il estimait «choquante» – des forces en présence, et émettait ce constat sévère :

L’une des parties [Israël] s’apprête à établir des frontières définitives sur un territoire qui appartient à l’autre partie ; l’autre partie [les Palestiniens] est de plus en plus confinée dans les enclaves dispersées qui restent.

 

D’un côté, on prend le contrôle de plus en plus de terre et de ressources en eau ; de l’autre, il y a de plus en plus de familles privées de terre et de moyens de subsistance.

 

D’un côté, un maximum de gens habitent sur une terre occupée ; de l’autre, le nombre de réfugiés sans habitation et sans terre augmente.

 

L’une des parties détient le contrôle de Jérusalem, ville qui appartient à deux peuples et à trois religions mondiales ; l’autre – composée de musulmans et de chrétiens – voit sa présence démographique, commerciale et religieuse se clairsemer à Jérusalem [19].

Dans un article cinglant paru en juin 2006, la journaliste américaine Diana Appelbaum se scandalisait de ce qu’un pasteur presbytérien, le Révérend Arthur Suggs, de l’Église de l’Union Presbytérienne d’Endicott, ait pu diffuser, le mois précédent les propos suivants :

Ils [les Israéliens] ont dépouillé de ses vêtements le cadavre [d’un Palestinien] et l’ont traîné tout autour de la ville [attaché] à l’arrière de la jeep.

 

Ils [les soldats israéliens] ont coutume d’arriver vers 11 h du soir et de faire irruption dans des maisons, à l’improviste, en hurlant et en cassant, chacun d’eux braquant sa mitraillette sur le visage des membres de la famille. [Chez les Israéliens], le taux d’abus conjugaux et de sévices sexuels infligés à des enfants est le plus élevé du monde.

 

Les Palestiniens sont tellement isolés, par des murs, du reste de la société, que l’on constate chez eux davantage de malformations à la naissance, parce que les gens se marient avec des membres trop proches de leur parenté [20].

Appelbaum cite d’autres propos hallucinants qui figurent dans les lettres adressées à son fils par le Révérend Suggs, et témoignent de sa détestation des soldats israéliens et de son amour fervent des Arabes. Quand il en rencontrait, il leur lançait :

«Je suis un Américain qui étudie l’occupation de la Palestine».

Il avoue s’émerveiller de

«[s]’asseoir sur ces tapis persans […] et parler politique […] j’étais aux anges. Je ne parlais qu’avec des musulmans.»

Ayant concédé qu’il ne s’agit, après tout que «d’un ministre du culte presbytérien qui fait preuve de peu de jugeote», Appelbaum en vient aux propos – beaucoup plus lourds de conséquences, estime-t-elle, étant donné sa position hiérarchique – du Révérend Clifton Kirkpatrick, qui «a utilisé, sans frein et de manière répétée, une phraséologie dépeignant les Israéliens comme des monstres immoraux», accusant Israël de «tirer aveuglément sur des enfants et des personnes âgées dans les rues», de perpétrer des «attaques impitoyables», de faire preuve de «violente fureur», de «terroriser», «d’envahir des hôpitaux», d’«attaquer à la roquette des immeubles où habitent des civils innocents», et d’«attaquer brutalement la Police palestinienne et des civils, y compris des femmes, des hommes et des enfants habitant dans des camps de réfugiés».

Toujours selon Appelbaum, le Dr Robert H. Stone, un «Ancien» de l’Église Presbytérienne, professeur retraité de morale chrétienne au Séminaire Théologique Presbytérien de Pittsburg,

«exprimait probablement les vues d’autres dirigeants presbytériens quand il disait à la presse, au cours d’une rencontre avec le Hezbollah, au Liban, en 2004 [21], qu’il était plus facile de dialoguer avec des terroristes qu’avec des Juifs à propos du Moyen-Orient».

La journaliste rapporte encore qu’en mars 2002, un certain nombre de personnes habitant la Terre Sainte, dont cinq Presbytériens […] signèrent le texte d’une lettre ouverte adressée au Secrétaire d’État américain, Colin Powell [22], dans laquelle ils accusaient Israël de

tirs aveugles de soldats de l’IDF (Armée de Défense d’Israël), aux points de contrôle, sur des civils, dont des enfants, des femmes, des vieillards et des infirmes […]

Ils prétendaient que

des missiles de fabrication américaine pleuvaient dru et aveuglément sur des zones civiles, tirés par des hélicoptères Apache et des chasseurs F16 de fabrication américaine, ainsi que par des chars israéliens […]

Et plus généralement, [ils accusaient les Israéliens] de

«cupidité et d’arrogance, de violence et de destruction».

