Les années 1990 ont vu débuter la montée du courant post-sioniste au sein des universités israéliennes, dans les facultés de sciences humaines et sociales.

Ce courant voit dans le sionisme une entreprise colonialiste dont les fondements reposent sur l’injustice et l’exploitation de la population palestinienne indigène lors de la première immigration juive en «Palestine» et, par la suite,  sur l’établissement de l’Etat d’Israël sur les ruines du peuple palestinien, son expulsion, la destruction de ses villes et de ses villages, le vol de ses terres et de ses biens pendant la «guerre de 1948».

Les écoles de pensée post-sionistes se basent sur une variété de théories, principalement des théories marxistes et post-colonialistes ; toutefois, elles renferment toutes des éléments communs : l’affirmation que le caractère juif de l’Etat l’empêche totalement d’être un état démocratique ; l’appel à l’instauration d’un «Etat de tous ses citoyens » qui rendraient caduques les lois et les symboles discriminants qui favorisent la Nation juive (par exemple la loi du retour, le drapeau, l’hymne, etc.); et la demande de reconnaissance, accompagnée d’une compensation symbolique, matérielle, démographique (à savoir la reconnaissance partielle ou complète du «droit au retour» palestinien) et territoriale pour les injustices faites au peuple palestinien par le mouvement sioniste.

Les points de référence notoires dans l’ascension du post-sionisme dans le milieu universitaire israélien ont été la fondation de la revue « Théorie et Critique » (1991) et la publication du livre « La société israélienne : regards critiques » (1993). Le groupe de sociologues critiques au centre du mouvement post-sioniste universitaire a progressivement pris le contrôle des départements de sociologie sur une partie des campus, contrôle qui perdure jusqu’à aujourd’hui et ce, malgré la faible adhésion à ses positions de l’opinion publique israélienne.

Une étude a été faite qui vise à déterminer si et dans quelle mesure une orientation post-sioniste existe dans les facultés de sociologie des universités israéliennes et si une représentation concrète et équitable est également accordée à l’école de pensée sioniste. L’étude s’appuie principalement sur l’examen des programmes des cours pertinents (listes de lecture des cours) dans ces mêmes facultés et sur une comparaison entre l’utilisation de sources de référence présentant une orientation sioniste et celles qui présentent une orientation post-sioniste.

Le résultat des recherches indique que toutes les universités, à l’exception de l’Université Bar Ilan, présentent en effet une orientation clairement post-sioniste dans leurs départements de sociologie, orientation particulièrement accentuée dans les campus de Tel Aviv et de Beer-Shev’a.

Sur les 46 cours pertinents qui ont été examinés dans toutes les universités, une orientation post-sioniste significative a été trouvée dans vingt et un cours, une orientation post-sioniste légère a été trouvée dans neuf autres cours et, seulement quinze cours présentent une orientation sioniste ou pas d’orientation du tout.

Dans les universités de Tel Aviv et de Beer-Shev’a des cours présentant une orientation extrémiste ont été trouvés, un premier cours affichant 74 sources post-sionistes contre treize sources sionistes, un second affichant 31 sources post-sionistes contre zéro source sioniste et enfin un troisième cours affichant 25 sources post-sionistes contre une seule source sioniste. Le décompte final pour tous les cours examinés était de 139 sources sionistes contre 420 sources post-sionistes, soit un rapport de un à trois.