« Parc à jeux. Réservé aux enfants. Interdit aux Juifs », lisait-on à Paris en 1942.

1.500.000 d’enfants Juifs seront assassinés. Au trou du cul du monde. Parce que l’on niait leurs droits d’être des enfants. « Réservé aux enfants. Interdit aux Juifs », pouvait-on lire sur les écriteaux.

1.500.000 de bébés, de nourrissons, d’enfants Juifs assassinés n’ont pas fait les gros titres de la presse internationale. Leur sang est resté lettre morte. Dans les tiroirs des organes de presse.

En politique, l’image du sang a ses préférences.

Mohammed al Durah, un jeune palestinien de douze ans, a bouleversé les médias, le 30 septembre 2000, le deuxième soir de la Deuxième Intifada, lorsque les télévisions du monde entier ont diffusées les images d’un échange de tirs entre forces palestiniennes et l’armée israélienne, sous-entendant que le garçon aurait été victime de tirs israéliens.

J’ai été choqué comme tout un chacun par ces images. Elles sont devenues l’emblème de la révolte palestinienne. Elles ont le plus contribué à la diabolisation de l’Etat d’Israël. Comme un Israël tueur d’enfants.

Dans les médias, il y a les images qui font la une. Et celles qui restent des lettres mortes. Dans les tiroirs des rédactions.

Le 11 mars 2011 à Itamar, cinq membres de la famille Fogel, ont été égorgés dans leur sommeil, par des « résistants » palestiniens.

Hadas avait trois mois. Elad avait quatre ans. Yoav avait onze ans.

Les photos du massacre étalées dans la presse israélienne, on voyait les enfants égorgés dans leur lit. Il y avait du sang partout.

Elles n’ont jamais contribué à la diabolisation de l’Autorité Palestinienne ou du Hamas. Comme des tueurs d’enfants.

Elles ont été détournées. Lors du dernier conflit avec Gaza. Elles se trouvaient sur les réseaux sociaux. Pour contribuer à la diabolisation de l’Etat d’Israël. Comme un Israël tueur d’enfants.

Les colporteurs des images n’ont pas remarqué la « mezouza », l’étui contenant deux passages du Deutéronome, sur le linteau de la porte de la chambre, prouvant l’appartenance juive des enfants baignant dans leur sang.

Dans la guerre des propagandes contre la nation juive, les colporteurs de fausses informations sont foison. Ils utilisent une nouvelle terminologie pour ne pas dire pathologique jusqu’au mensonge par omission. Les images des massacres à travers le monde trouvent une nouvelle jeunesse. Elles sont recyclées pour la bonne cause. De la désinformation.

J’ai vu tellement d’images détournées dans ma vie. J’ai vu tellement de photographies tronquées ces derniers temps. Que je ne crois plus ce que je vois. Ou qu’on voudrait me faire voir.

Pour faire de l’audience, il faut choquer, un monde blasé, à n’importe quel prix. Jouer sur l’émotion du public ou de l’opinion qui s’identifie toujours aux victimes. Qu’on  lui présente.

Dans les médias, l’image du sang a ses préférences.

Trois enfants Juifs ont été assassinés. Sans faire de réelles vagues médiatiques. Où, nous n’avons pas eu droit aux images. Des victimes innocentes. D’un conflit qui n’était pas le leur. Sinon du délit de sale gueule juive. Filmées par les caméras de vidéosurveillance de leur école. Ou par celle du tueur ceinturée sur sa poitrine.

Elles ont été jugées trop horribles pour être diffusées. Comme un obstacle à dire le vrai. A la vérité. A la montrer.

Et pourtant. Trois de plus diront certains. Rien que trois, diront d’autres. Encore des Juifs, diront encore d’autres.

Si le poids des mots ne tient pas. Devant le choc des photos. On peut toujours tenter l’approche de l’imagination. Tout en sachant d’avance que les dés sont pipés. Puisque jusque dans la mort d’enfants les médias font des différences. Par manque de compassion. Selon les morts. Qui les regardent.

Gabriel avait trois ans. Ou pas encore. Parce qu’il portait les cheveux longs. Et que les familles religieuses attendent trois ans avant de couper les cheveux de leurs garçons. Il avait une petite bouille à couper le souffle tant il était mignon.

Aryeh avait six ans. Il avait les cheveux courts. Une petite binette charmante. A se retourner sur lui, en le voyant passer dans la rue. Où, il ne passera plus. Jamais.

