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La Gen Z aux urnes

Illustration. Urne électorale lors d'une réunion de la commission centrale électorale à la Knesset, le 18 décembre 2019. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)
Illustration. Urne électorale lors d'une réunion de la commission centrale électorale à la Knesset, le 18 décembre 2019. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Ils ont entre 18 et 22 ans et pourront voter pour la première fois le 27 octobre prochain. Ils sont 640 000, soit 8,5 % du corps électoral, un électeur sur douze. En d’autres termes, leur vote équivaut à 10 mandats. De quoi susciter l’intérêt des candidats. D’autant que dans une enquête réalisée en mai dernier, 9O % des jeunes déclaraient avoir l’intention de voter. Alors qu’aux élections de 2022, le taux de participation global était de 70,6 %.

Les partis politiques multiplient leurs interventions sur les réseaux sociaux préférés de la jeunesse, Tik-Tok et Instagram (car dans la Gen Z, « Facebook, c’est pour les vieux ! »). Le nombre de « followers », de « like », de réponses et de partages est scruté par les candidats. Ils vont aussi sur le terrain. Tous les leaders se rendent dans les écoles (à l’exception de Binyamin Netanyahou pour le moment) et se font photographier avec leurs jeunes supporters. Un parti est allé plus loin, celui de Naftali Bennet, qui présente en dixième position, c’est-à-dire en position éligible, un candidat de 24 ans, Yonathan Shalev, le dirigeant d’une association de réservistes.

Pour qui voteront les jeunes électeurs ? Plus à droite que leurs aînés déclarent nombre d’analystes. Ce qui semble logique dans une société de plus en plus à droite et où la démographie joue grandement en faveur des partis de l’actuelle coalition.

La proportion d’ultra-orthodoxes et de religieux est plus importante dans la jeune génération en raison d’un taux de natalité important dans leurs familles (respectivement, 6,5 par femme ultra-orthodoxe et 4 par femme orthodoxe mais pas ultra). Dans les écoles ultra-orthodoxes, la parole de leurs partis règne sans partage. Et au sein des établissements du secteur national-religieux, l’influence du sionisme de droite est dominante.

La méfiance vis-à-vis du monde arabe a aussi sa part dans cette génération 7-Octobre marquée par les massacres au festival Nova.

Les analystes révèlent une autre tendance intéressante : les jeunes voteraient comme leurs parents, mais pas tout à fait. Pour le même camp, mais pas forcément pour le même parti. Ainsi, à droite, le Likoud serait délaissé par la jeune génération au profit des partis extrémistes, ceux d’Itamar Ben Gvir et de Betzalel Smotricht.

Les partis ultra-orthodoxes ne sont pas à l’abri des inclinations de la Gen Z. Shas, en particulier, serait boudé par les jeunes électeurs ultra-orthodoxes des quartiers pauvres et des villes de développement séduits par les discours guerriers d’un Ben Gvir.

Quoiqu’il en soit, la Gen Z a déjà imposé son mode d’information et d’expression politique : les réseaux sociaux. En Israël aussi, pour la jeunesse, la politique c’est d’abord sur Tik-Tok.

à propos de l'auteur
Philippe Velilla est né en 1955 à Paris. Docteur en droit, fonctionnaire à la Ville de Paris, puis au ministère français de l’Economie de 1975 à 2015, il a été détaché de 1990 à 1994 auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Il a aussi enseigné l’économie d’Israël à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 1997 à 2001, et le droit européen à La Sorbonne de 2005 à 2015. Il est de retour en Israël depuis cette date. Habitant à Yafo, il consacre son temps à l’enseignement et à l’écriture. Il est l’auteur de "Les Juifs et la droite" (Pascal, 2010), "La République et les tribus" (Buchet-Chastel, 2014), "Génération SOS Racisme" (avec Taly Jaoui, Le Bord de l’Eau, 2015), "Israël et ses conflits" (Le Bord de l’Eau, 2017), "La gauche a changé" (L'Harmattan, 2023). Il est régulièrement invité sur I24News, et collabore à plusieurs revues.
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