Deux maux graves affectent la patrie des Droits de l’Homme :

  • Le déclin économique de la France incapable de s’adapter à la mondialisation au sein d’une Europe immobile et sans réelle cohérence
  • Le terrorisme essentiellement islamiste (mais n’oublions pas certains écologistes radicalisés) qui agresse notre République et ses Institutions.

Ces maux ne sont plus au stade de la menace[1], ils sont là et nous devons compter avec. Ils affectent fortement les citoyens en position de faiblesse.

On doit constater que les politiques de Droite comme de Gauche n’ont pas convaincu les citoyens.

Déclarer la guerre au chômage ?

L’Etat d’urgence sécuritaire devrait-il être élargi à l’économie pour lutter efficacement contre le chômage ?

Y-a –t-il d’autres solutions ?

Se poser ces questions montre à quel point notre modèle est en crise.

D’où doit donc venir la solution ?

L’Europe, qui était censée constituer la réponse à une panne de la croissance, est bien trop repliée sur les égoïsmes nationaux et dénuée de toute stratégie économique.

Nos politiques qui n’ont jamais brillé par leur audace et leur inventivité sont bien trop velléitaires pour se hisser à la hauteur des enjeux.

La réponse revient donc au peuple qui ne voit aucun autre moyen légal de traduire son rejet profond de la classe politique que de donner ses suffrages à cette « arnaque » qui est de fait la pire caricature de la politique : le Front National et le clan Le Pen qui a la main mise sur ce mouvement.

Car ne nous trompons pas, c’est un acte désespéré qu’accomplissent nos citoyens : « Changez tout ou bien on fout tout en l’air » nous disent-ils.

Ils ne votent pas pour le programme du Front National qu’ils n’ont pas lu. D’ailleurs le FN a-t-il un programme en dehors de la haine et la Répudiation[2] ?

Ils votent contre cette classe politique qu’ils méprisent.

Alors pourquoi ne pas redonner la parole au peuple à travers un grand débat et une grande consultation nationale ?

La crise économique est profonde et durable. Elle affecte les grands équilibres économiques entre les pays, mais bien plus elle montre les limites d’un modèle à bout de souffle dont les défauts sont encore accentués par le très grave péril écologiste.

Les inégalités s’accentuent et le sentiment d’injustice devient insupportable. Il s’écoulera sans doute de nombreuses années avant de voir la situation se stabiliser et un équilibre durable s’installer.

Face à l’impuissance de ce que l’on a coutume d’appeler « la puissance publique » les citoyens hébétés ne comprennent plus pourquoi la loi s’imposerait à eux alors qu’elle est ostensiblement violée par les grandes et petites entreprises, nos élus les plus éminents eux-mêmes[3] et des groupes de pression. Il en résulte une grave crise du civisme qui affecte de plus en plus d’acteurs publics.

Même les organisations syndicales y succombent, utilisant des médias (on ne sait plus trop qui utilise l’autre), à l’affut de ce type de scoops, pour mettre en scène la violence de leur réaction à la violence légale du capital.[4]

Comme si à une violence invisible il fallait opposer une violence (sur) médiatisée.

Les Islamistes de tout crin et certains jeunes radicalisés dans les banlieues dites défavorisées rivalisent en matière d’incivilités.

Droite comme Gauche sont impuissants face à ces mouvements qu’on qualifie avec euphémisme de mécontentement et les apprentis sorciers du Front le sont tout autant. Mais comme ils ne l’ont pas encore avoué, les citoyens à court de solutions se tournent vers eux. Plus dure sera la chute ……

L’Europe, trop vite élargie, trop vite libéralisée, dotée d’une constitution   similaire au « Liberum veto[5] » chère aux Polonais du 18e siècle, est condamnée à l’impuissance et ne peut aucunement être la boussole d’un pays désorienté.

Continent vieillissant, il ouvre ses portes à tous les migrants qui fuient la guerre en Syrie, en Ethiopie, en Érythrée, au Soudan ou en Afghanistan. Ce grand élan d’Humanité n’est qu’un moyen commode de se procurer une main d’œuvre à bas cout. Le Front National crie à l’envahissement, au Grand Remplacement[6]. Et nombreux sont ceux qui croient au complot des élites.