Il paraît par vengeance. Mais qui voudrait se venger d’un enfant comme Aryeh ? Ou alors qu’a-t-il fait pour mériter la mort ? Sinon naître où il ne faut pas. A mettre sa vie en danger. Comme d’autres petits garçons avant lui. Et je crains pour d’autres après lui. Naître comme un petit garçon Juif. Et mourir assassiné pour être un petit garçon Juif.

Il paraît par idéologie. A se demander laquelle. Sinon celle d’un nouveau califat. Ou ses déferlantes. Le déploiement d’un voile. Pour obscurcir. L’humanité. D’un monde libre.

J’ai lu qu’un des petits garçons à rampé à terre. Aux côtés des corps de son père et de son frère. Si ramper signifie se traîner, j’imagine que c’est plutôt un petiot âgé de deux ou trois ans qui s’est traîné. Alors qu’Aryeh gisait déjà dans son sang. Quand Gabriel l’a rejoint. Une balle à bout portant.

J’ai été bluffé en apprenant que l’assassin est entré si facilement dans l’école, Otzar Hatorah de Toulouse, le 19 mars 2012. L’école de mes enfants était déjà, trente ans plus tôt, un bunker avant date. Où, les enfants apprenaient à partir de deux ans et demi ou trois ans, en cas d’attaque terroriste, à sortir de leurs classes et se glisser en rangs vers un passage les menant dans l’une des rues du voisinage.

Il y a plus de trente ans, l’angoisse nous collait, déjà, à la peau, en déposant nos enfants à l’école. Ne sachant pas si nous les retrouverions le soir. Vivants.

Myriam avait quelque ou presque huit ans. De longs cheveux. Une tête blonde. Des yeux grands ouverts. De la beauté de l’enfance. Qu’elle ne connaîtra plus.

Parce qu’un autre en a décidé. En l’empoignant par les cheveux. En pointant son arme sur sa tempe. Qui s’enraie. Le temps de changer de calibre. Et de la tuer.

« Comme un Israël tueur d’enfants », disais-je. Comme les Juifs l’étaient auparavant. Par un retour d’image. Ou de sa faconde. Le caquet de l’antisémitisme.  Pour retourner l’opinion. Où l’humain est complètement dépourvu. De sens commun.

Alors que certains cherchent des excuses. Ou comment justifier un tel acte. Je retiens les mots de l’assassin. Avoir éprouvé un plaisir infini et regretter de ne pas avoir fait plus de victimes.

Qui peut éprouver du plaisir en tuant des enfants ? Qui peut regretter de ne pas faire plus de victimes ? Sinon des décérébrés de la pire espèce. Qui n’ont d’humain que le nom. D’une idéologie. Comme aujourd’hui. Comme auparavant. Comme toujours.

Je n’imaginais plus que ce soit possible. De vendre des enfants sur des places publiques. Comme esclaves. Mais pas seulement. Des esclaves. Des esclaves sexuels. Pour assouvir toutes les perversions. D’un monde. Qui se perd. A se taire.

Un monde qui se tait. A se perdre. Devant des enfants crucifiés. Aux carrefours des civilisations. Un monde qui se perd. A se taire. Devant des enfants brûlés dans des cages. Comme à l’époque de l’Inquisition. Ou décapités. Au théâtre de l’absurde. Ou jetés dans des fosses vivants ou morts. Comme des excréments. Dans la discrétion des médias. Mais pas dans l’anonymat des bourreaux. Leurs photos, leurs vidéos envahissent les réseaux. Sociaux. De génocides en cours.

Mais où sont passés les défenseurs des droits de l’homme ? Aux abonnés absents. Les dénonciateurs des génocides. Les pourfendeurs des crimes contre l’humanité.

Les enfants des Yazidis ne valent pas une plume. Ni les enfants des Chrétiens d’Orient, ni les enfants des Assyriens, ni les enfants des Kurdes. Sinon quelques-unes dans des papiers éparpillés. Sur la situation en Irak. Et pourtant. Il y a le devoir de dénoncer le crime. Avant le devoir de mémoire. De ceux qui n’ont plus de noms. Ou l’amnésie collective du jour ou de l’époque.

A compter tous les morts. On se perd quelquefois. A être vivant.

Plus de 220.000 morts en Syrie. Plus de 10.000.000 millions de réfugiés. Dont  plus de 3.800.000 dans les pays voisins. Ni le gazage de ses populations. Ne provoquent les grands émois. Des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. De la presse. Des politiques.

Des millions de réfugiés au Soudan du Sud ou en République Centrafricaine. Au seuil de la famine ne suscitent pas certains émois. Dans la presse. Ou chez les politiques.

51.000.000 de réfugiés à travers le monde ne mettent pas la planète en effervescence. Sinon Gaza. Pourquoi ?