D’ordinaire, je ne me sens pas très à l’aise avec les mots qui englobent plus qu’ils ne nuancent le réel. Des mots comme capitalisme, nation, peuple, mondialisation, littérature, histoire, cinéma etc, me laissent assez froid tel quel.

Je cherche plutôt le réel dans les mots du quotidien : pomme de terre, raisin, pain, guitare, pluie, éclaircies, mésanges… Comment parlerai-je d’Israël, moi qui ne sais même pas cuisiner un Gefilte fish ? Mais bon, il faut quand même chercher de temps en temps à donner du sens à ces « grands mots » aux multiples significations.

J’ai aimé lire sous la plume de Maurice-Ruben Hayoun dans un de ses récents posts, celui du 19/12/17 intitulé « l’Europe et Israël » :

«L’histoire politique de l’Europe, un continent qui doit toute sa culture à la Bible hébraïque et au christianisme, plutôt au judéo-christianisme, puisque le Décalogue en inspire toutes les valeurs sur lesquelles il se fonde, a dévié de sa trajectoire première. Et les ministres de l’UE devraient s’en souvenir de temps en temps. »

Combien de textes écrits aujourd’hui pour défendre cette évidence ? En réalité pas assez. Israël et l’Europe ont ceci en commun que leur renaissance, s’inscrit à la suite du chaos de la 2nd guerre mondiale. Chaos provoqué par deux régimes totalitaires matérialistes ultra criminel, dont l’un d’eux a voulu exterminer le Peuple du Trésor, comme l’appelle Bernard Henri Lévy.

Alors oui, en toute conscience des tragédies du XXème siècle, les pires jamais advenues sur la planète, la question des racines Judéo-Chrétiennes de l’histoire politique de l’Europe, dont la Bible Hébraïque est le « premier moteur », devrait se poser, tant elle est cruciale pour l’avenir.

L’histoire d’Israël est consubstantiellement liée à celle de l’Europe, et réciproquement.

Né en 1973, où en suis-je avec l’après Seconde Guerre mondiale ? J’y suis toujours. Hélas, une guerre ne s’arrête pas seulement avec des accords de Paix. Il convient également de panser et de penser les blessures, de reconstruire.

La reconstruction d’après guerre ne s’arrête pas non plus dans les années soixante du XXème siècle, elle continue encore aujourd’hui. Tout cela prend du temps. Il y a fallu 40 ans après l’horreur des camps d’extermination et la ténacité héroïque de Claude Lanzmann pour qu’un film comme Shoah (1985) frappe à jamais les consciences sur le sujet.

Quarante ans, c’est vertigineux. Ce destin commun d’Israël et de l’Europe dans la construction ou la reconstruction m’évoque un des concepts clés du Judaïsme, le Tikkoun Olam ou la « Réparation du monde ».

Encore faut-il, pour réparer, prendre la mesure de ce qui a été détruit (et de ce qu’on a voulu détruire !), et d’avoir conscience d’agir pour l’avenir sur des bases solides que l’on soit croyant ou non.

Comme le couple Franco-Allemand, la fraternité Israël-Europe devrait être au centre des préoccupations politiques internationales (toujours les grands mots, mais j’assume !). Bien sûr, les problématiques politiques d’Israël et de l’Europe ne sont pas les mêmes, et c’est peu dire.

Mais sachons au moins reconnaître que tous ces Etats devraient continuer de s’édifier sur une base commune, une base historique, main dans la main, enfin, pour « rectifier la trajectoire », comme l’écrit Maurice-Ruben Hayoun. Propos idéalistes ? Naïfs ? Simplistes ? Pas si sûr… J’écris ces mots simples comme je redis à mes amis et à ma famille que je les aime, malgré l’éloignement. Et meilleurs vœux de paix à toutes et à tous pour 2018 !