Hariri a entériné la main-mise du Hezbollah sur le Liban, il ne pouvait plus se taire, il a officialisé la prise du contrôle de ce pays, qui date de l’après-guerre de 2006, et non comme on voudrait le faire croire depuis seulement quelque temps.

Tout le monde s’étonne aujourd’hui de cette situation, qui n’a été possible, je le rappelle, que par le sauvetage de cette organisation terroriste, opéré grâce à une intervention du Conseil de Sécurité de l’ONU en 2006 réuni à la demande expresse de la France, qui voulait éviter absolument une défaite annoncée du Hezbollah après trois semaines de combat.

La France a pesé de tout son poids pour éviter soi-disant, une berezina au Hezbollah comme si c’était vital que le Hezbollah soit sauvé, alors qu’Israël, après quelques revers au début de ce conflit avait pris le dessus, et qu’Il ne faisait plus aucun doute qu’elle allait en finir avec cette organisation terroriste qui pourrissait le Liban depuis longtemps déjà.

Le Hezbollah, fort de son relatif succès des premiers jours du conflit, sauvé des eaux par le Conseil de Sécurité, auréolé de sa nouvelle stature, celle de la seule armée arabe qui ait tenu tête à la plus forte armée du Proche-Orient, n’eut aucun mal à s’emparer totalement du pouvoir au Liban, ce qui fut fait quelque temps après lors d’élections au cours desquelles son « «aura » d’après-guerre lui aura permis d’obtenir un succès retentissant.

Depuis l’arrivée de Trump au pouvoir, la mise au pas du Hezbollah est en marche, et c’est à l’Arabie Saoudite que les Américains ont fait appel pour rétablir la souveraineté du Liban et la remettre aux mains de ceux qui la détenait avant que le Hezbollah ne fasse main basse sur tout le pays.

Hariri, dont tout le monde sait qu’il est aussi de nationalité saoudienne à sonné le tocsin, il a donné sa démission, qui a pour but de faire savoir officiellement que son pays n’était plus souverain, et que pour retrouver son statut d’antan, il fallait se débarrasser de ce mouvement terroriste, d’où son voyage à Riad et sa démission à partir de ce territoire, pour bien faire comprendre que c’est à partir de ce pays que viendra la reprise en mains de son pays.

Mais c’était sans compter sur la France qui a vu le stratagème americano-saoudo-haririen se mettre en branle, d’où le voyage non prévu du Président français M.Macron à Riad, qui s’est précipité pour le déjouer, allant jusqu’à « exfiltrer » M.Hariri à Paris pour mettre toute son influence pour le faire revenir sur sa démission, pour la France le statu-quo doit prévaloir à tout prix, rien ne doit être tenté qui puisse mettre en danger la stabilité actuelle au Liban.

Si un conflit devait se déclarer, ce serait toute la reprise des affaires avec l’Iran qui pourrait être remise en cause, d’une part, et si le Hezbollah devait être éliminé du pouvoir, le Liban pourrait enfin devenir le troisième état limitrophe d’Israël à envisager une paix avec ce pays, et comme la France n’a jamais joué celle-ci pour des raisons économiques et financières, il ne faudrait surtout pas que ça bouge.

En 2006,je n’ai pas oublié que c’est la France qui avait fait pencher la majorité du Conseil de Sécurité pour sauver le Hezbollah, elle fit voter l’arrêt des combats en promettant d’envoyer 3000 soldats français pour interdire aux forces du Hezbollah de revenir au Nord d’Israel, et d’empêcher la remilitarisation du Hezbollah du fleuve Litani à la frontiere israélienne.

La France fit voter avec les votes d’autres pays la Résolution 1701 sur ces bases-là mais aucun d’entre eux ne les fit respecter, les USA non plus, ce qui m’amène à pensé qu’eux aussi font semblant de rechercher la paix mais pas trop quand même, ce qui bénéficia au Hezbollah qui en profita pour pousser son avantage en prenant le contrôle du pays tout entier.

Le Liban étant depuis toujours l’allié et ami de la France, les raisons qui ont poussé la France, plus que tout autre en 2006, à sauver l’organisation terroriste du Hezbollah par ce vote au Conseil de Sécurité n’ont pas changé, la France s’est accommodée jusque-là de la situation qui prévaut depuis la prise de contrôle du Liban par ces terroristes.

Je constate simplement que c’est au moment où le Premier ministre libanais Hariri, avec l’appui de l’Arabie Saoudite, le soutien des États-Unis et celui non-négligeable des pays sunnites de la région, veut revenir à une situation normale, celle qui prévalait avant 2006, que la France met une nouvelle fois tout son poids dans la balance pour influencer Hariri afin qu’il ne bouleverse pas un statu-quo qui lui sied « à merveille ».

Depuis le fabuleux voyage de Sadate à Jérusalem, et de la fine bouche que fit la France, qui avait fait savoir qu’elle n’était pas favorable à une paix séparée avec la seule Egypte, je n’arrive pas à me défaire de mon analyse qui veut que décidément, NON, la France n’est pas intéressée par une paix trop « rapide » entre Israël et les arabes.

La France fut de toutes les avancées qui mirent tous les ennemis d’Israël en bonne posture pour lui compliquer la tâche, elle sauva l’OLP, Arafat en personne plusieurs fois avant de lui octroyer des obsèques nationales, sauva le Hezbollah et veut continuer dans cette voie.

Les preuves sont bien plus nombreuses, je ne peux toutes les énumérer mais je n’en démords pas, la France depuis De Gaulle, a fait beaucoup de bien à Israël dans beaucoup de domaines, mais ne veut décidément pas encore permettre à ce pays de réaliser une paix à laquelle il tient tant, de Rabin à Olmert, il l’a si souvent prouvé.