Alors, le bouc émissaire est tout désigné, tout cela est la faute de l’Europe (elle l’a bien cherché cependant). Et les souverainistes de tous genres (Du Pont Aignan, Mélenchon et bien sur la famille Le Pen-Philippot…) de nous ressasser que tout serait tellement mieux sans l’Europe. Et le pire c’est que cela marche. Comment l’Europe a–t–elle pu se faire tant haïr des peuples ? Personne ne se souvient que Tsipras avait été élu sur un tel programme qu’il a vite reconnu impossible à appliquer.

Soyons clairs, la catastrophe causée par une sortie de l’Euro signifierait non seulement la mort de la France mais celle de l’Europe et la victoire des nationalismes nous replongerait dans nos plus noires rivalités avec notre puissant voisin allemand.

Dans cette France qui doute d’elle-même et qui souffre, la République ne semble avoir que des aspects négatifs limitant les libertés et imposant un modèle culturel considéré à tort par beaucoup comme ringard et dépassé. Ce qui devrait être notre atout principal n’est plus compris et ne suscite plus l’adhésion (sauf exceptionnellement) en réaction aux agressions terroristes.

La France est une cible privilégiée des Nihilistes de Daech pour ce qu’elle représente d’art de vivre et de défense des valeurs universelles. Elle l’est aussi sans doute en raison de son engagement contre les Islamismes. Il est certain que ses positions passées de défenseur du Monde Arabe laissent penser qu’une pression terroriste entrainera une inflexion de sa politique. Enfin sa faiblesse, supposée dans l’esprit de ces assassins, en fait vraisemblablement une victime impuissante à se protéger efficacement contre une sauvage agression.

Nous sommes empêtrés dans une crise globale économique, politique, institutionnelle et sécuritaire.

Alors dans un tel contexte qui ressemble en termes de gravité à la situation qui a porté le Général de Gaulle au pouvoir il faut légitimer à nouveau la République.

Dans cette démarche, il faut engager un débat profond sur les grands sujets :

  • Faut-il maintenir l’élection du Président au suffrage universel ?
  • Quelle durée pour son mandat
  • Ne faut-il pas regrouper toutes les élections ?
  • Faut-il passer à la proportionnelle dans toutes les élections ?
  • Faut-il rendre certains référendums obligatoires ?

C’est une VIe République qu’il faut fonder, mais cela suffira-t-il ?

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[1] C’est pourquoi je ne m’intéresserai pas à l’origine de ces maux, ce débat est pour moi dépassé.

[2] Rappelons que l’Ayatollah en chef Jean Marie a répudié sa femme et l’une de ses filles, son adjoint Mégret, avant d’être lui-même répudié par sa fille Marine.

[3] Rappelons pour mémoire tous les cas de suspicion de corruption (Woerth, Sarkozy, Cahuzac et bien d’autres encore)

[4] Citons les bonnets rouges, les syndicats notamment à Air France ou à Arcelor, les catholiques contre le Mariage pour tous entre autres.

[5] Pour faire simple : La Diète polonaise fonctionnait suivant cette loi qui voulait qu’un seul vote contre empêche l’adoption d’une loi partant du principe que tous les nobles étaient de même rang.

[6] Le grand remplacement est une théorie de type conspirationniste, selon laquelle (selon son inventeur Renaud Camus) il existerait un processus de substitution de population sur le territoire français métropolitain, dans lequel le peuplement européen serait remplacé par une population non européenne, originaire en premier lieu d’Afrique noire et du Maghreb. Ce changement de population impliquerait un changement de civilisation, et ce processus serait soutenu par une majorité des élites politiques, intellectuelles et médiatiques, soit par idéologie, soit par intérêt. Les principaux arguments de cette thèse, qu’ils soient démographiques ou culturels, sont réfutés par la grande majorité des spécialistes, qui récusent la méthode dont elle émane autant que la logique qui la sous-tend (Wikipédia).