Et Appelbaum de citer à nouveau le Révérend Suggs qui, écrit-elle,

démontre sans ambiguïté à quel point il accepte les stéréotypes de juifs [décrits] comme des assassins brutaux, quand il écrit : «Un de ces jours, je vous parlerai de ce que cela fait aux âmes des Israéliens aussi. Le militarisme est programmé en eux, de manière indélébile, dès leur plus jeune âge, au point que lorsqu’ils ont un problème, c’est la solution qu’ils choisissent en premier.»

Et encore :

Les Israéliens assassinent [murder] quelque chose comme une ou deux [personnes] par semaine, habituellement des jeunes hommes.

Enfin, Appelbaum déplore que

de trop nombreuses publications de l’Église [presbytérienne] tombent facilement dans la diabolisation occasionnelle des Juifs israéliens [23].

Elle cite comme exemple un poème intitulé «Sainte Terre», paru dans inSpire [24], publication du Séminaire Théologique de Princeton, de l’Église Presbytérienne des États-Unis, dont j’ai traduit cet extrait :

Ils ont été abattus dans les rues comme des chiens sauvages […] des obus antichars ont été tirés sur des immeubles, des foules, des familles et des corps […] Son père réduit à être un bouclier humain suppliant. […] nous regardions ce petit garçon [al-Dura] assassiné […] les justifications [ ?] et le piétinement de son sang sur le sol […] même le conducteur de l’ambulance qui s’était précipité pour parvenir jusqu’à lui a été tué […] Et p… d’ «œil pour œil» ! Le corps d’un enfant israélien de douze ans n’équivaudra pas à une seule tache de rousseur sur la joue de Rami [25]. Je me souviendrai de ce petit garçon assassiné en Palestine par ceux qui ne croient pas en Dieu – une histoire qui se répète, deux mille ans après qu’un charpentier ait été crucifié pour ses miracles [26].

Pour finir, je fais miennes les questions de Diana Appelbaum :

  • Pourquoi un magazine presbytérien a-t-il publié un poème aussi haineux ?
  • Pourquoi des membres de la hiérarchie et du clergé presbytérien continuent-ils non seulement à utiliser un langage diabolisant quand ils parlent d’Israël, mais à publier de fausses accusations contre des Juifs israéliens ?

– Une autre organisation chrétienne est plus mesurée dans ses propos, mais n’en accuse pas moins gravement l’État d’Israël. Dans un passage de son rapport [27] (déjà cité plus haut) présenté le 26 août 2009 au Comité central du Conseil Œcuménique des Églises, principal organe directeur de l’organisation, son secrétaire général sortant, le pasteur Samuel Kobia, cité dans le chapitre précédent, déclarait, entre autres :

l’occupation, associée à l’humiliation de tout un peuple pendant plus de six décennies, n’est pas simplement un crime économique et politique : tout comme l’antisémitisme, c’est un péché contre Dieu [28].

– Je ne puis clore ce bref survol des organisations chrétiennes durement critiques à l’égard d’Israël sans évoquer le Centre Sabeel [prononcer Sabil], fondé par le prêtre anglican palestinien, Naim Ateek, déjà cité plus haut, grand diffamateur de l’État juif.

Au cours d’une émission de radio diffusée en juillet 2009, sur KUOW, une chaîne de l’Office national de Radiodiffusion de Seattle (U.S.A.), Ateek est revenu sur un thème omniprésent dans ses écrits :

la conception selon laquelle le dieu décrit dans certaines Écritures juives est «un dieu primitif, violent et tribal, qui ne se préoccupe que des Juifs [29]».

Marcion (1er-2ème s.) ne parlait pas autrement.

Dans cette émission, Ateek présentait la théologie palestinienne de la Libération comme un moyen utile pour aider les gens à comprendre

«comment la bible a été exploitée par des extrémistes religieux juifs et des chrétiens sionistes [qui] utilisent la Bible contre les Palestiniens».

Selon Ateek, cité par Van Zile,

«des gens citent la Genèse [pour prouver] que Dieu a donné la terre au peuple juif. Conséquence : du fait que la terre leur a été donnée par Dieu, ils ont un droit d’origine divine sur cette terre, tandis que les Palestiniens n’en ont aucun et doivent s’en aller. C’est la mauvaise manière d’interpréter l’Écriture. La Théologie palestinienne de la Libération vient vraiment aider les gens à comprendre que le message de la Bible est sans rapport avec un dieu qui serait un personnage s’occupant d’un lopin de terre ici ou là, [alors qu’il est] un dieu de justice, un dieu de paix, un dieu de compassion.»

