Pour éviter une deuxième révolution, le prochain président de France devra faire ce qui semble impossible en ce moment : unir le peuple français.

Confrontée à de constantes menaces de terrorisme et à des divisions aigües en ce qui concerne l’immigration, l’économie, le Frexit et à d’autres problèmes de taille, le peuple français est allé aux urnes pour décider qui gouvernera leur nation.

Quel que soit le vainqueur, le vote final déterminera bien plus que le sort de la France. L’enjeu est l’avenir de tout le continent européen. Et pour réussir, le nouveau président devra réaliser ce qui maintenant semble impossible : unir le peuple français.

La République française est divisée en deux. Le nouveau président devra affronter une opposition féroce, semblable à celle qu’affrontent Donald Trump aux États-Unis, Recep Tayyip Erdoğan en Turquie et Mark Rutte aux Pays-Bas.

Même si les citoyens français peuvent se mettre d’accord sur un nouveau leader, si le pays sort du bloc européen et ferme ses frontières, ce leader devra quand même faire face à une vague d’immigrants submergeant la France et prenant le contrôle de Paris.

Mis à part le fait que cela pose un défi politique et humanitaire majeur, les relations avec les immigrants continueront à diviser le peuple français et à bouleverser leur vie.

Finalement, il n’y a pas de solution à ces problèmes, du moins une solution qui ferait l’unanimité, et serait donc durable.

Albert Einstein a dit un jour : « Nos problèmes significatifs ne peuvent être résolus au même niveau de pensée que celui auquel nous les avons créés. »

De par mon hérédité, je sais que les problèmes ne sont pas supposés être résolus. Ils sont destinés à servir de levier pour atteindre des niveaux plus élevés.

Rav Kook a écrit dans Lettres de Raiah : « La grande règle dans la guerre des idées quand chaque point de vue en contredit un autre, est que nous ne devons pas le contredire, mais bien construire par-dessus et de ce fait, nous élever. »

Dans les années à venir, il deviendra de plus en plus évident que le défi le plus formidable que les leaders devront affronter sera d’entretenir et d’améliorer la solidarité intérieure de leurs nations.

De l’individualisme à l’interconnexion

Notre égocentrisme est responsable des frictions et de l’animosité parmi les peuples. Il est la cause du rejet et de la haine de l’autre et nous transforme au point d’anéantir toute occasion d’établir des relations significatives avec les autres.

Les Français, les Turcs, et tout autre pays du monde, peuvent signer toutes les lois qu’ils veulent. Ils peuvent se mettre d’accord sur des compromis et établir un semblant d’ordre social, mais l’expérience a prouvé que les ententes sont faites pour être brisées et que les pays finalement se désintègrent.

Aujourd’hui, même les États-Unis ne sont pas immunisés contre la fragmentation. La seule chose qui puisse inverser notre aliénation croissante, c’est comprendre que nous ne sommes pas supposés régler nos disputes, mais bien les surmonter et nous unir.

C’est exactement ce que le roi Salomon a dit : « La haine engendre les conflits et l’amour couvre tous les crimes. » (Proverbes 10:12)

Quand nous agissons de la sorte, nos différences deviennent des forces, et nous obligent à améliorer notre unité pour égaler notre niveau d’intense désunion. Ce faisant, nous apprenons à fonctionner comme un organisme sain, dont les différents organes exécutent des tâches complètement opposées, mais cependant complémentaires.

Plus vite nous apprendrons à travailler de cette façon, plus vite nous changerons la direction de la société, de menaçante à propice.

Les Français ne doivent pas combler les abîmes de leur société. Chaque faction est unique et possède ses propres traditions qui devraient être préservées et chéries.

Plutôt que d’essayer d’avoir une société uniforme, les Français devraient traiter leurs différences comme des diversités, des éléments qui enrichissent la société française et ajoutent couleur et vitalité à leur pays.

Même s’il est difficile, cet effort bien particulier engendrera un tel positivisme qu’il inversera le sentiment lugubre d’incertitude et d’insécurité qui prévaut là-bas en ce moment, et permettra aux diverses communautés de coexister en paix.

Le futur président français devra maintenir les deux niveaux, celui des scissions et des différences au point d’en arriver à la haine, et celui d’adopter un niveau de responsabilité mutuelle afin d’améliorer l’unité de toute la société française.

Les tensions sociales ne disparaîtront pas. Au contraire, elles augmenteront et avec le temps, permettront et obligeront les Français, à édifier entre eux des ponts solides.

Encore une fois, l’idée n’est pas d’accepter la vision de l’autre mais bien, pour toutes les parties, de créer une nouvelle vision, dans laquelle l’unité de la société française est primordiale et tout le reste est secondaire.

De cette façon, les différences entre les factions ne seront pas abandonnées ou éliminées mais bien embrassées pour contribuer à la diversité d’une société française unie.

Le principe de l’unité par-dessus tout

Si elle veut réussir, la nouvelle direction française devra accepter que le principe de l’unité par-dessus tout soit sa priorité absolue. La cohésion et la solidarité des gens dépendent de leur adhésion à cette notion à tous les niveaux du quotidien.

L’unité doit être la base des relations dans la société, la famille, le travail, les écoles et universités et même en politique.

Il devrait y avoir un ministère de l’Unité, comme il y a un ministère de la Justice, et il devrait avoir préséance sur toutes les autres agences. Son seul travail sera d’élever et d’exalter l’importance de l’unité par-dessus tout, à l’aide des médias sociaux, des diffuseurs d’information et de toutes les ressources de publicité.

Actuellement, le monde va de mal en pis. Cependant, plus notre haine augmente, plus la vie nous force à la connexion. Tant que nous résisterons à cette tendance, l’affrontement entre la voie de la connexion et notre désir de séparation deviendra de plus en plus douloureux.

À moins d’apprendre comment utiliser à notre profit la tendance de la réalité à se relier, en nous reliant au-dessus de notre haine, la tension entre les deux forces opposées provoquera une rupture, déclenchant une guerre totale.

A la fin de la guerre, un leader devra encore unir tout le monde. Si les dirigeants du monde comprennent le principe de la connexion au-dessus de la haine et guident leur peuple en conséquence, ils traduiront ce principe par des lois applicables qui changeront l’entièreté des systèmes publics et transformeront les discours publics.

À leur tour, ceux-ci aideront chaque personne à s’élever au-dessus de l’isolation et à trouver la joie dans la connexion et l’unité.

Cette année sera cruciale pour l’Europe alors que la France, l’Allemagne et d’autres pays décideront de l’identité de leurs dirigeants pour les années à venir.

Si ces élus s’engagent à l’unité, l’Europe sera prospère. Sinon, les États européens se désintègreront et les risques d’une guerre totale augmenteront dramatiquement.