La France est comme toujours très prompte à donner des leçons au monde entier. Qu’il s’agisse des droits de l’homme, des vertus démocratiques, de bonne gouvernance, de rectitude morale on n’en finirait plus d’énumérer les domaines ou la France excelle à prendre le monde entier de très haut. Mais comme on va le voir tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Les Français originaires de Tunisie qui possédaient (et pour beaucoup possèdent toujours) des biens en Tunisie en savent quelque chose. Lorsque au cours des trente-cinq dernières années les gouvernements tunisiens décidèrent d’exproprier certains biens à certaines conditions, seules les autorités italiennes protestèrent et parvinrent à bloquer les opérations. Les autorités françaises ne levèrent pas le petit doigt et les expropriations eurent lieu.

Mieux, jusqu’à une période très récente les Français aux prises avec des problèmes immobiliers en Tunisie et qui avaient l’idée de s’adresser aux services Français se trouvaient déviés vers le compagnon et l’associé, juristes, de l’une des responsables du service. Pourquoi se gêner !

Les Services du quai d’Orsay aux prises ces dernières semaines avec un scandale de corruption inégalé en république Centreafricaine ont semble-t-il décidé de prendre enfin le taureau par les cornes et d’évacuer tout le monde, ambassadeur et consul en tête de gondole.

Mieux encore, on n’a encore rien trouvé de mieux à faire que de missionner en Libye une ambassadrice qui passe le plus clair de son temps dans les hôtels piscine de la Marsa aux frais du contribuable et sans que cela ne semble émouvoir grand monde. Des salaires et des indemnités multipliés par six et tutti quanti. Pas grave ! Des contractuels du quai d’Orsay surpayés assurent le job.

Nous venons d’être confrontés à pire encore : un Francais originaire d’Enghien les Bains, R.T, qui vit là-bas des minima sociaux mais qui se trouve en Tunisie propriétaire de biens a vendu au nez et à la barbe de tout le monde ici un bien qui ne lui appartenait plus et s’est sauvé avec l’argent.

Aucune possibilité de lui mettre la main dessus et de récupérer ce qu’il faut bien appeler le produit d’un vol ! Sans le concours des services Français, rien à faire, ni exequatur de jugements, ni interventions auprès des administrations françaises. Le Tunisien qui a acheté et payé n’a que ses yeux pour pleurer et nous avec !

Une très vieille dame qui a les nationalités Italienne et Française qui vit toujours à Sousse dans sa maison du centre-ville et que tout Sousse connaît comme la « dame aux chats » vient de se faire voler grâce à de faux papiers, de fausses légalisations, deux biens immobiliers de valeur.

Cette vieille femme dont la famille vit à Sousse depuis plus de trois cent ans n’a pas d’enfants, mais elle a une descendance, des cousins germains, des arrières petit neveux, tous Français, qui bien sûr, contactés par nous ont entamé une demande de mise sous tutelle de leur vieille parente afin de la protéger (elle, plus ses biens  car ils ont été volés) : eh bien que croyez vous, ils ont contacté les services Français qui n’ont pas trouvé mieux à faire que de botter en touche.

Une autre, vous en voulez une autre ? Voici : un Français installé à Sousse depuis fort longtemps ami d’une ressortissante Suisse est brièvement emprisonné dans le cadre d’une enquête sur cette Suisse suspectée de trafiquer des oeuvres d’art.

Une enquête qui dure trois ans et demi débouche sur une absence totale de toute charge, de tout trafic, pas plus de trafic d’art que de beurre en branches, bref un montage probablement destiné à nuire à cette femme. Que croyez-vous que fit l’ambassade ? Rien, strictement rien. Mieux elle se fît fort de noircir au maximum le Français pour mieux s’assurer qu’il ne s’en relèverait pas.

Allez, une autre pour la route : l’argent c’est bien connu coule à flots dans les caves diplomatiques Françaises ! On verse plusieurs dizaines de milliers d’euros par an de frais de fonctionnements et de salaires à des « relais culturels » qui n’ont guère qu’une bibliothèque comme vitrine et une animation très épisodique tous les deux ou trois ans et fort modeste de surcroît.

Par contre ce que les Tunisiens de la vie quotidienne peuvent constater à volonté c’est que le responsable dudit relais fréquente assidûment avec cour et famille toutes les bonnes tables de la ville, les meilleures thalasso et pratique un tourisme exotique fort dispendieux (et sans doute motivé par les intérêts culturels de la France).

Bon évidemment on nous dira qu’il n’est pas « de la maison » juste un contractuel détaché ici depuis plus de quinze ans (ce qui déjà en soi est étonnant) et qui a trouvé là un bon fromage. Ah décidement la France est bonne mère !

Incompétence, suffisance, laxisme, mépris, foutage de gueule

Il existe cependant bien des exemples aussi de petits personnels d’ambassades qui ont bourlingué dans tous les pays du monde, n’ont pas compté leurs heures, leurs jours et leurs nuits dans des conditions pas toujours faciles, des fonctionnaires liés à la sécurité qui, bien moins payés que les personnels du Quai ont passé des jours et des nuits dans des hôtels exposés aux tirs. Des gens bien quoi ! Mais qui ne sont pas dans la vitrine, jamais.

Soyons charitables car on pourrait aussi gloser sur tel ex ambassadeur qui garantissait à son gouvernement la présence de Ben Ali au pouvoir pour vingt ans (en janvier 2011) ou sur tel autre qu’on prit la main dans le sac (c’est le cas de le dire) de valises de billets dans un Thalys pour Bruxelles…

M. Le Drian réveillez vous. En Breton solide, travailleur, obstiné, honnête et scrupuleux, ouvrez les yeux, enquêtez, faites le ménage. Les Français qui ont voté pour Mr Macron pour beaucoup l’ont fait sur des projets de renouvellements, de changements des pratiques, de nouveau Monde.

Trop souvent nos services à l’étranger fleurent bon l’ancien régime, oui l’ancien régime, celui des Rois et des féodalités intéressées et prévaricatrices. Et c’est ce système là qui regarde les gens de haut, les méprise, les toise et dans certains cas les roule dans la farine qu’il faut mettre à bas.

Qui sommes nous, arrogants et méprisants, pour donner des leçons aux gens chez qui nous vivons ! Et à qui nous interdisons nos frontières au nom des droits de l’homme, de la sécurité, de la justice et du droit !