Van Zile, l’auteur de l’article cité, auquel j’emprunte largement ici, s’interroge en ces termes :

Quel type de dieu propose le prétendu ministère de «pacification» d’Ateek ? C’est une question qui va de soi, étant donné la critique que fait Ateek de l’exclusivisme et de la brutalité d’un dieu, dont il affirme que les Juifs et les chrétiens sionistes se servent pour justifier la politique israélienne. Ateek, qui condamne la croyance en un dieu qui réserverait sa bénédiction exclusivement au peuple juif, propage [par contre] l’ordre du jour d’un dieu qui réserve son jugement et sa colère à Israël, et spécialement à ses habitants juifs.

Et de citer Ateek affirmant, dans sa prestation à radio Weekday :

Aujourd’hui, le peuple juif ne souffre pas. Il est l’oppresseur […] Il peut se débarrasser de sa souffrance s’il pratique la justice. […] Israël ne veut pas la paix. Cela fait partie du problème, Israël veut se débarrasser des Palestiniens, et c’est, malheureusement, ce qui s’est produit. Pourtant, Israël peut se débarrasser de tant de souffrance s’il agit avec justice dans cette direction.

Ce que commente Van Zile avec une sévérité sarcastique :

De ce point de vue, Ateek accorde à Israël le pouvoir de mettre unilatéralement un terme au conflit israélo-arabe par des concessions et des offres de paix. Dans la logique d’Ateek, le fait que les Palestiniens aient eu recours à des actes de violence persistants contre Israël est la preuve de l’intransigeance d’Israël, et non du rejet arabe. En effet, qui veut se débarrasser de qui au Moyen-Orient ?

Pour Ateek, l’offre d’Israël, à Camp David,

durant l’été 2000, son acceptation des paramètres de Clinton, l’hiver suivant, son retrait de la bande de Gaza, en 2005, et l’offre d’Olmert, en 2008, de se retirer de 93 pour cent de la Cisjordanie, sont sans valeur. En dépit de ces concessions, de ces retraits, et d’autres [actes semblables], Ateek considère que la violence à l’encontre d’Israël est de la faute d’Israël. En somme, rien de ce que fait Israël n’est assez bon pour le dieu qui est l’inspirateur de la prédication dAteek, et très peu de ce que les Palestiniens ont fait de mal mérite le jugement divin, ou même une remontrance bénigne.

Et pour conclure ce bref survol de la théologie accusatrice du Palestinien anglican Ateek, je cite la conclusion de Van Zile :

Alors qu’Ateek procède à un examen pointilleux de la théologie des chrétiens sionistes et des extrémistes juifs, il traite à la légère la théologie qui inspire la violence musulmane envers des Juifs et le refus islamique d’accepter l’idée d’un État juif souverain. Son exégèse méticuleuse des Écritures juives et ses appels répétés à l’universalisme du christianisme — qui visent invariablement les croyances et les politiques juives — témoignent d’un dieu hanté et offensé par le refus juif d’accepter le christianisme, et tacitement indifférent à une intolérance musulmane à l’égard des juifs. La théologie musulmane de la terre et du peuple juifs joue un rôle important, voire dominant, dans l’incitation à la violence contre Israël au Moyen-Orient, mais ni Ateek ni Sabeel le groupe qu’il dirige – ne traitent de ces sujets de manière éclairée. Voici une question que l’intervieweur aurait pu poser à Ateek : Pourquoi consacre-t-il un temps aussi disproportionné à condamner les chrétiens sionistes, qui n’ont jamais fait sauter un autobus, et à un petit nombre de colons juifs, dont la violence envers les Palestiniens, bien que condamnable, n’arrive pas à la cheville des méfaits perpétrés contre les Israéliens par des groupes comme le Hamas et les Brigades des Martyrs d’Al Aqsa ? Le récit du conflit israélo-arabe, que fait Naim Ateek, et qui se coule dans le langage d’un pacifisme chrétien, témoigne de l’existence d’un dieu sourd, muet et aveugle, qui se sert de la violence musulmane et arabe contre Israël comme d’un châtiment contre le peuple juif.

© Menahem Macina

[1]Quand des Chrétiens font cause commune avec les détracteurs d’Israël”, Times of Israël, 5 novembre 2014.

[2] Je reprends ci-après, à l’identique et avec l’autorisation de l’éditeur, les pages que j’ai consacrées à cette thématique dans mon premier ouvrage : M. Macina, Chrétiens et juifs depuis Vatican II, 2009, p. 287-291.

[3] Voir l’article «Boycott», dans Wikipédia.

[4] Cf. l’article de Omar Barghouti, «Boycott culturel et sportif contre l’apartheid israélien».

[5] Voir les articles de Wikipedia : «Apartheid» ; «Opposition internationale à l’Apartheid».

[6] Dans l’article précité, Barghouti résume ainsi les prétendues exactions israéliennes : «L’occupation, la colonisation, le système de discrimination raciale contre les Palestiniens à l’intérieur d’Israël, qui est une forme spécifique israélienne d’Apartheid, ainsi que la négation des droits des réfugiés palestiniens.»

[7] Les développements qui suivent sont largement tributaires de cet article, intitulé «Boycott d’Israël».

[8] Sur cette formule, voir le Blog consacré au boycott d’Israël «Boycott Israël – Campagne BDS France».

[9] Quelques exemples : En 2006 une banque hollandaise, ASN Bank, se retire de Veolia, en raison de sa participation à la construction du tramway de Jérusalem. En octobre 2008, le Suédois Assa Abloy annonce qu’il délocalise une usine de production de la zone industrielle de Barkan, en Cisjordanie. En 2008, le ministère des Affaires Etrangères suédois fait savoir que «l’opinion du gouvernement suédois est que la création d’entreprises ou les relations d’affaires avec des entreprises situées dans les colonies sont déplacées». En novembre 2008, les Britanniques exigent à nouveau que les produits israéliens venant des territoires palestiniens ne soient pas détaxés. Tsipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères s’inquiète pour les exportations israéliennes en direction de l’Europe et elle constate amèrement que cette situation est le fruit des longs efforts d’un lobby pro-palestinien qui pousse les Britanniques à l’action. Le 10 janvier 2009, Richard Ramsey, directeur d’une compagnie de télécommunication britannique rompt ses relations avec la firme israélienne de technologie MobileMax. Le 16 janvier 2009, le quotidien Yediot Aharonot fait état de l’inquiétude des agriculteurs israéliens qui ne parviendront pas à vendre une partie de leur production. Début juin 2009, la presse se faisait écho de ce que Veolia et Alsthom, les deux entreprises françaises impliquées dans le projet controversé du tramway de Jérusalem – réputé illégal car il reliera la Ville sainte aux blocs d’implantations des quartiers périphériques de Jérusalem – allaient se retirer et vendre leurs parts, mais d’autres informations affirment que Veolia embauche encore (B. Barthe, «Veolia, futur exploitant du controversé tramway de Jérusalem, paie son implication»).

[10] Sur la «société civile» et son instrumentalisation, voir Gerald Steinberg, «Manipulation de la société civile».

[11] Voir, sur le site de Wikipedia, l’article «Boycott académique d’Israël».

[12] D’après The Guardian du 6 avril 2002.

[13] On notera l’énormité et l’indécence du parallèle.

[14] Voir Barak Ravid, «La Grande-Bretagne décrète un embargo partiel en raison de la guerre de Gaza».

[15] Comme l’atteste l’article suivant : «La Cour européenne des droits de l’homme confirme une condamnation pour boycott de produits».

[16] Voir G. Steinberg, «Manipulation de la société civile», déjà cité.

[17] Le titre de l’article, déjà cité, de G. M. Steinberg, «Les ONG sont en guerre avec Israël», exprime cela sans langue de bois comme d’ailleurs sans paranoïa, ainsi que pourra le constater quiconque lira l’article sans idée préconçue, ni parti pris.

[18] Voir l’article de G. M. Steinberg, «De l’abus du terme Apartheid en faveur de la cause palestinienne».

[19] Voir : George Conger, «World Council of Churches slams Israel».

[20] Voir Diana Appelbaum, «Quand des Presbytériens portent un faux témoignage» ; et l’article original en anglais ; le récit de Suggs est en ligne sur le site Salomonia.

[21] «Presbyterian Church Leaders Meet with Terrorists in Lebanon» ; «ADL Says “Irresponsible” Decision Furthers Interfaith Rift».

[22] Voir la pétition en ligne.

[23] Pour en savoir davantage sur la phraséologie utilisée par l’Agence de Presse Presbytérienne, consulter cette page du site End Divestment Now.

[24] On peut lire le texte de l’original anglais sur le site de InSpire, Spring 2001, vol. 5/3.

[25] Prénom supposé de l’enfant Al-Dura, à l’époque de la fusillade.

[26] Il s’agit, bien sûr, de Jésus, considéré par les juifs comme le fils du charpentier Joseph. On remarquera, au passage, l’allusion – discrète mais probablement intentionnelle – à la théorie du «déicide», ou à la nature réputée criminelle des juifs, censés immoler un enfant chrétien à chaque fête de Pâques et utiliser son sang pour confectionner la matsa (légende du meurtre rituel).

[27] Voir «Pour le Conseil Oecuménique des Eglises: «l’occupation israélienne est un péché contre Dieu». Texte sur le site Rivtsion.org.

[28] Sur son site, le COE revendique 349 Églises dans le monde.

[29] Je suis de près l’article de Dexter Van Zile, «Anglican priest disgraces authentic Christianity», traduction française : «Un prêtre anglican déshonore le christianisme authentique».